Boston – Philadelphie, Game 1 : les Celtics sur un nuage

Dans l’euphorie du game 7 remporté contre Milwaukee, les Celtics ont livré une prestation de haute volée pour remporter le premier match de la série contre les Sixers 117-101, malgré l’absence de Jaylen Brown. Après un début de match accroché, où les Sixers se montraient intraitables au rebond offensif, les Celtics ont creusé l’écart en fin de deuxième quart-temps et n’ont jamais laissé l’opportunité aux Sixers de faire un run pour croire en la victoire.

Voici les principaux points à retenir de ce match :

  • Les trois mousquetaires :

En l’absence de Kyrie Irving, on savait que les Celtics auraient besoin qu’au au moins deux joueurs se distinguent offensivement à chaque match, parmi les 5 qui en ont le potentiel : Terry Rozier, Jaylen Brown, Jayson Tatum, Marcus Morris, et Al Horford. Force est de constater que l’attaque des Celtics est un monstre à trois têtes depuis 2 matches : le trio Rozier – Tatum – Horford inscrit 83 points en cumulé (après 72 lors du game 7 contre Milwaukee). Rozier finit meilleur marqueur du match avec 29 points à 11-18 (dont 7-9 à 3 points), second record en carrière en playoffs consécutif, et se permet le luxe d’y ajouter 8 rebonds, 6 passes, 2 steals et 1 contre. Tatum score lui 28 points à 8-16 au shoot. Enfin, Al Horford, encore intraitable des deux côtés du terrain et sur une autre planète depuis le début des playoffs, inscrit 26 points à 10-12 aux tirs, le tout aggrémenté de 7 rebonds et 4 passes. C’est bien simple, cela n’était plus arrivé depuis 1987, et la triplette légendaire Larry BirdRobert ParishKevin McHale, que trois joueurs finissent à plus de 25 points en playoffs (dans un match sans prolongation). Sur les 2 derniers matches, les trois compères tournent à :

– Rozier : 27.5 points (à 62% dont 71% à 3 points), 7 rebonds, 7.5 assists

– Horford : 26 points (à 79% dont 50% à 3 points), 7.5 rebonds, 3.5 assists

– Tatum : 24 points (à 45%, mais 22% à 3 points oups), 4.5 rebonds, 3.5 assists

Bien évidemment les pourcentages sont surréalistes, surtout ceux de Rozier et Horford, et ils ne pourront maintenir une telle réussite au shoot sur toute une série, mais on ne peut que se féliciter de pouvoir compter sur trois menaces offensives d’un tel calibre, étant donné les blessures avec lesquelles doit composer Brad Stevens. Mais si l’un de ces joueurs aura une adresse en berne au prochain match, ce sera alors à Brown ou Morris (voire Smart) de prendre le relais.

  • Le mot d’ordre, ralentir le tempo :

Comme face aux Bucks, l’une des principales clés de cette série résidera dans la capacité des Celtics à à ralentir le rythme au maximum et limiter le jeu en transition des Sixers, dans lequel Ben Simmons excelle, pour scorer lui-même ou servir les snipers comme Marco Belinelli ou J.J. Redick qui se ruent en contre-attaque. En effet, en saison régulière, les Sixers étaient la 4e équipe avec le rythme le plus élevé. Plus le rythme de la série sera lent, plus ce sera bon signe pour les Celtics, et inversement. D’autant plus que Philadelphie présente une fâcheuse tendance à perdre un nombre incalculable de ballons : c’était tout simplement la pire équipe de la ligue dans ce domaine en saison régulière. De manière un peu simpliste, moins les Sixers pourront marquer de points en transition, plus ils devront organiser leur attaque sur demi-terrain, et plus ils risquent de retomber dans leurs travers de turnovers, surtout face à la meilleure défense de la ligue qu’est Boston.

