Semaine 3 : de bon augure pour la suite ? (4-4)

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Bien sûr, au vu des événements récents, nous savons que l’important n’est clairement pas de parler de basket. Cependant, on s’est dit que pour vous comme pour nous, ça permettrait de penser à autre chose, c’est pourquoi nous avons tenu à sortir notre bilan hebdomadaire, comme il était prévu. Bonne lecture.

Bilan comptable de la semaine :

Deuxième semaine consécutive à trois matchs pour les Celtics, cette fois-ci avec un déplacement à Milwaukee avant de recevoir Indiana et Atlanta. Chez les Bucks, visiteurs et hôtes font jeu égal lors du premier quart-temps, puis la défense de Boston décide de prendre les choses en main, encaissant uniquement 35 points sur les quart-temps deux et trois, et guidant l’équipe vers une victoire assez tranquille 99-83 (boxscore ici). Ainsi, sans vraiment retrouver leur adresse (23,3% derrière l’arc, 10/38 pour le trio Crowder/Bradley/Thomas), les Celtics s’offrent une deuxième victoire de suite contre un potentiel adversaire direct pour une place en playoffs. Offensivement, David Lee retrouve son adresse et inscrit 13 points à 5 sur 7, belle prestation également pour Olynyk et ses 11 points à 5 sur 8, tandis que R.J Hunter se fait remarquer pour la première fois avec 7 points et 7 rebonds en 19 minutes de jeu, profitant de l’absence du pitbull Avery Bradley en seconde période. 

Mercredi, les Celtics privés de Bradley avaient l’occasion de prendre leur revanche face aux Pacers, qui étaient sortis victorieux du premier duel de la saison la semaine précédente. Malheureusement, menés dès le début de la rencontre (23-31 après un quart-temps) et dominés en fin de match par un Paul George retrouvant peu à peu son niveau de superstar, les Celtics se sont inclinés 91-102 (boxscore ici) au terme d’une rencontre hachée, pas franchement agréable à regarder. 18 pertes de balle de chaque côté, 54 fautes au total… Bref, un match pénible, perdu un peu bêtement car on a eu le sentiment de ne pas revoir les Celtics morts de faim qu’on avait vu face à Washington ou Milwaukee. Seul point positif de ce match (ou presque) ? Les 20 points d’Evan Turner, excellent face à son ancienne équipe.

Vendredi, les Celtics avaient au programme l’un des plus gros matchs de leur début de saison en accueillant les Hawks, qui n’avaient perdu que deux rencontres en dix matchs jusque-là. 48 minutes plus tard et au bout d’une prestation à nouveau très convaincante, les Celtics se sont imposés contre toute attente face à ce cador de la conférence Est, 106-93 (boxscore ici). L’écart, comme on le voit ci-dessous, s’est fait tard dans le troisième quart-temps, grâce à une adresse insolente (66% sur les troisième et quatrième quarts-temps) alors que la première mi-temps avait été un long bras de fer.

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Une semaine après la victoire la plus probante de la saison face à Washington, les Celtics ont donc remis ça en sortant le match qu’il fallait face à un adversaire plus que solide. Derrière Isaiah Thomas (23 points, 10 passes et 5 rebonds) et Amir Johnson (19 points, 8 rebonds et 4 passes), c’est toute l’équipe qui s’est mise au diapason et a livré une performance prometteuse, malgré donc l’absence de son arrière titulaire toujours touché au mollet. De bon augure pour la suite.

Jared Sullinger, MVP de la semaine 3 : 

Pour l’ensemble de son œuvre depuis le début de saison et pour ses performances cette semaine, nous nous devions de récompenser Jared Sullinger comme MVP de cette troisième semaine de compétition. Dans les statistiques, rien de mirobolant (sauf si on lorgne du côté des statistiques avancées) mais à l’image de son début de saison, c’est extrêmement régulier. Trois double-doubles pour au final 10,7 points, 10,3 rebonds et 2,3 passes de moyenne.

Surtout, c’est l’état d’esprit dont on parle depuis le début de saison qui est chaque semaine plus impressionnant. Se battant sur tous les ballons, tous les rebonds, Sullinger est absolument irréprochable. Malgré un temps de jeu toujours réduit (26 minutes de moyenne cette semaine) au vu de la densité de la rotation intérieure, Sullinger est en effet pour l’instant dans la meilleure forme de sa carrière et livre les prestations plus efficaces que jamais depuis son arrivée dans la ligue.

