Jared Sullinger : « Je prouverai aux gens qu’ils ont tort »

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Interrogé cette semaine à la radio par Adam Kaufman, Jared Sullinger a donné son avis sur la situation des Celtics, sur sa saison, sur son été, sur Rajon Rondo, sur Paul Pierce… mais surtout sur sa condition physique constamment critiquée. Revanchard, il souhaite prouver à tous ses détracteurs qu’ils ont tort et qu’il peut impacter le futur des Celtics.

Adam Kaufman : Jared, comment se passe l’off-season jusque-là ? 

Jared Sullinger : Tout va bien, je suis rentré à Columbus dans l’Ohio où je m’entraîne à Ohio State pour m’entretenir.

A.K : Tu regardes les playoffs ou tu préfères prendre un peu de distance avec tout ça ?

J.S : Non, je préfère prendre un peu de recul, je n’ai pas beaucoup regardé. Bien sûr, si ça passe à la télé, je laisse, mais sinon pas trop.

A.K : Tu as cependant évidemment dû voir les performances de ton ancien coéquipier, Paul Pierce. Que penses-tu de son run en playoffs ? 

J.S : Il a été énorme. C’est pour ça qu’ils l’appellent ‘The Truth’, il fait des choses que seul lui sait faire et quand les moments chauds arrivent, il veut être ce gars qui change le cours du match.

A.K : Quelle réflexion as-tu eu sur la saison qui vient de se terminer depuis l’élimination face aux Cavs ?

J.S : Pour moi, personnellement, j’ai eu des hauts et des bas cette saison. Il y a beaucoup de choses que j’aurais pu mieux faire en tant que joueur, mais en tant qu’équipe, on a été énorme.

A.K : Comment tu qualifierais cette saison ? Une bonne saison, une mauvaise saison ? Est-ce que tu as beaucoup appris ? Comment tu vois ça ?

J.S : C’était une très bonne année, durant laquelle j’ai beaucoup appris, sur quelle type d’équipe nous avons, quel type de joueurs nous avons avec nous. On a des joueurs qui jouent pour l’équipe, et on a joué toute la saison les uns pour les autres, ce qui est plutôt rare pour un jeune groupe comme le nôtre.

A.K : On a énormément parlé de ta condition physique durant les dernières années. Brad Stevens a dit que ton impact pourrait être énorme si tu étais en bonne forme physique, Danny Ainge a lui été très critique sur tes habitudes en dehors du terrain. Qu’est-ce qui te passe par la tête quand tu entends tes dirigeants encenser tes qualités de basketteur mais remettre en question ta motivation en même temps ? 

J.S : Ils ont vu ce que j’ai fait et ce que je fais actuellement quotidiennement. Ils veulent que je fasse un pas en avant dans ce processus et c’est ce que je suis en train de faire chaque jour à Ohio State. J’essaie de me pousser à être ce gars qu’ils veulent que je sois, mais également que je souhaite être désormais. Je travaille doucement là-dessus mais j’y travaille dur.

A.K : Qu’est-ce que tu fais précisément pour te pousser à être ce gars justement, sur le plan sportif ou encore nutritionnel ? 

J.S : Je fais tout ce que je peux. Il y a trop de choses que j’ai faites en tant que joueur, me menant là où je suis actuellement alors que ces questions ont toujours été présentes. Ils disaient que j’étais pas athlétique, pas ceci, pas cela… et à chaque niveau que je franchis je leur donne tort. C’est une chance pour moi aujourd’hui de leur montrer mon travail.

A.K : Est-ce que ça te préoccupe quand tu entends Ainge dire que cette blessure en fin de saison est un signal d’alarme pour ta condition physique et la longévité de ta carrière ? 

J.S : J’en ai discuté avec Danny et ce qu’il dit là, c’est ce que moi je lui ai dit. Il n’est pas venu et n’a pas dit ça comme ça, c’est quelque chose dont on avait parlé ensemble pour comprendre ce que j’avais besoin de faire. Une fois que je serai là où je veux arriver, tout va changer.

