Semaine 4 : les Celtics au presque parfait (7-5)

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Pour la quatrième semaine de compétition, les Celtics abordaient la semaine la plus chargée de leur début de saison. Au programme, un premier voyage à l’Ouest pour y aller affronter respectivement le Thunder puis les Rockets, avant d’accueillir les Mavs puis les Nets. Programme chargé que nous allons évoquer longuement ce dimanche. Bonne lecture.

Bilan comptable de la semaine : 

Lundi soir, c’est donc à OKC que les Celtics avaient rendez-vous pour leur premier voyage à l’Ouest cette saison. Même privés de Kevin Durant, c’est sans conteste une tête de série de l’Ouest qui accueille les hommes de Brad Stevens avec Russell Westbrook en figure de proue. Les Celtics, de leur côté, peuvent compter sur le retour d’Avery Bradley, qui sortira du banc pour son retour dans le groupe. Après 24 premières minutes plutôt fades, durant lesquelles les Celtics semblent un peu dépassés, le score est de 52-45 en faveur des locaux. Seul Marcus Smart côté Celte semble prêt à sonner la révolte avant de rentrer aux vestiaires.

Ce passage au vestiaire, d’ailleurs, semble avoir donné un sacré coup de fouet aux Celtics. 24 minutes de jeu plus tard, le Thunder, qui est l’une des toutes meilleures attaques de la ligue, est resté scotché à 85 points (11 points dans le dernier quart) en ayant tiré à 26% en seconde période. Leur meneur, candidat au titre de MVP, finit la rencontre à 5/20 au tir et quatre pertes de balles, dominé par un jeune meneur de 21 ans nommé Marcus Smart, auteur lui de 26 points – nouveau record en carrière – à 9/14 au tir. Un match de superstar pour le sophomore qui a guidé son équipe vers la victoire la plus impressionnante de ce début de saison, score final 100-85 (boxscore ici).

Pas le temps de profiter pour les Celtics qui, dès le lendemain, se rendent à Houston pour y affronter un autre candidat au MVP en la personne de James Harden. Là encore la mise en route fut longue et les Celtics, visiblement fatigués, sont amorphes durant une grande partie de la première mi-temps, comptant jusqu’à 15 longueurs de retard. Grâce à un run en fin de première période, ils parviennent miraculeusement ou presque à rentrer au vestiaire à égalité, 55-55.

La suite du match est une démonstration défensive de la part des Celtics. Grâce à un 32-13 dans le troisième quart-temps, ils prendront jusqu’à 29 points d’avance avant que les Rockets ne reviennent à une quinzaine de points dans le garbage time. Une nouvelle fois, grâce à une performance défensive énorme (James Harden maintenu à 16 points), les Celtics se sont permis une fin de match tranquille et se sont payés le luxe d’aller remporter deux matchs en back-to-back à l’Ouest. Aller gagner 111-95 (boxscore ici) à Houston, malgré la méforme actuelle des Rockets (leur coach Kevin McHale a en effet été limogé deux jours plus tard), c’est toujours ça de pris.

Les highlights de la performance défensive des Celtics face aux Rockets :

Mercredi soir, les Celtics disputaient déjà leur troisième rencontre de la semaine et étaient de retour au TD Garden, toujours pour y affronter une équipe de l’Ouest : les Mavs de l’ancien Celtic Dwight Powell (qui n’a pas eu le droit à une vidéo hommage sur le grand écran, étonnamment). On ne passera pas par quatre chemins : c’est la défaite la plus dure à encaisser depuis le début de saison, notamment parce qu’on trouve que les Celtics ont été très très très (très très…) durement arbitrés, et pourtant, vous devez savoir qu’on parle très rarement d’arbitrage.

Après un premier quart-temps étincelant conclu sur le score de 31 à 16, de nombreux coups de sifflets dans le deuxième quart puis sur le restant du match ont aidé à garder les Mavs à distance raisonnable. Rageant car les Celtics semblaient au-dessus de cette équipe. Au final, une défaite 102-106 (boxscore ici) très très amère qui stoppe la série en cours. N’enlevons pas tout le mérite aux Mavs, et principalement à l’éternel Dirk Nowitzki, car ils ont su rester dans le match malgré 18 points de retard dans le second quart-temps. Ne jamais laisser une équipe de vétérans comme les Mavs à portée de tir dans une fin de match, voilà une leçon à tirer de ce match.

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L’évolution du score face aux Mavs, définition d’un hold-up ?