Serait-on en train d’assister à la naissance du « contract year Sully » dont nous avions parlé en début de saison ? Pour l’instant, au vu de sa motivation décuplée et de son apport dans le jeu, ça y ressemble. Mais ne prêtons pas d’intentions déguisées au joueur. Tout ce qu’on espère, c’est qu’il joue la saison complète à ce niveau.

Les tops : 

– Evan Turner : la semaine dernière, nous avions laissé Turner sur un match extrêmement convaincant face aux Wizards, après un début de match poussif. Trois matchs plus tard, le Turner de l’an passé semble bel et bien de retour. Parfois inconstant comme sur le match face aux Hawks par exemple, il reste néanmoins un joueur sur lequel on peut s’appuyer. En l’absence de Smart, il lui a été demandé de tenir le ballon et de faire jouer les autres, ce qu’il a fait. Face à Indiana, il était le seul en réussite offensivement et a dû assumer ses responsabilités. Face à Atlanta, il était à 0/9 au tir. A quelques minutes de la fin du match, il a rentré ses deux premiers tirs alors que les Hawks étaient revenus tout près des hommes de Stevens. Oui, il semble bien qu’on puisse à nouveau compter sur Evan Turner, qui vient en deux semaines de livrer trois de ses six meilleurs +/- de sa carrière. Nous avons confiance en lui, visiblement son coach aussi (voir ci-dessous la décla de la semaine).

– Kelly Olynyk : depuis le début de saison, quand on parle de Kelly Olynyk, c’est rarement négatif. Cette semaine encore, l’intérieur nous a régalé. C’est simple, quand il joue libéré, avec le talent qu’il a dans les mains, c’est tout simplement génial à regarder. Mercredi face aux Pacers, il a à nouveau joué en hésitant, peu inspiré. Résultat ? 4 points à 1/5 au tir. Malgré cela, il s’est relevé et c’est probablement sa plus grande force cette année, comme l’a d’ailleurs souligné son acolyte Sullinger. Face à Atlanta, il a été excellent offensivement en inscrivant 15 points dont trois tirs derrière l’arc. Surtout, à la manière de Sully, il a désormais un apport défensif simplement par l’énergie qu’il met, comblant certaines lacunes physiques. Au final, il a stoppé Paul Millsap – excusez du peu, sur plusieurs séquences hier soir. Bravo pour ce début de saison, Kelly. Ici, on apprécie.

– R.J Hunter : lors de sa draft, on était déjà plutôt contents du choix de R.J Hunter en 28è position. Après la Summer League, on était définitivement conquis. Après cette semaine, il a presque remplacé Phil Pressey (on pense à toi Phil, on t’aime) dans nos coeurs. Utilisé par Brad Stevens en raisons des absences successives de Marcus Smart et Avery Bradley, Hunter n’a pas déçu. Préféré à James Young, on lui demandait comme à tout rookie d’entrer et de jouer juste : bons tirs ouverts, pas de pertes de balle, défense. Libéré, sûr de lui et sûr de son shoot, il a déjà apporté plus que ce qu’on était en droit d’attendre.

Le plus marquant semble bien véritablement la confiance qui ressortait de son jeu. Contrairement à James Young l’an passé qui n’a jamais semblé à sa place sur le terrain, lui semble serein et prêt à jouer à ce niveau. Bien sûr, nous ne disons pas qu’il est d’ores et déjà un joueur majeur de cette équipe, ce qui serait prématuré après trois matchs. Toutefois, à terme, il se pourrait bien qu’il gagne des minutes grâce à son apport dans le tir extérieur (réel besoin de cette équipe, voir plus bas)  comme Luigi Datome avait pu le faire l’an passé (on pense aussi à toi Gigi, on t’aime).