A.K : En tant qu’athlète, la condition physique est sûrement la plus importante des choses pour performer sur le terrain. Si tu devais faire un classement, où la placerais-tu, par rapport à l’entraînement, au fait de bien manger ou toutes ces choses là ?

J.S : Bien manger, c’est extrêmement important, tout comme l’hydratation. Il faut réunir beaucoup de choses hors du terrain pour réussir sur le terrain. Comme je l’ai dit, c’est mon style de vie entier, plein de petites choses mises bout à bout que je veux modifier pour aider cette équipe à être la meilleure possible.

A.K : Passons à ce qu’il se passe sur le terrain. Quelle importance cela a pour toi d’être agent libre restreint l’an prochain ?

J.S : Je ne me focalise pas trop sur les chiffres. Une fois que je me serai occupé des choses dont je dois m’occuper en dehors du terrain, ma production augmentera, c’est lié. Ça n’est pas trop dans mon esprit pour l’instant, je pense d’abord aux multiples choses que je dois faire en dehors du terrain pour revenir là où j’en étais.

A.K : Quand tu parles de revenir là où tu en étais, quelles sont tes références chronologiques, à quelle période fais-tu référence ? Au début de ta carrière NBA ? 

J.S : Je pense à l’université. À cette période, j’étais un autre type de joueur, mais en même temps je voulais faire tout ce que me conseillaient les gens pour devenir le joueur qu’ils voulaient que je sois. Maintenant, tout le monde doute de moi et j’enregistre tout ce que disent les gens de moi. « Il n’est pas ci, il n’est pas ça, il n’est pas le gars qu’on aurait voulu qu’il devienne… », j’ai tout écouté et j’utilise ça comme une motivation. Rien ne va changer, je vais continuer à travailler dur et continuer à jouer mon basket.

A.K : Je vais être très honnête avec toi. Je t’ai critiqué dans le passé et je vais te dire pourquoi. J’aime ton jeu à l’intérieur, tu es puissant dans la raquette bien que tu ne sois pas le plus grand des intérieurs. Tu es un bon rebondeur pour ta taille mais parfois maladroit sur la ligne des lancers. De ce point de vue, c’est frustrant de te voir prendre de plus en plus de tirs extérieurs. Est-ce que c’est une directive du coaching staff ou est-ce que c’est ton choix ? 

J.S : C’est un peu tout à la fois. Brad n’affectionne pas particulièrement le jeu au poste bas, donc il m’a dit de prendre mes tirs à trois points et à mi-distance. Je n’ai pas les ballons au poste que j’avais quand j’étais à la fac, mais j’entends les critiques et je prouverai aux gens qu’ils ont tort sur moi.

A.K : Quand tu parles de redevenir le joueur que tu étais à l’université, est-ce que ça implique plus de jeu au poste bas ou cela concerne tous les aspects de ton jeu ?

J.S : À la fac, les gens m’ont plus vu jouant à l’intérieur, mais j’étais également capable de m’écarter et de jouer sur quelques dribbles. C’est juste une question de temps et de travail.

A.K : Quand Brad (Stevens) pointe le fait qu’il ne soit pas adepte du jeu au poste bas, et qu’il souhaite que les joueurs comme toi shootent à longue distance, est-ce que tu vois ça comme une direction prise par l’ensemble de la ligue avec tous ces stretch four ou plus comme la ligne directrice de Brad ? 

J.S : C’est la philosophie de coaching de Brad. La plupart du temps, les grands font les systèmes pour les joueurs extérieurs, nous travaillons pour essayer de trouver un juste milieu.

A.K : Parlons de l’équipe quelques minutes. Évidemment, l’équipe vit une période de transition, après que l’équipe ait surperformé par rapport aux prédictions cette saison en faisant les playoffs, mais vous, les joueurs, ne semblez pas le voir de cet oeil. Par les commentaires faits après l’élimination face aux Cavs, on a senti que ça n’était pas une performance suffisante pour vous. Quel potentiel a cette équipe avec quelques mouvements clés cet été ? 