Vendredi, les Celtics accueillaient les Nets. Pour se remettre de la déconvenue face aux Mavs, enterrer cette équipe de Brooklyn et prendre soin du futur pick de draft, les Celtics se devaient de s’imposer. Appliqués, concentrés et sérieux, cette mission fut une pleine réussite. Ayant pris plus de 20 points d’avance dans un second quart-temps légèrement surréaliste – 43 points marqués à 18/21 aux tirs -, les Celtics ne lâcheront plus jamais le match. Les hommes de Brad Stevens en auraient-ils fini avec le fait de se mettre au niveau des équipes les plus faibles de la ligue ? Ce match semble en être l’exemple parfait. Score final, 120-95 (boxscore ici) après une deuxième mi-temps complète de garbage time. On profite, c’était rare l’an passé, même face à de très faibles équipes. Le point négatif ? La blessure (à nouveau) de Marcus Smart, touché à la jambe gauche, qui le mettra sur la touche pour le road trip à Brooklyn et Atlanta.

Avery Bradley, MVP de la semaine 4 :

Quatrième semaine et quatrième MVP différent, preuve (s’il fallait encore le prouver) de la profondeur de cet effectif.

Avery Bradley revenait de blessure dimanche face à Oklahoma City, après avoir manqué deux rencontres la semaine précédente. Pas encore à 100%, Brad Stevens avait décidé de le faire démarrer sur le banc et laisser la doublette IT – Smart dans le cinq de départ. Bien lui en a pris puisque dans un nouveau rôle de sixième homme de luxe, Bradley vient de livrer l’une des meilleures semaines de sa carrière des deux côtés du terrain : 18,5 points à 55% au tir (et 9/17 à trois points soit 52,9%), 3 rebonds, 2,3 passes et 2 interceptions en seulement 25 minutes de jeu en moyenne.

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Shotchart de la semaine d’Avery Bradley

Niveau productivité, on fait difficilement plus efficace et cette semaine, tout paraissait facile pour Bradley. Des shots fluides à mi-distance en sortie d’écran, des coupes ligne de fond comme au bon vieux temps, des interceptions menant à des paniers faciles, une adresse insolente à trois points… Un « clinic« . Offensivement, en sixième homme, Bradley a été une menace constante sur les défenses adverses, chose qu’il n’était pas aussi régulièrement en démarrant dans le cinq de départ. Au final, un +/- de +63 sur la semaine.

La question qui se pose désormais c’est : avec Isaiah Thomas et Marcus Smart à 100%, faut-il désormais faire de Bradley le sixième homme de cette équipe et laisser les deux précédemment cités dans le cinq de départ ? Autant la semaine dernière, nous avions mis IT dans les flops lorsqu’il était titulaire, autant cette semaine nous a fait un peu réfléchir sur son cas. En effet, son association avec Smart est très complémentaire et il était plutôt intéressant de voir les deux évoluer ensemble cette semaine, contrairement à l’association IT – Bradley.

Pour les deux prochains matchs, la situation est claire puisque Marcus Smart sera absent, mais la suite s’annonce comme étant complexe pour Brad Stevens. De notre côté, la semaine qui vient de passer tend à nous faire croire qu’Avery Bradley en sortie de banc (l’un de nous, Léo, en parle depuis quelques mois déjà) peut être un luxe dont il serait bête de se priver. Le point négatif ? IT mène le jeu et ainsi, Marcus Smart progressera moins vite dans la gestion du rythme et du ballon.

Les tops : 

– Les Celtics, top défense de la ligue : ça y est, les Celtics semblent avoir trouvé leur rythme de croisière sur le plan défensif. Fini les matchs abordés avec peu de concentration, finie cette tendance à prendre certains adversaires à la légère ou avec une approche différente des cadors de la ligue. 85 points encaissés face au Thunder (109,3 d’offensive rating et 113,3 points marqués en moyenne avant ce match), 95 face aux Rockets et aux Nets, 106 face aux Mavs. Sur la semaine, les Celtics présentent donc un defensive rating de 94,3, légèrement meilleur que leur moyenne cette saison qui est de 95 points encaissés sur 100 possessions. Avec ces chiffres, les Celtics sont tout simplement dans le top 3 des meilleures défenses de la ligue, aux côtés des Spurs et du Heat notamment.

Les chiffres défensifs des Celtics cette saison sont ahurissants. Détaillons un peu cela. Depuis le début de saison, l’adversaire des Celtics perd le ballon sur 17,4% de ses possessions, un chiffre tout simplement exceptionnel. Depuis 2000, aucune équipe n’est parvenue à dépasser 16,5%. Ensuite, les Celtics volent 11,4 ballons sur 100 possessions, emmenés par Jae Crowder et ses 2,8 ballons par match (toujours leader de la ligue). Depuis 2000, aucune équipe n’a dépassé 11 ballons interceptés par match sur 100 possessions.

