« Mais à quoi jouent les Celtics ? »

C’est en ce jeudi 09 juillet 2015 que la NBA lèvera son moratoire annuel (servant entre autres à calculer avec précision quel sera le montant du salary cap de la saison prochaine), permettant ainsi aux équipes ayant discuté depuis le premier du mois entre elles ou avec des agents libres de rendre officielles leurs transactions.

Du côté de Boston, outre les retours de Jae Crowder (35 millions de dollars sur cinq ans) et Jonas Jerebko (dix millions de dollars sur deux ans, deuxième année non-garantie), on enregistrera également l’arrivée d’Amir Johnson (12 millions sur deux ans, deuxième année non-garantie), des rookies Terry Rozier et R.J. Hunter (le futur est plus incertain pour nos deux seconds tours) et enfin de David Lee, échangé contre Gerald Wallace.

Certains de ces noms n’ont pas fait l’unanimité au sein de la fanbase, qui attendait avant tout un pivot et du scoring, mais il est en fait essentiel de se pencher un peu plus en détail sur la stratégie de Danny Ainge et de ses assistants pour mieux les comprendre. La journée de demain et celles qui suivront seront à cet égard très importantes, car l’ordre des officialisations de nos mouvements devrait très certainement différer de celui des annonces par les médias ces derniers jours.

Pourquoi ? Tout simplement car l’on juge la situation salariale d’une équipe à l’instant T, et que chaque mouvement entrepris peut par sa nature et ses conditions considérablement modifier la flexibilité financière d’une équipe, chose à laquelle Ainge et son staff prêtent énormément d’attention.

Avant de poursuivre sur le plan purement basketball et afin de ne pas vous perdre avec des exemples difficilement synthétisables, voici deux choses à retenir concernant la gestion financière d’une équipe NBA :

• Les cap holds sont des réserves sur la masse salariale potentielle d’une équipe. Les joueurs ayant joué sous leur dernier contrat NBA (peu importe l’ancienneté) à Boston et n’ayant pas effectué certaines formalités auprès de l’équipe constituent, financièrement parlant, des cap holds. L’équipe peut décider d’y renoncer chaque été, mais les conserver peut servir les intérêts de la franchise. C’est pourquoi, à l’heure actuelle, nous possédons encore les cap holds de joueurs comme Shaquille O’Neal, Scot Pollard, Stephon Marbury, Michael Olowokandi ou même… Dana Barros !

• Les Bi-Annual Exceptions, Mid-Level Exceptions (avec laquelle Evan Turner a récemment signé) et autres Trade Exceptions (ou Traded Player Exceptions, TPE) sont des exceptions (je sais, c’est dingue) qui permettent aux équipes étant au-dessus de la limite du salary cap de se renforcer. Les deux premières servent ainsi à signer des joueurs libres dans une certaine limite financière (environ deux et cinq millions, respectivement), tandis que la dernière sert à absorber le salaire d’un joueur échangé. Renoncer aux cap holds, calculés selon les derniers contrats des joueurs aux Celtics (celui de Crowder est donc minuscule), peut dans certains cas faire repasser une équipe sous la limite du cap. Ainsi, si la franchise venait ce soir à renoncer à tous ses cap holds et à ses droits sur les joueurs (à l’exception de ceux de Crowder et Jerebko), elle se retrouverait alors sous le cap… mais devrait également renoncer à un total 23 millions de dollars en trade exceptions. Il y a donc un calcul à faire.

Dans les faits, la franchise pourrait donc par exemple officialiser certaines arrivées avant celle d’Amir Johnson et absorber son contrat dans une TPE sans rien envoyer en retour à Toronto. Le contrat annoncé pour Johnson n’étant pas garanti sur la seconde année, les finances pourraient donc être gérées d’une certaine façon afin de profiter au maximum de la flexibilité de cet été mais aussi de l’été suivant.

En effet, si Crowder et/ou nos deux premiers tours de draft sont signés en premier, cela signifiera plus ou moins qu’aux yeux de Ainge, l’été est terminé puisque cela limiterait notre marge de manœuvre. En revanche, Jerebko pourrait être officiellement conservé très rapidement car son cap hold est d’environ huit millions et son futur salaire de cinq millions annuels.

