Kyrie Irving, monstre défensif ?

BROOKLYN, NY - NOVEMBER 14: Quincy Acy #13 of the Brooklyn Nets and Kyrie Irving #11 of the Boston Celtics battle for possession on November 14, 2017 at Barclays Center in Brooklyn, New York. NOTE TO USER: User expressly acknowledges and agrees that, by downloading and or using this Photograph, user is consenting to the terms and conditions of the Getty Images License Agreement. Mandatory Copyright Notice: Copyright 2017 NBAE (Photo by Nathaniel S. Butler/NBAE via Getty Images)

L’article ayant mis un peu de temps à se rédiger, les statistiques défensives ne sont pas forcément celles à jour de ce samedi 2 décembre, mais datent d’il y a quelques matchs. 

Revenons un instant à cet été. Les Celtics, déjà auteurs d’une saison très médiocre défensivement, viennent de transférer deux de leurs meilleurs joueurs dans ce domaine, Avery Bradley et Jae Crowder. Aucun des joueurs arrivés durant l’intersaison n’est étiqueté spécialiste défensif (sauf le rookie Semi Ojeleye) et Boston n’a toujours pas de vrai protecteur de cercle, même si Aron Baynes représente plutôt une amélioration à ce niveau. Les inquiétudes sont donc légion et sont encore redoublées par la blessure de Gordon Hayward.

Pourtant, après un peu plus de 20 matchs, les Celtics ont de loin la meilleure défense de la ligue avec un defensive rating proche de 96 points encaissés sur 100 possessions. Dans un contexte de plus en plus favorable aux attaques, cela n’a plus été réalisé depuis la saison 2011-2012 marquée par le lockout et qui avait vu deux équipes terminer sous ce seuil : les Bulls et… les Celtics. La saison passée, aucune équipe n’a d’ailleurs terminé la saison en dessous de 100 de defensive rating. Il y a de multiples raisons à ces performances mais aujourd’hui nous allons nous intéresser à une en particulier : l’évolution défensive de Kyrie Irving depuis son arrivée à Boston et la différence avec Isaiah Thomas, son prédécesseur.

Kyrie se traîne une réputation de mauvais défenseur, augmentée ces dernières années par son exposition médiatique grandissante. Si cette réputation est sans doute exagérée, comme souvent avec les stars offensives qui ne brillent pas autant de l’autre côté du terrain, il est indéniable que Kyrie n’est pas un grand défenseur. Les statistiques défensives, aussi imprécises et incomplètes soient-elles, ne parlent d’ailleurs pas en sa faveur et elles n’avaient jamais été aussi mauvaises que la saison passée.

Comme pour toute l’équipe de Cleveland et en premier lieu LeBron James, il y avait une part de motivation et de relâchement contre les équipes moins prestigieuses dans ses prestations. Voilà, par exemple, comment Irving se comporte sur deux possessions de suite face aux Hawks et à Denis Schröder.

Aucun des écrans sur ces actions n’est particulièrement violent et pourtant Kyrie laisse complètement partir son adversaire sans produire le moindre effort pour essayer de rester devant lui, ou au moins au même niveau pour le gêner.

Mais si c’est juste une question d’effort, ce n’est pas très grave. Cela veut dire qu’il peut défendre dur quand il le faut, on a d’ailleurs encore en tête de superbes actions défensives contre Stephen Curry. Sauf qu’il semble difficile de se défaire d’habitudes prises toute la saison et que bien défendre ne s’apprend pas non plus en claquant des doigts. Voilà deux actions défensives durant le match 7 des finales 2016.

 

Difficile de penser ici qu’Irving se préserve pour la suite ou qu’il n’est pas assez motivé par l’enjeu du match. Pourtant on le voit suivre mollement Curry en trottinant et se jeter stupidement alors qu’il n’a aucune chance d’intercepter la balle, ce qui offre deux trois-points complètement ouverts à un des meilleurs tireurs de l’histoire.

La question à son arrivée à Boston était donc : dans un environnement plus propice et avec de plus grandes responsabilités sur les épaules, allait-il être capable de fournir des efforts constants en défense et de progresser dans ce domaine ?

