Boston – Cleveland, Game 2 : les Celtics planent

Après un game 1 à sens unique, on s’attendait à une grosse réaction des Cavs, et en particulier de Lebron James, piqué à vif après sa mauvaise prestation initiale. Elle aura finalement duré une mi-temps, pendant laquelle les Celtics ont réussi à limiter les dégâts et laisser passer l’orage. Dans la seconde partie du match, Boston a progressivement pris le dessus sur des Cavaliers qui sont retombés dans leurs travers défensifs, et qui ont une nouvelle fois peiné à épauler Lebron offensivement. Les C’s s’imposent donc de fort belle manière 107-94, et poursuivent leur invincibilité en playoffs au TD Garden, encore en délire ce soir.

Voici les principaux points à retenir de ce match :

  • Les Celtics, force collective : 

En l’absence du leader offensif naturel qu’est Kyrie Irving, on sait que les Celtics ont besoin qu’au moins deux joueurs se mettent en valeur à chaque rencontre. Le match de ce soir en a été l »exemple parfait. Comme lors du game 1 (13 points à 5-8), Jaylen Brown a pris l’attaque des Celtics à son compte dans le 1er quart-temps avec 14 points à 5-7. Il finit meilleur marqueur celte avec 23 points à 9-18. Dans le deuxième, c’est Jayson Tatum qui a pris feu en inscrivant 9 points consécutivement. Dans le 3e, Terry Rozier a  lui aussi connu un coup de chaud pour faire recoller Boston à hauteur de Cleveland, avec 14 points à 5-8. Enfin, Al Horford a pris les choses en main en fin de match pour enfoncer le clou, en étant directement impliqué (panier ou assist) sur 8 des 10 derniers points celtes.

Si on ajoute à ce quatuor l’omniprésence de Marcus Smart, toujours là pour récupérer des balles perdues, intercepter le ballon, provoquer des pertes de balles ou fautes offensives, et récupérer des rebonds offensifs, pour finir à un différentiel de +21, on obtient un cinq très complet, où chacun représente une menace. Sans oublier Marcus Morris, qui, s’il s’est moins distingué offensivement que lors du premier match, a encore été important défensivement.

  • Le point Marcus Smart : 

Winning plays..

  • Jaylen Brown, my love : 

Si on a toujours tendance à s’enflammer pour Jayson Tatum, il ne faut pour autant pas occulter la superbe saison de Jaylen Brown, qui a encore pris une dimension supplémentaire en playoffs. Après sa blessure à la cuisse, on peut considérer qu’il a vraiment retrouvé ses sensations à partir du game 5 contre les Sixers. Il a donc disputé 3 matches depuis. Sur cette période, il tourne à 23.3 points à 60% au shoot (dont 53%à 3 points sur 17 tentatives). C’est tout bonnement impressionnant, d’autant plus qu’il ne ménage pas ses efforts défensivement, étant désigné pour suivre à la trace à travers tous les écrans les snipers que  sont J.J. Redick lors de la série contre les Sixers, et Kyle Korver ou J.R. Smith face aux Cavs.

Si on connaissait déjà ses qualités athlétiques, qui sautent aux yeux sur cette série, on soupçonnait cependant moins sa capacité à porter l’attaque celte sur de très longues séquences. A lui de continuer à nous faire mentir.

  • Le point Marcus Smart, numéro 2 : 

Parce qu’on ne s’en lasse jamais.

  • Papa Sportif, intraitable au poste : 

On avait déjà évoqué (ici) lors de la série contre les Sixers à quel point Horford était un match-up difficile défensivement pour Joel Embiid, notamment par sa capacité à shooter à 3 points après un pick-and-pop, et à attaquer les closeouts quand Embiid daignait bien sortir sur lui. La question va encore se poser contre Cleveland, cette fois face à Kevin Love (quand Cleveland opte pour un cinq small ball avec ce dernier au poste 5). Cependant, Love étant plus mobile qu’Embiid, ce n’est pas forcément derrière la ligne que Alfred représente la plus grande menace, mais davantage pour partir en drive pour filer au panier ou servir un coéquipier seul à 3 points lorsque son défenseur vient aider Love, et surtout au poste, Love étant bien moins puissant et rapide. Lors des deux derniers matches, Horford fait tout simplement vivre un calvaire à son homologue sur chaque situation de post-up.

La preuve en images :

Depuis le début des playoffs, les Celtics cherchent très souvent Horford au poste, en ayant si possible pu créer un mismatch avant. Giannis Antetokounmpo et Thon Maker en ont notamment les frais lors de la série contre Milwaukee, alors que quasi tous les Sixers (mais surtout Dario Saric et Ersan Ilyasova) y sont passés. Sur l’ensemble de ces deux séries, Papa Sportif a déjà joué cinq situations de post-up de plus que sur l’ensemble des playoffs l’an dernier, soit en 6 matches et 180 minutes de moins qu’en 2017.

 

Non seulement la quantité a augmenté, mais c’est également le cas pour l’efficacité, passant de 0.84 points à 1.20 points par possession. Un chiffre tout simplement époustouflant, si bien qu’il a inscrit 5 points de plus qu’Embiid en ayant joué 21 actions de ce type de moins que le pivot des Sixers. Par rapport à la saison régulière, le pourcentage d’actions au poste où Horford touche le ballon en dernier (pour tirer, obtenir des lancers francs, ou éventuellement perdre le ballon), a évolué de 26.5% à 31%. Le choix (certes peut-être contraint en l’absence de Kyrie) de confier plus de ballons à Horford dans cette situation est donc on ne peut plus légitime. Surtout, les adversaires de Boston ne peuvent pas se permettre de faire une prise à deux, s’exposant à la superbe qualité de passes de Papa Sportif, pouvant alors ressortir le ballon sur un homme esseulé.

Ce qui est d’autant plus fort, c’est que les Celtics ont particulièrement recours à cette solution lors des moments chauds en fin de match. La force tranquille on vous dit.

  • L’action du match : 

Et l’ange s’est envolé.

 

Difficile de ne pas s’enflammer après cette deuxième victoire convaincante, surtout quand on voit le niveau de la défense de Cleveland, que la force collective des Celtics fait voler en éclats. Espérons que cela se poursuive lors du game 3 à Cleveland, samedi à 2h30.

 

Article rédigé par Guillaume Perrin

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