Quelques unes des astuces financières favorites de l’équipe ayant été détaillées, nous pouvons donc à présent discuter de la stratégie de l’équipe sur le papier depuis le transfert de Paul Pierce et de Kevin Garnett. Pour cela, il convient de dissocier free agency et marché des transferts.

Du côté de la free agency, on ne peut que le reconnaître : Boston n’attire toujours pas. Attention, Amir Johnson est une excellente recrue, mais en pensant au nombre de joueurs et de dirigeants qui n’ont par exemple cessé de louer le travail de Stevens et de Ainge depuis l’été 2013, on est en droit de se dire que la montagne de possibilités que représentait cette free agency a une fois encore accouché d’une souris dans le Massachusetts. Vous étiez nombreux à rêver d’un intérieur capable de protéger le panier, et il ne sera donc pas venu par cette voie-là. Vous l’aurez compris avec l’évocation de certaines subtilités plus haut, Ainge était pourtant prêt à passer en full mode free agency si besoin était.

Pour ce qui est du marché des transferts, la patience est le maître mot. En tant que fan, on se prend facilement à rêver de gros noms, d’autant plus lorsqu’on a conscience du travail de sape abattu depuis deux étés pour se mettre dans cette position. Mais si nous sommes capables de sauter sur une multitude d’opportunités, il faut deux équipes (au moins) pour monter un échange, et des conditions exceptionnelles pour qu’une star demande à quitter son équipe ou qu’une équipe doive se séparer de sa vedette. L’appréciation des joueurs étant plus subjective pour nous que pour les front offices, il est donc logique que certaines opportunités ayant surgi n’aient pas été saisies.

Si la majorité des fans a digéré la plupart des sacrifices entrepris depuis l’enterrement du Big Three, c’est toutefois pour reporter son espoir sur des jours meilleurs, au risque de se frustrer devant chacune des décisions prises, puisque celles-ci ne transcendent pas l’équipe et ne la mettent pas sur les rails d’un terminus précis. Ainge conserve ses options ouvertes depuis le transfert de Rajon Rondo, et c’est peut-être ce qui finit par déranger une partie des supporters, tant il est facile de rêver lorsque tout est encore possible.

Le staff à la tête de l’équipe a clairement montré qu’il savait se conserver une fenêtre de tir très large, mais rares sont les pigeons sur lesquels se concentrer. Le risque est donc prévisible, même si la date d’expiration de nos biens est encore lointaine : à force de chercher la meilleure occasion de dépenser ses atouts, Ainge pourrait manquer quelques très bonnes occasions de se renforcer et finir par en choisir une mauvaise dans l’urgence. C’est par exemple ce que certains lui ont reproché au moment du transfert de Rondo, tandis que d’autres regrettaient qu’il n’ait pas attendu quelques mois de plus.

C’est pourquoi, selon la nature et le timing des annonces qu’effectuera Boston dans les prochains jours, nous pourrons à nouveau élaborer nombre de scenarii sur les options quasiment infinies de notre équipe fétiche, sans être pour autant capable d’affirmer avec certitude laquelle sera choisie.

Et c’est également pourquoi je vous propose de nous dire si, tout simplement, vous croyez ou non aux choix effectués par l’équipe depuis la pose de la première pierre de l’ère Stevens, et donc de manière plus globale si vous croyez en la stratégie des dirigeants de l’équipe. Bien entendu, n’hésitez pas à développer votre opinion dans la section commentaires.

Croyez-vous en la stratégie du front office mené par Danny Ainge ?

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Article rédigé par Léo Hurlin

6 Comments

  1. 6zygy

    8 juillet 2015 at 22 h 36 min

    Note de l'auteur : je pense que c'est un poil court, surtout pour la seconde partie mais je ne voulais pas revenir sur les moves faits depuis trois ans, car on ne va pas refaire l'histoire. Je souhaitais juste donner des clés de compréhension et ré-exposer rapidement la situation basket pour que chacun puisse la réévaluer sous un autre prisme.