On peut déjà dire que les premiers retours sont très encourageants. Certes, le titre de l’article est légèrement exagéré, car on ne peut pas dire qu’Irving soit le leader défensif des Celtics, mais il n’est pas non plus le maillon faible qu’on nous avait vendu. Les Celtics défendent mieux quand il n’est pas sur le terrain et il a le moins bon defensive rating des joueurs qui jouent plus de 30 minutes par match, mais les écarts ne sont pas très importants.

Avec lui sur le terrain, les Celtics ont un defensive rating de 98,2 et sans lui, 95,2. Pour comparer avec Horford, l’autre star de cette équipe et le leader incontesté de la défense, les Celtics affichent des stats de 96,7 avec lui et 97,8 sans lui. Avec les joueurs qu’il a à côté de lui, Kyrie n’a pas besoin d’être un bulldog, l’essentiel est que ses coéquipiers n’aient pas besoin de constamment compenser ses errements. Au niveau des statistiques individuelles, les chiffres sont également honnêtes. Les joueurs défendus par Irving réussissent 44,6% de leurs tirs, la moyenne sur la ligue étant à 44,2% de tirs réussis.

Irving pique 1,6 ballons par match contre 1,2 la saison dernière. Cette statistique peut-être trompeuse car se jeter pour essayer d’intercepter la balle est souvent contre-productif mais dans ce cas elle reflète la hausse d’intensité de Kyrie niveau défensif.

Sur cette action Kyrie fait l’effort de rester devant son adversaire et reste assez lucide pour poser la main sur le ballon sans faire faute et récupérer la balle.

Ici il se fait passer un peu facilement sur la contre-attaque, mais au lieu de trottiner derrière son joueur il place une accélération pour aller voler le ballon.

Il n’a pas peur non plus de se frotter à d’autres joueurs dans la raquette.

Ici, Andre Iguodala le cible spécifiquement en essayant de l’enfoncer au poste, mais Kyrie est solide sur ses appuis et le gêne assez pour lui faire perdre la balle.

Mais les défenseurs un peu feignants se relâchent souvent quand leur adversaire n’a pas le ballon. Là-dessus aussi Irving a montré des signes très encourageants. Regardez-le ici empêcher Dragic de récupérer la balle puis être attentif sur le switch. Au final, le Heat n’arrive pas à dérouler son action et se retrouve à devoir prendre un tir à la hâte en fin de possession.

Il est très important qu’il soit attentif sur ce genre d’action car les Celtics switchent énormément. Un seul élément non attentif ou même un peu en retard et c’est tout le style défensif de l’équipe qui pourrait être remis en cause. Qu’il ne se fasse pas systématiquement enfoncer au poste, comme on l’a vu sur l’action contre Iguodala, est également positif. En switchant beaucoup il risque forcément de se retrouver contre des joueurs plus grands et plus costauds que lui et il est important qu’il puisse leur opposer au moins un peu de résistance.

Tout n’est pas non plus parfait, ici par exemple il s’endort un peu alors qu’il doit surveiller Dellavedova, mais il se reprend assez vite pour intercepter la mauvaise passe de Brogdon.

Il reste à voir si son niveau d’effort se maintient tout au long de la saison et s’il ne veut pas juste faire bonne impression en arrivant, mais Kyrie a déjà montré qu’il pouvait être au moins un défenseur honnête.Quoi qu’il en soit, voilà l’une des raisons du bon début de saison défensif des Celtics. Si Kyrie Irving n’est et ne sera sûrement jamais un défenseur hors pair, il se donne plus que le faisait Isaiah Thomas et n’a pas les lacunes physiques que IT présentaient. Si Kyrie continue sur cette voie, cela devrait devenir de plus en plus naturel et facile pour lui et il sera intéressant de voir quel niveau il peut atteindre dans les gros rendez-vous de ce côté du parquet.

Article rédigé par Hugo Geindre, inspiré de l’article The Keys to Kyrie Irving Defensive Rise with the Boston Celtics : Effort, Effort and more Effort

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