Au sortir d’une défaite au premier tour des playoffs NBA face aux Cleveland Cavaliers, Brad Stevens, l’entraîneur des Boston Celtics, se prépare désormais à vivre sa deuxième intersaison dans ce rôle. Vendredi dernier, Adam Himmelsbach du Boston Globe a pu l’interviewer.

Extraits :

Comment jugez-vous la défaite de votre équipe face aux Cavs ?

Je suis déçu que nous n’ayons pas eu d’opportunités de gagner nos fins de match. Nous n’étions pas loin. Nous avons eu quelques tirs cruciaux, mais nous n’avons pas vraiment eu le contrôle du ballon ou pu faire quelques stops défensifs pour gagner. C’est la seule chose que nous n’avons pas pu apprendre à faire au cours de ces playoffs pour laquelle j’ai des regrets. Nous avons fait quelques bonnes choses. Nous ne nous sommes pas bien repliés défensivement et nous avons mal géré le rebond. Ce fut une constante au cours de toute la série.

En quoi cette seconde année était-elle différente de la première, pour vous ?

Il y a plus de bases pour le futur. Lorsque je regarde l’effectif, je sais qu’un certain nombre de nos éléments sera toujours là l’an prochain. Cette continuité est très utile. Par exemple, cela fait deux ans que Avery Bradley débute les matchs avec moi, et il sait parfaitement ce que je recherche lorsque j’émets une suggestion, et je vois où il veut en venir lorsqu’il me demande pourquoi nous défendons de telle ou telle sorte sur Kyrie Irving. Nous sommes tous sur la même longueur d’onde, et cela nous donne bien plus de possibilités.

Vous avez reçu beaucoup de louanges cette année. Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

C’est très flatteur et très agréable. Bien entendu, je prends certaines choses avec des pincettes, car nous nous complimentons tous dans les médias. Mais je l’apprécie tout de même, et cela signifie beaucoup pour moi. D’autant plus lorsqu’il s’agit de nos adversaires. Lorsque cela provient du vestiaire d’en face, ça a beaucoup de valeur. Mais c’est encore plus gratifiant lorsque c’est par SMS, ou par e-mail, loin des caméras. J’apprécie réellement ces paroles, ça me flatte beaucoup mais je sais que j’ai encore beaucoup de chemin à parcourir, donc je ne fais pas une fixation là-dessus.

Vous êtes connu pour votre amour des chiffres. Cependant, vous avez plusieurs fois rappelé cette saison que ceux-ci ne sauraient motiver tous vos choix. Comment décririez-vous le rapport que vous avez avec les statistiques ?

Je suis plus que jamais convaincu que les statistiques avancées sont un outil très important et qu’elles abattent le plus gros du boulot. Cela dit, ce n’est en rien comparable à l’éthique de travail, la culture, la cohésion au sein de l’équipe, ce n’est qu’un élément parmi ces choses, qui sont les plus importantes.

À quelle partie de l’intersaison avez-vous particulièrement hâte d’être ?

J’aime la draft. Je trouve que c’est palpitant de voir ces jeunes, en apprendre sur eux, les rencontrer, avoir des entretiens avec eux, discuter avec eux. Je connais beaucoup d’entre eux, ou du moins beaucoup de choses sur eux. Je connais bien leurs entraîneurs. Je les connais probablement mieux que les joueurs eux-mêmes ne les connaissent, vu que j’ai été souvent amené à recruter avec eux. Ensuite, la free agency. Nous n’avons pas réellement pu l’aborder l’an dernier, car nous n’avions pas de marge dans notre masse salariale. Nous avons passé quelques coups de fil, mais sans grandes chances compte tenu de notre budget serré.

Vous êtes proche de Billy Donovan, qui vient d’être nommé en tant que nouvel entraîneur du Thunder. Comment s’est construite votre relation ?

Peu après avoir été nommé coach de Butler, on m’a invité à l’Université de Floride. C’était peu après le Sweet Sixteen, nous avions failli les battre alors qu’ils alignaient Joakim Noah et Al Horford. Ils m’ont invité à un stage de coaching, et j’ai eu l’occasion d’écouter de nombreux intervenants qui venaient de NBA, ainsi que Billy. Puis ils m’ont demandé de prendre la parole. Je me souviens encore du moment où Billy a levé la main pour me poser une question. Dans ma tête, je me suis demandé : « Mais qu’est-ce que ? Pourquoi veut-il me poser une question à moi ? » Il venait de gagner deux titres NCAA, il était 21h et il se retrouvait à poser une question à un type qui ne connait rien au basket. C’est ce genre de choses qui font de lui un grand entraîneur. Il est très bon. J’adhère totalement à ce qu’il fait.

Comment vous acclimatez-vous à Boston ?

J’adore. J’adore ce coin, j’adore le fait que l’océan soit si proche, les matchs des Red Sox, et tous ces endroits qu’il y a à visiter. Le golf est formidable. Il y a tellement de choses que je n’ai pas encore pu faire, et je pense qu’il me faudra certainement plus d’un été pour rattraper mon retard. J’ai une liste de cinq ou six restaurants dans lesquels je me rends ou auprès desquels je passe commande. Je ne varie pas beaucoup. Il faut que je fasse le tour du North End (quartier de Boston, ndT). Il faut que je mange à certains endroits tenus par des gens que je connais. Mais je ne sors pas beaucoup. J’ai des enfants de cinq et neuf ans. Je conduis pour venir aux bureaux, pour aller au TD Garden, pour prendre de l’essence et acheter du café. Je vais à l’église, et c’est à peu près tout.

Traduction de l’article du Boston Globe « Q&A: Celtics coach Brad Stevens reflects on 2014-15 season » par Léo Hurlin