– Amir Johnson : depuis le début de saison, Amir Johnson a été intéressant, utile dans le collectif mais n’avait pas encore réalisé de match référence aussi bien défensivement qu’offensivement (il avait marqué 15 points, mais c’était contre les Sixers en ouverture de la saison). Vendredi soir face à Atlanta, il a tout simplement été énorme, comme en témoigne sa ligne statistique : 19 points – 8 rebonds – 4 passes – 3 contres – 3 interceptions en 36 minutes passées sur le parquet, lui qui n’avait passé au maximum que 28 minutes sur le terrain jusqu’ici. Modèle du genre dans l’intensité qu’il met dans une rencontre, Johnson est un élément précieux comme le montrent les highlights ci-dessous.

Toujours prêt à plonger sur un ballon, c’est ce Johnson là que Danny Ainge définissait comme un « winning player ».


– La défense : la semaine dernière avait déjà été encourageante sur ce plan là, celle-ci l’est encore plus et place Boston dans le top de la ligue. Avec respectivement 83 (!), 102 et 93 points encaissés, les Celtics sont désormais à la huitième position de la ligue en termes de points encaissés (97,4 en moyenne). Si on s’aventure un peu dans les stats avancées, les hommes de Brad Stevens sont même à la quatrième position de la ligue en terme de defensive rating – nombre de points encaissés sur 100 possessions. Au vu du rythme de jeu que cherche à imposer Stevens, c’est remarquable. Enfin, avec 19,8 pertes de balles provoquées, ils sont tout simplement premiers de la ligue.

En bref, les Celtics ont retrouvé leur défense qui en fait une des meilleures de la ligue. A noter que cette semaine, il leur manquait soit Bradley soit Smart, les deux piliers de cette armada défensive. On a hâte que les deux évoluent à nouveau ensemble et contribuent à limiter des adversaires à 83 points comme l’ont été les Bucks en début de semaine. Ce n’est certes pas toujours beau de gagner par la défense mais tant que ça mène à des victoires, on ne va pas se plaindre.

Les flops : 

– Isaiah Thomas titulaire : titulaire, Thomas n’a tout simplement pas les épaules pour être le chef d’orchestre de cette équipe. Pire encore : sa partition, parfois digne de celle d’un virtuose, c’est en soliste qu’il la joue. Sa capacité à se transformer en véritable feu follet, celle qui le rend si intéressant en sortie de banc, le dessert en tant que starter puisqu’il semble jouer à contre-temps et forcer de nombreux tirs (18/51 sur ces trois derniers matchs). Si Stevens indiquait n’avoir « rien appris de plus » sur Thomas après l’avoir titularisé, Crowder lui ne manquait pas de souligner que l’équipe mettait « beaucoup plus » de systèmes en place avec Smart à la mène qu’avec le lutin vert. Thomas aura au moins eu la présence d’esprit de revoir sa copie lors du dernier match contre les Pacers en délivrant dix passes décisives, et en inscrivant deux gros tirs dans les corners pour soulager l’équipe.

– La sélection de tirs de Marcus Smart : nous savons que Smart a subi une blessure et a manqué quelques rencontres. Néanmoins, ce qu’on a pu voir face aux Pacers et face aux Hawks ne nous a pas franchement plu. Il semblait chercher sa confiance, mais certainement pas de la bonne manière. 3/16 au tir dont 1/9 à trois points et des tirs franchement compliqués, parfois en transition (alors qu’il y avait mieux à faire) ou avec un défenseur sur le dos… On peut comprendre qu’il veuille se remettre dans le bain après avoir été absent quelques temps, mais cette manière là n’était clairement pas la bonne.

Heureusement, on peut toujours compter sur la défense du sophomore, qui a tout simplement éteint Kyle Korver vendredi, l’arrière des Hawks n’ayant fait ses stats que lorsque Smart était sur le banc. Ne fixez votre regard que sur Smart dans la vidéo ci-dessous. Attention, cela ressemble à du harcèlement.

 

– L’abus de tirs longue distance : avec près de 28 tirs à trois points pris par match, les Celtics sont la quatrième équipe de la ligue en terme de tentatives. Pour ce qui est de la réussite, c’est bien différent. En moyenne, les Celtics ne rentrent que huit tirs derrière l’arc par match, soit une réussite de 29% les plaçant à la 26è position de la ligue. L’an passé, les Celtics n’en prenaient « que » 24,6, ce qui correspondait à la moyenne haute de la ligue avec une réussite quelque peu supérieure (32,7%).