J.S : On a beaucoup de potentiel. On a beaucoup de joueurs de basket… qui sont des joueurs de basket, et c’est ça le plus important. On des joueurs qui, un soir, peuvent être scoreurs, l’autre soir ils feront autre chose sur le parquet. Ils ne veulent pas jouer les sauveurs et si ce n’est pas le bon soir, c’est comme ça, ils apporteront dans un autre compartiment du jeu. Peu importe les mouvements faits cet été, ils nous aideront à être encore meilleurs.

A.K : Si tu devais donner un MVP de la saison des Celtics, est-ce que ça serait Brad Stevens ? 

J.S : Hmm… Oui. Je pense qu’on peut lui donner mais des gars comme Evan Turner le méritent également. Il est arrivé avec une mauvaise réputation, je ne sais pas trop pourquoi, et il a été un coéquipier génial autant qu’il a été un bon joueur sur le terrain. Il nous a sauvé la mise plusieurs fois dans les moments chauds, alors qu’on ne l’attendait pas. Il a été notre meneur une fois Rondo parti et toute la saison, il a assuré.

A.K : Que penses-tu de ce qui est arrivé à Rajon Rondo à Dallas ? 

J.S : Je ne sais vraiment pas quoi en penser. Rondo était un très bon ami à moi, et a été un très bon vétéran envers moi. Je pense que certaines personnes comprennent mal qui il est. C’est un compétiteur, il veut gagner, et les gens ne comprennent pas la force de son esprit de combativité. Ils ne le comprennent pas en tant que personne, je pense. Il veut juste gagner.

A.K : Rajon Rondo, comme d’autres a été échangé. Quel sentiment ressens-tu lorsque ton nom apparaît dans des rumeurs de transfert ? 

J.S : C’est la vie. Quand tu joues et que ta production est correcte, tu apparais dans les discussions. En NBA, on est presque immunisé contre ça. Ça arrive chaque année, personne n’est intouchable dans cette ligue et on le sait. J’ai été personnellement plusieurs fois dans des rumeurs, et tout ce que l’on peut faire, c’est faire notre job tant qu’on est à tel endroit, et si c’est autre part, c’est la même chose ensuite.

A.K : La draft aura lieu dans un mois. Y a-t-il un joueur précis que tu aimerais voir atterrir à Boston ? 

J.S : Hmm… Pas vraiment. J’apprécie les gars que l’on a maintenant, et peu importe les mouvements que fera Danny Ainge, je suis sûr que ça sera bon pour l’équipe.

A.K : Ton camp s’est également déroulé il y a peu. Qu’est-ce que tu fais le plus travailler aux enfants ?

J.S : Les fondamentaux, c’est le plus important. La plupart des jeunes viennent en pensant que shooter à trois points ou crosser ou dunker, c’est ce qu’il y a de mieux mais ils oublient les fondamentaux et le basket est aussi physique que mental, et je veux leur faire comprendre ça. Sans fondamentaux, tu ne pourras pas jouer longtemps. Regardez Andre Miller. Les fondamentaux t’emmèneront beaucoup plus loin que de simples qualités athlétiques car tôt ou tard, tu ne pourras plus dunker sur tout le monde, tu ne pourras plus marcher sur les autres physiquement.

A.K : Paul Pierce aura 38 ans l’année prochaine, ça montre bien ce que tu dis là. Toi tu as 23 ans, tu travailles donc avec des jeunes qui n’ont même pas 10 ans de moins que toi  ?

J.S : J’adore voir les jeunes évoluer, j’ai pour habitude d’aller à Ohio State régulièrement pour suivre ces jeunes, c’est énorme pour eux. On a tous commencé comme ça, on a tous commencé quelque part avant d’évoluer. C’est pourquoi leur inculquer les bases, c’est très important pour moi.

À la fin de l’entretien, le journaliste lui souhaite bon courage pour cet été et lui souhaite d’être toujours avec les Celtics l’an prochain. Vous aussi ?

Interview traduite par Baptiste Godreau

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