Mailbag d’avant saison

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Enfin ! Après quelques semaines de vacances, Celticsfr revient. À cette occasion, et alors que la saison régulière arrive à grands pas, nous vous avons demandé sur les réseaux sociaux de nous poser toutes sortes de questions en rapport avec les Celtics pour un nouveau mailbag sur le blog, un an après le dernier.

Vous nous avez envoyé un grand nombre de questions et nous vous en remercions. Le revers de la médaille, c’est que nous avons dû faire une sélection parmi vos interrogations et n’avons pu répondre à tout. Cependant, sachez qu’un podcast arrivera dans quelques semaines, juste avant le coup d’envoi de la saison. De plus, nous organisons fréquemment des sessions questions – réponses sur notre compte Twitter et nous nous ferons un plaisir de répondre aux questions subsistantes. Fini de blablater, passons aux choses sérieuses.

1 – Qui faut-il couper parmi les 16 membres actuels du roster ?

Voici probablement la question qui a été la plus récurrente dans toutes celles que nous avons reçues. Avec un roster actuel composé de 16 joueurs (depuis que les Celtics ont coupé Zoran Dragic), il y a un élément de trop dans cet effectif. En effet, pour ceux qui l’ignorent, la NBA ordonne à chaque franchise de se limiter à 15 joueurs durant la saison. Ainsi, après le training camp qui débutera fin septembre, Danny Ainge devra faire un choix (sauf transfert, évoqué ci-dessous) et ainsi couper l’un des 16 joueurs possédant un contrat garanti dans l’effectif.

Le joueur le plus susceptible d’être « celui de trop », c’est Perry Jones III et ce pour plusieurs raisons. Premièrement, Jones possède un contrat léger, ce qui rendrait l’action de le couper de l’effectif moins coûteuse pour les Celtics. Ensuite, sa valeur sur le marché est (très) faible. Arrivé d’OKC cet été en échange d’un second tour de draft dans le cadre d’un salary dump trade, Jones ne constitue pas un asset suffisamment intéressant dans le cadre d’un échange. Enfin, c’est sûrement la raison la plus évidente : à l’exception de Young, qui n’a pas encore le même vécu, Jones est le joueur qui a montré le moins d’envie au sein de cet effectif, et joue à un poste déjà bouché. S’il en est là, c’est avant tout à cause de son attitude arriviste et son éthique de travail pour le moins discutable.

L’autre solution pourrait être de se séparer d’Evan Turner, si celle ci semble moins évidente, notamment au vu de sa saison passée, elle mérite tout de même qu’on s’y attarde. Au delà de la surprise occasionné par son niveau de jeu et des tirs décisifs qu’il a pu rentrer, il faut s’interroger sur la place qu’il pourrait avoir dans le projet de la franchise. Difficile de le voir encore progresser encore suffisamment pour devenir une option crédible à l’aile chez un concurrent au titre et sa valeur sur le marché n’est pas non plus très élevée. Autre élément qui joue contre lui, sa capacité à jouer sur les postes arrières et sa tendance à porter la balle. Si cela a visiblement plu à Brad Stevens la saison dernière, les lignes arrières des Celtics sont actuellement pleines de jeunes joueurs qui ne demandent que du temps de jeu pour pouvoir progresser. La présence de Turner dans l’effectif pourrait constituer un frein au développement de joueurs sur lesquels la franchise compte sans doute plus que sur lui à long terme.

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La question précédente est directement liée à celle-ci (qui va être directement liée à la suivante, c’est fou comme c’est bien fait !). Il est évident que Danny Ainge et ses associés chercheront une solution alternative à celle de couper un joueur. En effet, il est toujours préférable d’échanger un joueur, même contre un obscur second tour de 2047, que de devoir s’en séparer pour rien, d’autant plus lorsque tous les contrats sont garantis. Il serait étonnant que les Celtics ne trouvent personne avec qui faire affaire. Cependant, il semble difficilement envisageable qu’un « gros transfert » survienne d’ici au mois d’octobre.

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Si c’est une question qui te titille, répondons-y. En effet, il est également possible que Perry Jones III parvienne à convaincre le staff technique au cours du training camp, obligeant ces derniers à le conserver dans le roster final. Dans ce cas-là, quel rôle occupera-t-il, quel temps de jeu pour lui ?

