Marcus Smart, génie offensif ?

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Smart est actuellement le pire shooteur de la NBA. Parmi les joueurs qui prennent au moins 5 tirs par match, seul Ersan Ilyasova présente un moins bon pourcentage de réussite que Marcus, mais le turc n’a joué que 5 matchs. Même Lonzo Ball est plus adroit (c’est dire). Non seulement il n’est qu’à 25% de réussite sur ses jump-shots, mais ce n’est guère mieux sur les layups où il affiche un piètre 33%. Sur ses deux derniers matchs, Smart a réussi un tir sur quinze tentés.

Pourtant, à l’heure où ces lignes sont écrites, Marcus possède le deuxième meilleur offensive rating de l’équipe avec 105,6 (soit 105,6 points sur 100 possessions marquées par les Celtics lorsqu’il est sur le parquet), là où deux joueurs extrêmement talentueux offensivement comme Kyrie Irving et Jayson Tatum n’affichent respectivement que 103,7 et 101,3. Ces chiffres sont sans doute un peu biaisés et encore affectés par la taille limitée de l’échantillon, mais le fait est que Smart n’a jamais été dans les pires joueurs de l’équipe à l’offensive rating, malgré son adresse qui ne progresse pas d’année en année.

Il y a une raison principale à ça : Smart joue juste en attaque. Bien sûr, il a une sélection de tirs parfois énervante, mais beaucoup de ses tirs improbables arrivent en fin de possession, quand celle-ci est déjà très mal embarquée. Il lui arrive également de perdre des ballons bêtement et son interférence offensive sur un layup d’Irving lors du match face aux Warriors est à mettre au panthéon des actions offensives les plus stupides de la NBA. Mais globalement, il fait les bons choix et joue de la bonne manière.

Beaucoup de joueurs aussi peu en réussite que Marcus arrêtent tout simplement de tenter leur chance, ils passent des tirs ouverts, n’attaquent plus le panier. Mais ce faisant, ils constituent un poids mort pour leur attaque puisque la défense adverse peut jouer à cinq contre quatre (rappelez-vous de Rajon Rondo lors de ses derniers mois en vert). Marcus, lui, continue d’être agressif. Il prend même de plus en plus de tirs chaque saison. On pourrait se dire que les défenses adverses le laisseraient faire mais personne en NBA n’a envie de laisser un joueur prendre des tirs totalement ouverts.

C’est un constat valable derrière la ligne à trois-points comme le souligne cette action contre les Raptors où Lowry se précipite sur Smart, laissant Brown complètement ouvert.

Mais c’est également vrai pour les drives de Smart. On a vu qu’il ne rentrait que 33% de ses layups, ce qui n’empêche pas les équipes de venir défendre leur peinture à plusieurs, par réflexe. Un exemple contre les Nets où Smart attire à lui seul trois défenseurs, laissant Horford complètement ouvert à trois-points alors qu’Horford a plus de réussite sur ses trois points que Smart sur ses layups cette saison.

Malgré ses difficultés à la finition, Smart est plutôt bon pour naviguer dans la peinture et se servir de son corps pour tenir son défenseur à distance. Sur cette action il maintient son défenseur derrière lui, obligeant un second joueur à venir aider et laissant Horford libre de conclure facilement.

Ce qui saute également aux yeux sur ces actions

Ce qui saute aux yeux sur ces actions, ce sont les progrès de Marcus à la passe. Avec 5,4 passes décisives par match il est actuellement le meilleur de l’équipe dans ce domaine juste devant Irving avec 5,3. Mais surtout, 27,9% des actions de Smart se terminent par une passe décisive contre 20,1 pour Irving. Il donne en moyenne 2,34 passes pour une perte de balle, ce qui est honnête sans être excellent.

Cela ne suffit cependant pas à complètement expliquer pourquoi Marcus arrive à surmonter sa maladresse. Il faut aussi prendre en compte les effets à la fois plus globaux et plus subtils. Sa présence dans le cinq semble avoir un effet positif sur le jeu collectif, la balle circulant mieux, les joueurs trouvant de meilleurs positions de tirs. Quand Smart est sur le terrain, 61,8% des paniers des Celtics sont inscrits après une passe décisives contre 56,9% quand il est sur le banc. Voilà un tableau récapitulant les offensive rating de plusieurs coéquipiers de Smart quand il est sur le terrain et quand il n’y est pas.

 Al HorfordJaylen BrownKyrie IrvingDaniel TheisJayson TatumAron Baynes
off rtg avec Smart115,5111,4109,1104,1104,096,9
off rtg sans Smart94,296,2102,2106,1107,4110,8
Minutes jouées ensemble229260202117226160

On voit que Smart est plus à l’aise offensivement avec des joueurs créateurs et capable de scorer. Il ne semble pas encore capable d’être le vrai moteur d’une attaque. Mais on voit également que ces joueurs créateurs et scoreurs sont bien plus à l’aise avec Smart à leur côté pour aider à la circulation de balle et faire toutes les petites choses qui leur facilitent la vie.

Tout n’est pas non plus rose. Sur une série de playoffs avec des matchs pour s’ajuster, un coach adverse pourrait explicitement demander à ses joueurs d’ignorer Smart en défense. Il faudrait alors que Marcus soit capable de sanctionner pour ne pas se transformer en poids mort (ce qu’il a su faire par le passé en élevant son niveau de jeu en playoffs). Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : on ne peut pas réduire son apport offensif à son pourcentage au tir, aussi ignoble soit-il.

Article rédigé par Hugo Geindre inspiré de l’article de CBS Marcus Smart is the NBA’s worst shooter, so why is he so crucial to the Celtics’ offense ?

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