Les Celtics s’en sont bien sortis ce soir, en se replaçant très vite, et en limitant les pertes de balle (10). Ils devront aussi faire tourner l’horloge autant que possible sur leurs possessions pour réduire le tempo, si possible en faisant circuler le ballon jusqu’à trouver le décalage. Par ailleurs, afin de limiter le jeu en transition, et cette fois à l’inverse de la série face aux Bucks, les Celtics devraient vraisemblablement moins tenter d’aller prendre des rebonds offensifs, la défense des Sixers étant beaucoup moins permissive dans ce secteur que celle de Milwaukee. Et pour cause, Philly était la meilleure équipe au rebond cette saison.

  • Le point Marcus Smart : 

Classic Smart. Rien à ajouter.

  • Qui pour défendre sur Simmons et Embiid? 

Cette série propose bon nombre de match-ups particulièrement intéressants à double titre : tout d’abord pour découvrir ce que vont décider les coaches Brad Stevens et Brett Brown, et ensuite pour en observer les conséquences sur le parquet. L’une des principales questions qui se posait côté celte était de savoir qui allait défendre sur Ben Simmons et Joël Embiid. La logique voulait que ce soit respectivement Horford et Baynes qui s’en occupent, mais le doute était permis, après la défense remarquable de Semi Ojeleye sur Giannis Antetokounmpo contre Milwaukee. Stevens a décidé de revenir à un cinq de départ traditionnel ce soir, avec Horford en 4 qui se concentrerait sur Simmons, et Baynes en 5 qui se frotterait tant bien que mal à Embiid. Mais c’est au final assez anecdotique puisqu’au cours du match, dès que Stevens opte pour un cinq small ball avec la sortie de Baynes et l’entrée d’Ojeleye, Horford reprend le poste de pivot pour défendre sur Embiid, et le tank Semi se coltine Simmons. Ce dernier a été globalement bien limité, que ce soit par Papa Sportif, Ojeleye, ou encore Smart, que Stevens a voulu placé sur Simmons pour le fun (puisque Smart n’a peur de personne et peut défendre sur tout le monde).

Comme c’était le cas pour Antetokounmpo, Embiid et Simmons sont tellement forts qu’il est inconcevable de vouloir les arrêter totalement. En revanche, il est beaucoup plus judicieux de limiter leur emprise sur le jeu de leur équipe. C’est la principale raison pour laquelle les Celtics ont laissé Embiid faire son petit numéro (31 points à 12-21) : au lieu d’utiliser des prises à deux pour essayer de limiter le scoring du Camerounais, Stevens a préféré laisser Horford ou Baynes s’en occuper en individuel afin de mieux défendre sur les autres joueurs postés derrière la ligne à 3 points. Le roster des Sixers regorge en effet de joueurs susceptibles de sanctionner derrière l’arc (en premier lieu Redick, Robert Covington et Belinelli, mais aussi Dario Saric et Ersan Ilyasova). Cela tombe bien, les Celtics étaient la meilleure équipe de la ligue pour défendre à 3 points en saison régulière (les adversaires shootaient à 34%). Il est sûrement préférable de laisser Embiid faire un chantier au scoring, plutôt que de le doubler et de le laisser servir les shooteurs. D’ailleiurs, il est intéressant de constater que les Sixers sont deuxièmes de ce classement. Raison pour laquelle l’incroyable réussite des Celtics à 3 points ce soir (49% à 17-35) est à relativiser et devrait logiquer baisser lors des prochains matches, autant que l’adresse famélique des Sixers (19% à 5-26) est à prendre avec des pincettes et devrait naturellement augmenter au cours de la série.

  • L’action du match :

Scary Terry en état de grâce. S’il se met même à réussir des lobs pour le alley-oop.. Sky is the limit.

En définitive, grande performance des Celtics ce soir, d’autant plus surprenante que les Sixers avaient gagné 20 de leurs 21 derniers matches et que Jaylen Brown était absent. Victoire à relativiser cependant, tant le match s’est déroulé à la perfection , avec des Celtics euphoriques et des Sixers catastrophiques au shoot. Le game 2, jeudi à 2h30, devrait donc être une autre paire de manches.

Article rédigé par Guillaume Perrin

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