À vrai dire, cela dépendra de lui avant tout. Il a déjà eu de multiples opportunités en NBA et ne les a pas toutes saisies, loin de là. Il faudra impérativement qu’il adopte la bonne mentalité dès le début de la saison. Cependant, s’il venait à faire partie du roster final, espérons que cette saison pour lui soit la bonne. À la manière d’Evan Turner l’an passé, PJ III arrive à Boston avec l’esprit revanchard. Peu utilisé à OKC, il va chercher à prouver et sous l’égide de Brad Stevens, que l’on connait pour sa capacité à tirer le meilleur de chacun de ses joueurs, cela pourrait fonctionner. Shooteur moyen, ses qualités athlétiques et sa mobilité (au regard de son gabarit) lui confèrent un potentiel polyvalent qui pourrait séduire Stevens et lui permettre d’apporter un vrai plus dans le jeu Celte. Cependant, il ne devrait être utilisé que par courtes séquences, avec des responsabilités réduites et un rôle d’energizer en sortie de banc… une fois encore, s’il décide de se mettre au travail.

Ailier de (très) grande taille, il ne devrait pas être utilisé au poste 4 mais plutôt au poste 3 en relais de Jae Crowder et Evan Turner, en raison de l’embouteillage à l’intérieur.

2 – Amir Johnson peut-il jouer au poste 5 dans un cinq small ball ? 

Non seulement on pense que Brad Stevens va le faire, mais il le faudra. Avec un nombre incalculable de postes 4 dans l’effectif (dont Amir Johnson), il faudra clairement que Stevens utilise ceux les plus à-même de défendre sur des pivots à ce poste-là. Dans ce rôle, il semble évident que c’est Amir Johnson qui partagera les minutes au poste de pivot avec Tyler Zeller (et Jordan Mickey ?), plutôt que Jared SullingerKelly Olynyk ou encore David Lee. C’est en effet le joueur le plus aérien et mobile de cette taille et à l’intérieur.

3 – Sully ou David Lee dans le cinq de départ ? 

Concernant les rotations et les rôles de chacun pour la saison à venir, nous vous invitons à (re)lire le dernier article paru sur le blog, évoquant par exemple le rôle minime qu’auront des joueurs comme James Young ou R.J Hunter (sur lesquels nous avons reçu des questions auxquelles nous ne répondrons pas dans ce mailbag). Sur le poste 4 titulaire, revenons quelque peu sur le sujet. 

Dans l’article mentionné ci-dessus, nous expliquions qu’il fallait trouver un cinq avec un poste 4 qui soit le plus complémentaire possible d’Amir Johnson, que nous aimerions voir titulaire au poste de pivot. Amir Johnson, joueur dur, capable de prendre des rebonds et de répondre présent physiquement, aurait besoin à ses côtés d’un poste 4 plutôt capable d’apporter offensivement, avec une main gauche de qualité, capable de finir près du cercle et d’apporter du scoring. Vous voyez où nous voulons en venir ? En effet, nous préférerions voir David Lee titulaire, pour former une doublette d’intérieurs avec Johnson. 

Capable de jouer au poste, très expérimenté et leader de cette futur équipe des Celtics, l’apport de Lee sera multiple. Pour l’ancien All-Star, cette saison pourrait bien être celle de la « renaissance » après un dernier épisode en demi-teinte malgré le titre avec les Warriors. Derrière, cela ne pourra que forcer Jared Sullinger (et les autres plus jeunes au poste 4) à se surpasser pour gagner ses minutes. Tout bon, donc. 

4 – Sullinger ou Olynyk ?

Capture d’écran 2015-09-02 à 11.51.48 Voici une question qui anime les débats au sein de la rédaction Celticsfr. Si tout le monde mise sur Sullinger, certains sont prêts à enterrer Olynyk tandis que d’autres insistent pour qu’on lui laisse sa chance.

Tout d’abord, expliquons en quoi la prochaine saison sera celle de Sullinger et non d’Olynyk. Si Ainge a été dur avec lui en fin de saison dernière, le big issu d’Ohio State semble s’être ressaisi cet été en travaillant enfin sur sa condition physique. Il faut dire qu’il va entrer dans sa « contract year », cette fameuse saison où le joueur est en fin de contrat et doit rendre une copie la plus exemplaire possible pour toucher le gros lot en fin de saison.