  2. Jeff

    8 juillet 2015 at 22 h 37 min

    J ai voté oui. J'étais pourtant de ceux qui en voulaient à Ainge pour le transfert de Rondo ( pour vous dire je suis devenu fan des C's pour lui). Mais au final, entre ce que l echange nous a rapporté à moyen terme, à savoir precisement pour moi Isaiah thomas, et les evolutions de rondo pour ses derniers mois a boston et lors de sa pige chez les mavs, je reconnais qu'ainge a eu raison. Je doute parfois encore de ses choix, surtout lors de cette rumeur de trade de smart qui me semblait vraiment incomprehensible. Mais sinon, il me semble doué dans son job alors Wait and see

  3. NastyNas_Celtics#P

    9 juillet 2015 at 4 h 15 min

    Bon nombre de gens (fans ou non de Boston) ont aujourd'hui ce regret de ne pas avoir basarder l'équipe plus tôt. Au sortir de l'année 2012 au lieu de l'année 2013. Perso je trouve qu'a posteriori c'est facile de dire ça car en effet ça aurait changé beaucoup de choses entre le futur de Green/Rondo qui aurait été décidé plus tôt, on se serait pas tapé cette laborieuse (mais record pour Rondo) année 2013 car on aurait pu recommencer un nouveau processus plus tôt…et surtout on aurait peut-etre pas eu le Gégé qu'on a connu (d'ailleurs ce trade d'escroc Gégé/Lee mériterait d'avoir un article tellement il était inespéré). M'enfin quoi qu'il en soit n'oublions pas qu'en 2012 on est jusqu'au G6 face à Miami (au sommet de son art), merci Rajon, et qu'il était donc logique de penser qu'une transition en douceur n'était pas une si mauvaise chose…et ça nous a permis d'avoir le futur GOAT : JARED SULLINGER !!

    Menfin, je me suis éloigné du but de cet article. Tout ça pour dire que malgré le fait que certains pensent qu'on a fait l'année de trop, que ce soit pour PP/KG ou pour Green/Rondo ça nous aura permis de récupérer des gars comme Sully, Smart et IT et ça, peu de GM auraient pu nous l'apporter.
    Du coup, n'en déplaisent à certains (un certain Mickael/Dexter notamment) je garde confiance en Ainge qui a très souvent su se sortir de situations périlleuses et qui n'a pas pour objectif de construire une équipe moyenne mais une équipe qui joue le titre!

  4. Len_Bias #RR9

    11 juillet 2015 at 23 h 39 min

    La seule chose que j'ai encore de travers dans la gorge c'est le trade de Rondo car joueur favori.
    Mais sinon je le trouve nickel, mais frustrant. On vient de réaliser deux bons été, sans grand noms ni rien mais en ayant fait des moves gagnant pour nous. L'effectif s'étoffe d'année en année, le projet prend, il va falloir maintenant un coup d'accélateur.

  5. Venel

    13 juillet 2015 at 13 h 17 min

    Je me demande si les dirigeants des celtics savent ce qu'ils font. La nouvelle saison des celts ne sera que médiocre.

  6. KvN_

    13 juillet 2015 at 15 h 28 min

    Pour m'a part, le trade de Green et Rondo était la bonne solution. Même si je trouvais les contreparties un peu justes…
    La reconstruction lancée en milieu d'année et qui se termine avec un bon groupe et un 1er tour de playoff, que dire de plus du front office ?
    Depuis la draft; Je ne sais que trop penser concernant la stratégie de Ainge.
    Tout d'abord parce-qu’il draft 2 joueurs qui arrivent sur des postes bouchées. Même s'il à tous essayé pour monter dans la draft, j'ai encore quelques noms qui aurait pu être choisit en 16e et que j'ai en travers de la gorge (Portis, Dekker) qui de un aurait comblé l'un de nos postes manquant.

    Pour terminer la FA n'est pas un échec en soit, mais il y avait encore mieux à faire je pense, quelques coups sans trop risque et cela aurait eu un upgrade pour l'équipe. Je demandais par forcément un gros nom mais comblé les postes 3/5 avec des joueurs en passe de se relancer (un peu comme Turner).

    Bref pour le moment les résultats sont là, la stratégie de reconstruction était la bonne j'ai confiance même si la plupart des choix fait cet été sont un peu décevant pour moi.

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