Avec une réussite aussi médiocre dans cet exercice cette saison, il serait intéressant d’essayer de trouver plus d’alternatives, éviter les trois points en première intention en transition (ce dont Isaiah Thomas est le spécialiste) et cela passera par du jeu à l’intérieur. Heureusement pour cela, David Lee semble de retour.

Quelques observations : 

– A-t-on retrouvé David Lee ? Nous avions été obligé d’inclure David Lee dans les flops de la semaine dernière au vu de son piètre début de saison. Cette semaine, il le dit lui-même, il semble avoir retrouvé la forme et son toucher. Il dit être moins fatigué et cela se ressent sur le terrain : 13 points à 5/7 face aux Bucks en début de semaine puis 13 points à 4/5 face aux Pacers mercredi, le tout sur un temps de jeu réduit. De l’efficacité signée David Lee, pourvu qu’il ait définitivement retrouvé la forme.

Tyler Zeller, le retour : Stevens l’a dit et répété, les rotations pourront changer tout au long de la saison, et la concurrence sera féroce à tous les postes. En début de saison c’est ce bon vieux Tyler qui en a fait les frais, après deux matchs très moyens il avait presque disparu de la rotation (deux DNPs, une entrée dans le garbage time face aux Wizards). On peut imaginer que le coach des Celtics agit ainsi pour piquer le joueur dans son orgueil avant de lui redonner progressivement sa chance, et visiblement ça marche. Face aux Hawks, il est rentré dès le second quart-temps pour six minutes de jeu, 5 points à 100% au tir, 2 rebonds et un joli and-one. Ce n’est pas encore le temps de jeu auquel il aspire sûrement, mais c’est la preuve qu’il n’est pas définitivement enterré, et qu’il aura la chance de faire valoir ses qualités pour retrouver sa place dans la rotation.

Stevens a d’ailleurs une explication toute trouvée pour justifier le rôle fluctuant du valeureux big man : « Nous n’avions pas beaucoup de réussite, donc il me semblait important d’aligner des intérieurs dangereux de loin, afin que les intérieurs adverses quittent aussi la raquette. Ça fait forcément faire des choix. » Après plusieurs DNPs, et malgré un temps de jeu des plus limités, Zeller a en tout cas eu une réaction qui devra servir d’exemple à ses concurrents postes 4 et 5. Comme le dit Sullinger à son sujet : « Ce n’est pas évident de passer de titulaire à collé au banc et d’être appelé au pied levé comme vendredi soir. Je lui tire mon chapeau, car il était prêt comme tout bon joueur professionnel se doit de l’être. »

– Jae Crowder va bien, merci pour lui. 13 interceptions en trois matchs cette semaine, lui permettant de conserver très largement sa place de meilleur intercepteur de la ligue. Avec 3,5 interceptions par match, il devance d’une interception complète Kyle Lowry et Stephen Curry, qui pointent en seconde position avec 2,5 steals par rencontre.

L’action de la semaine : 

En début de saison, Jae Crowder avait déjà inscrit un tir incroyable (qui n’avait pas compté) d’un bout du terrain à l’autre. Evan Turner, toujours le premier à relever des défis, a voulu le concurrencer et l’a fait avec réussite cette semaine face aux Bucks :

La décla de la semaine : 

« Vous voyez à quel point je suis bête ? Je ne savais même pas qu’il était à 0/9 et je m’en fous. Dans le quatrième quart-temps, j’ai confiance en ce gars. »

Vendredi soir contre Atlanta, Evan Turner a passé un début de match compliqué, jusqu’à deux tirs ultra importants qui ont aidé à faire gagner son équipe. Visiblement, Stevens a beaucoup d’estime pour Turner et le fait ressentir dans chacune de ses déclarations à propos de son joueur.

Article rédigé par Hugo Geindre, Baptiste Godreau et Léo Hurlin

2 Comments

  1. Rondodou

    16 novembre 2015 at 1 h 03 min

    #FrèresDeCoupe

  2. @CroustyBap

    16 novembre 2015 at 8 h 09 min

    Merci les gars pour le résumé. Ca fait effectivement du bien ces temps ci.
    Concernant RJ Hunter, je lui aurait également mis un petit bonus sur sa défense contre les Bucks. il a vraiment apporté de ce côté là aussi.

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