En NBA, cette saison est très souvent une saison charnière, et les joueurs le savent très bien. Par exemple, voici les stats de Trevor Ariza, nous vous laissons deviner quelle saison était sa contract year 

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Il existe bien d’autres exemples (Erick DampierElton BrandAndris Biedrins) de joueurs ayant explosé sur leur dernière année de contrat avant de stagner. Espérons que Sully ne stagnera pas ensuite, mais il y a de bonnes raisons de croire que cette saison sera la sienne. En effet, nous l’écrivions plus haut, Sully a perdu du poids cet été, c’est une certitude (cette fois) et nous croyons en ses chances de progression grâce à cela. L’an passé, nous écrivions cet article : Sullinger, plus léger, plus fort ?. Si cela n’a pas marché l’an dernier, Sully n’ayant pas vraiment maigri à l’intersaison 2014, ce papier peut être remis au goût du jour photos à l’appui et nous vous invitons à le (re)lire avant le début de saison. 

Olynyk, qui reste terriblement trop soft et dont la progression l’an passé n’a été que minime, ne nous inspire pas la plus grande confiance et nous verrions plutôt en lui un asset à échanger qu’un membre à part entière du futur de la franchise. Toutefois, même si Sullinger a au fond plus de chances de réussir sa saison, on ne peut pas dire que Olynyk ne peut pas réellement progresser.

En termes de profil et dans un monde idéal, le jeu du canadien reste bien plus adapté à ce que cherche Stevens que celui de Sullinger. Aussi frustrant soit-il, Olynyk a également bossé cet été et ce ne serait pas fair-play de tout de suite le mettre de côté, avant même qu’une minute n’ait été disputée.

5 – Quel rôle pour Isaiah Thomas ?

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Bien qu’il soit possible que Stevens teste le joueur en tant que starter, le rôle d’Isaiah Thomas risque d’être exactement le même que celui qu’on lui a connu la saison passée. Il devrait être à nouveau le sixième homme attitré de Brad Stevens, en relais (ou associé) de Marcus Smart.

Une nouvelle fois, Thomas devrait être le leader offensif de l’équipe au scoring, et devra apporter ses qualités de tir, de pénétration pour finir au cercle ou provoquer des fautes, ce avec un temps de jeu digne d’un titulaire… mais en sortie de banc.  Sixième homme ne veut pas dire temps de jeu réduit pour un joueur comme lui. Cela ne lui empêchera pas de jouer 30 minutes, voire plus s’il le faut et s’il est en jambes, d’être le leader offensif de cette équipe. Cela ne veut pas dire qu’il sera sous-utilisé. C’est simplement une façon pour Stevens de responsabiliser Smart au poste de meneur en le lançant dès le début du match, rien de plus. IT aura un rôle prééminent dans la potentielle réussite de ce roster, ne vous inquiétez pas.

6 – La stratégie d’accumulation d’assets montre-t-elle ses limites ?  

En bon « Bisounainges », nous serions tentés de répondre d’un non franc et massif. En effet, les Celtics sortent d’une saison étonnamment réussie conclue par une place en playoffs que personne n’attendait. Ils ont réussi à acquérir de nombreux éléments de valeur, Isaiah Thomas, Jae Crowder, Tyler Zeller, Evan Turner ou encore Jonas Jerebko en ne sacrifiant presque aucun  (voire rien du tout !) de leurs assets, si ce n’est Rajon Rondo et Jeff Green, dont le destin semblait de toute manière devoir s’écrire loin de Boston.

De plus, les meilleures cartes de Danny Ainge sont encore dans sa manche. On pense notamment aux choix de draft des Nets obtenus lors du trade incluant Paul Pierce et Kevin Garnett. La franchise semble donc en position de force, avec une équipe jeune, un coach qui commence à faire parler de lui, une place en playoffs qui vient valider le travail effectué, et une belle collection de choix de draft.

Néanmoins, on peut nuancer ce point de vue. En effet, le meilleur moyen pour les Celtics de retrouver les sommets semble être de faire l’acquisition d’un véritable franchise player, d’un joueur unique qui pourra faire la différence à lui seul. Pour ça il y a essentiellement trois solutions, la draft, un trade, ou la free agency.

Pour récupérer un joueur de ce type par la draft, il faut soit faire une saison très pauvre en victoires, ce qui n’a pas l’air d’être dans les plans de la franchise, soit récupérer le choix d’une autre équipe. Cependant, les équipes de bas de tableau abandonnent très rarement leurs choix de premier tour dans des trades, et si celui des Nets pourrait s’avérer très intéressant, il serait étonnant qu’il soit haut au point de permettre de récupérer un rookie avec un potentiel de franchise player. Il reste donc les échanges le soir même de la draft, mais on a vu lors de l’édition précédente (avec l’étonnant refus essuyé par les Celtics de la part des Hornets) que ceux ci pouvaient s’avérer compliqués. On touche peut-être du doigt une limite de l’accumulation des assets, puisqu’il semble que tous les GM ne donnent pas la même valeurs aux choix de draft futurs face à la possibilité de récupérer immédiatement un joueur.

