Boston – Philadelphie, Game 4 : les Celtics logiquement battus

 

Avec le contexte de blessures qu’on connaît, infliger 4-0 à une équipe aussi talentueuse que celle des Sixers aurait constitué un exploit majuscule. Mais après 2 matches remportés à l’arraché, c’est fort logiquement que Boston s’incline cette fois, 103-92. Peu aidés par un arbitrage il est vrai très sévère (28 fautes (!), 3 techniques, presque tous les joueurs en foul trouble), les Celtics se sont surtout plombés tout seul. Seul Jayson Tatum a vraiment répondu présent, et finit meilleur marqueur celte avec 20 points (à 7-16). Côté Philly, ce sont T.J. McConnell, titulaire pour la première fois de la série et qui fait décidément bien du mal aux celtes à chaque fois qu’il joue, et Dario Saric qui ont su hausser leur niveau de jeu pour sceller la victoire des Sixers.

Voici les principaux points à retenir de ce match:

  • Les Celtics mangés au rebonds offensif : 

On savait que l’une des clés de cette série résiderait dans la capacité des Celtics à limiter la puissance des Sixers au rebond offensif. Cela est d’autant plus vrai que Brad Stevens a décidé de faire une croix sur les rebonds offensifs de Boston de l’autre côté du terrain, pour privilégier le replacement rapide et limiter au maximum le jeu en transition des Sixers, l’une de leurs armes fatales et autre clé de la série . Philadelphie étant la meilleure équipe au rebond (Boston 14e) en saison régulière, et la 3e au rebond offensif (Boston 18e), les Celtics étaient prévenus. Ce soir, Philadelphie a attrapé 16 rebonds offensifs (contre 16 pour Boston), qui ont mené à 18 points sur seconde chance (contre 9 pour Boston).

Très faibles au rebond l’an dernier du fait de la présence de joueurs plus petits (Isaiah ThomasAvery Bradley) ou tout simplement moins bons dans ce domaine (Jae Crowder), la présence au rebond défensif était devenu de manière assez surprenante l’un des piliers de la défense intraitable des Celtics en début de saison. Principale raison pour cette amélioration : le remplacement des joueurs cités précédemment par des joueurs plus longs (Jaylen Brown, Jayson Tatum) ou plus athlétiques (Terry Rozier) et l’arrivée d’Aron Baynes, qui fait un travail de sape remarquable pour box out le pivot adverse. Il n’y a absolument rien de honteux à être dominé par Philly au rebond, c’est normal. Ce qui est surtout dommage, c’est que ça a empêché les C’s de profiter de la maladresse des snipers habituels de Philly (8-35 dont 3-17 à 3 points au total pour J.J. Redick, Marco Belinelli, Robert Covington et Ersan Ilyasova).

  • Des pertes de balles fatales : 

Bien plus grave que les rebonds offensifs, ce sont les turnovers qui coûtent probablement la victoire à Boston ce soir : 15 contre 8 pour Philly, qui en a profité pour inscrire 16 points à la suite de ces pertes de balles celtes, contre 3 petits points pour les Celtics dans le sens inverse. 16-3, cela fait 13 points d’écart, Boston s’est incliné de 11 points, CQFD. (Le basket est plus compliqué que ça en vrai). Si l’on peut donner du crédit aux Sixers pour leur défense appliquée et aggressive, les hommes de Brad Stevens restent malgré tout les principaux responsables de ces petites erreurs d’inattention qui coûtent très cher. Offensivement, le match était peu plaisant à regarder ce soir, certes très haché par les coups de sifflets à répétition des arbitres. Absolument parfaite lors du game 1, l’exécution des systèmes et des actions a laissé à désirer ce soir.

Limiter les pertes de balle est pourtant le grand cheval de bataille du coach. Heureusement, on peut toujours compter sur Terry Rozier pour nous redonner le sourire. Scary Terry est en effet un modèle du genre depuis le début des playoffs : il n’a concédé que 3 turnovers en 4 matches contre les Sixers, et surtout aucun dans le 4e quart-temps ou en prolongation depuis le début des playoffs (!), alors qu’il s’agit du 3e joueur ayant le plus touché de ballons dans cette période (derrière Lebron James et Ben Simmons). Plus ses petits compagnons pourront prendre exemple, et plus les Celtics deviendront intraitables pour leurs adversaires.

Ce soir, l’adresse des Celtics au shoot (41.3%) a été légérement meilleure que celle des Sixers (40.4%), ils ont inscrit 4 tirs à 3 pts de plus (11 contre 7), et n’ont rentré qu’un lancer de moins (19 contre 20). Comment ont-ils bien fait pour perdre alors ? C’est simple, les Sixers ont pris 19 tirs de plus (75 contre 94). Les responsables ? La permissivité au rebond défensif, et les turnovers.

  • Jayson le majestueux : 

Pas besoin d’énumérer toutes les stats sur ses matches consécutifs à 20 points minimum, c’est tout simplement du jamais vu pour un joueur de son âge. Au-delà des chiffres, c’est d’une part la manière (la panoplie dont il dispose pour scorer est tout simplement bluffante) et d’autre part l’aisance avec laquelle il a accepté les responsabilités grandissantes confiées par Stevens qui impressionnent. Il a de plus en plus le ballon dans le 4e quart-temps, les systèmes sont plus souvent dessinés pour lui, et il a plus régulièrement l’occasion de démontrer ses qualités de scoreur de 1 vs 1, quand il laissait davantage le jeu venir à lui en début de saison, se contentant de prendre des shoots ouverts ou de profiter de quelques mismatches.

Lors du game 1, Brett Brown avait de manière assez surprenante décidé de placer Redick en défense sur le rookie. Tatum s’en est régalé tout le match. Il a aussi pris un malin plaisir à tourmenter Belinelli, attaqué en permance par les Celtics. C’est simple, Tatum semble pouvoir scorer de toutes les façons : en jouant sans ballon à la Redick, en post-up face à des joueurs plus petits, sur isolation grâce à son step back sublime, en attaquant le panier pour finir avec un lay-up avec ses longs bras, en attaquant les closeouts, ou à partir d’un pick-and-roll. Après Belinelli et Redick lors du game 1, c’est face à Embiid qu’il s’est régalé lors du game 3 :

Il a fini meilleur marqueur des Celtics 3 fois en 4 matches contre les Sixers, et est l’un des seuls (si ce n’est le seul) à ne pas avoir eu encore de match sans. Et ce qui est d’autant plus prometteur, c’est qu’il est presque tout aussi bon de l’autre côté du terrain, grâce à sa longueur, et à des instincts défensifs assez impressionnants pour un rookie. Nous n’avions pas encore parlé de Tatum depuis le début de la série, voilà qui est fait. Comme il est impossible de rester objectif et de ne pas s’enflammer pour Jayson, on vous propose en bonus une vidéo de ses meilleures actions sur les 5 derniers matches (avant le game 4).

 

  • L’action du match :

Tatum, encore et toujours, pour notre plus grand plaisir, et face à Simmons. Pas de blague sur le ROY, ce serait trop simple.

https://twitter.com/ESPNNBA/status/993650529342500865

 

En définitive, pas besoin de dramatiser, cette défaite n’a absolument rien d’alarmant. Ce ne sont pas les Sixers qui ont surclassé Boston, mais bel et bien les Celtics qui ont creusé leur propre tombe avec les rebonds offensifs concédés et les turnovers (et les arbitres). Ils devraient donc logiquement finir le boulot à la maison lors du game 5, mercredi à 2h.

 

Article rédigé par Guillaume Perrin

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