Autre option, monter un trade. Problème, les Celtics possèdent actuellement très peu de joueurs ayant une grosse valeur dans un trade, ils n’en ont d’ailleurs qu’un seul, Marcus Smart. D’autres joueurs peuvent intéresser des franchises, en tant que joueurs solides ou dotés d’un bon potentiel, mais aucun ne fera vraiment pencher la balance dans le cadre d’un trade incluant un joueur ayant le calibre d’un franchise player. Pour monter un trade de ce type, il faudrait donc plus sûrement compter sur les nombreux choix de draft en possession des Celtics, mais encore une fois, la valeur accordée à ceux ci est incertaine.

Dernière solution pour attirer un gros poisson, la free agency. Et c’est peut être où le bât blesse le plus, malgré les promesses affichées par l’équipe, la bonne réputation de Stevens, le prestige de la franchise et sa flexibilité salariale, les Celtics semblent avoir du mal à attirer les gros free agents du marché. Difficile de l’expliquer et rien ne dit que cela va continuer, d’autant qu’avec les manœuvres salariales de Danny Ainge les Celtics sont chaque année candidats à attirer de gros noms, mais pour l’instant il faut bien dire que la franchise fait chou blanc de ce côté.

Pour revenir à la question initiale, il est en tout cas clair que cette politique n’a pas encore montré ses limites car Ainge arrive à la réinventer et la recycler. De fait, l’échéance est repoussée continuellement. Cela peut frustrer les fans qui espèrent du renfort immédiat, mais démontre aussi le savoir-faire du management et sa volonté irrépressible de viser haut.

7 – Quel niveau peuvent atteindre les Celtics la saison prochaine ? 

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Soyons tout à fait honnêtes. Non, les Celtics ne possèdent pas de quoi « titiller les sommets » l’an prochain. Avec un effectif encore une fois médiocre malgré les ajouts, très homogène avec un manque de talent intrinsèque évident, ils n’auront pas de quoi viser le haut de tableau, même à l’Est.

Sur le papier, bon nombre d’équipes restent plus talentueuses que Boston. Les Cavaliers, Heat, Bulls, Bucks, Raptors, Hawks, Wizards possèdent tous plus de talent. Cependant, avec le même état d’esprit que l’an passé, quelques ajouts tels que David Lee et Amir Johnson, les Celtics peuvent prétendre à améliorer leur bilan 2014-2015. Raisonnablement, l’objectif cette année sera une nouvelle fois la huitième place qualificative pour les playoffs, le reste ne sera que du bonus.

8 – Les ajouts peuvent-ils combler l’absence d’un vrai big man ?

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Non. Clairement, les ajouts faits cet été ne combleront pas le manque d’un vrai poste 5 défensif, capable de protéger le cercle et stopper le pivot adverse. En Summer League, nous avons vu Jordan Mickey être capable de protéger le cercle, par ses longs segments et son sens du contre (son portrait est à retrouver ici si vous l’avez raté cet été). En NBA, il ne pourra pas immédiatement apporter cela mais après une demi-saison entre la NBA et la D-League, il devrait être capable de donner quelques minutes intéressantes.

Devant lui, malgré l’absence d’un vrai pivot, Brad Stevens devrait pouvoir bricoler sans trop de problèmes. L’an passé, il ne possédait que Tyler Zeller comme vrai pivot de formation. Prometteur et auteur d’une saison de bonne facture, il serait normal de compter à nouveau sur lui cette saison. Devant lui, Amir Johnson, comme exposé plus haut, devrait assumer un rôle de titulaire au poste 5 malgré sa formation d’ailier fort. Joueur dur au mal, avec un bon sens du rebond, il ne devrait pas créer de trous défensifs.

Bien sûr, une nouvelle fois, les Celtics n’ont pas comblé leur besoin de pivot défensif cet été. Cependant, avec Johnson et Zeller (puis Mickey avec un peu de maturité), et un jeu en small ball qui s’est avéré gagnant l’an passé, il ne devrait pas exister de trous béants dans la défense Celte.

Article rédigé par l’ensemble de la rédaction de celticsfr

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