Une stat plus simple ? Sur leur sept victoires, les Celtics se sont toujours imposés par au minimum 13 points !

Bien sûr, il sera dur de conserver ces chiffres sur 82 rencontres, mais c’est simplement pour vous montrer à quel point la défense des Celtics est impressionnante jusqu’à maintenant. Surtout, le nombre d’interceptions amène du jeu rapide et fait que le jeu des Celtics cette saison est franchement séduisant bien que ça soit une équipe à identité défensive.

– Jae Crowder : il est l’un des leaders défensifs de cette équipe, c’est une évidence, en témoignent les chiffres cités juste au-dessus. Cette semaine, il a également apporté offensivement en convertissant ses bonnes actions défensives de l’autre côté du parquet. Alors qu’il était en difficulté jusque-là avec son tir, il a fini cette semaine avec 14,7 points de moyenne à 58% au tir et 47% à trois points, auxquels il a ajouté 4,2 rebonds et 1,5 interceptions. Contre le Thunder, c’est lui qui a tué les espoirs adverses avec 5 points consécutifs dans le money time. Comme Bradley, on l’a vu en confiance, prenant moins de tirs en première intention et coupant au panier pour des lay-ups faciles (ou difficiles, en témoigne le panier acrobatique avec la faute ci-dessous).

Seule chose qui nous fait parfois grincer des dents, c’est sa tendance à se jeter. En effet, il doit très bien savoir qu’il est le leader de la ligue en termes d’interceptions et il a parfois tendance à trop aller chercher des ballons sur les lignes de passes, créant des brèches dans la défense. Rien de bien alarmant cependant.

– L’impact d’Amir Johnson : les Celtics n’ont toujours pas de « rim protector » à proprement parler, mais ils ont quand même récupéré un roc défensif sur lequel il est bon de s’appuyer. Sur les boxscores, les chiffres d’Amir Johnson sont rarement exceptionnels et ressortent rarement. Si l’on creuse un peu plus, c’est déjà plus parlant. Sur l’ensemble des tirs à deux points, Johnson fait baisser le pourcentage de son adversaire direct de 5,3% par rapport à la moyenne de la saison de cet adversaire. Encore plus impressionnant : plus on se rapproche du cercle et moins son vis-à-vis peut scorer puisqu’à moins de deux mètres du panier, le joueur sur qui Johnson défend a un pourcentage inférieur de -11,7% par rapport à sa moyenne de saison. Bien sûr, nous ne sommes qu’en début de saison et ces chiffres sont à relativiser, mais il est indéniable qu’avec les trois chiens de garde sur les ailes et Johnson à l’intérieur, les Celtics ont de quoi voir venir.

– Isaiah Thomas : comme nous le disions ci-dessus, IT a été associé à Smart dans le cinq de départ cette semaine et contrairement à lorsqu’il a été associé à Bradley, il a été très bon. 20 points de moyenne à 49% au tir et 36% à trois points et un peu plus de 7 passes de moyenne, voici les statistiques d’IT cette semaine. Bien sûr, il a toujours des côtés énervants quand il ne réussit pas mais continue d’entreprendre comme lors de son début de match face aux Nets durant lequel il a débuté à 0/6, mais il arrive à compenser et à faire jouer ses coéquipiers, en témoignent les cinq passes décisives qu’il avait déjà délivrées.

Cette semaine on l’a également retrouvé dans un domaine qu’il affectionne : les gros tirs pour enterrer ses adversaires. Face à Houston, il a voyagé d’un corner à l’autre pour inscrire deux tirs à trois points consécutifs et ainsi mettre à distance raisonnable les Rockets, tandis que face aux Nets il a participé activement au run du second quart-temps en commençant à rentrer ses tirs. Associé à Smart, c’est donc un très bon IT que nous avons pu apercevoir cette semaine, en espérant que la blessure de Smart ne le fasse pas retomber dans ses travers en début de semaine prochaine.

Les flops :

Difficile de trouver des flops dans cette semaine alors nous n’en évoquerons qu’un, le négatif de cette semaine ne pouvant clairement pas être considéré dans cette catégorie.

– Jonas Jerebko au poste 3 : le seul flop de la semaine sera donc pour Jonas Jerebko, utilisé par Brad Stevens au poste 3 assez régulièrement mais sans que ça soit vraiment efficace et positif pour les Celtics. C’est simple, lorsque le Larry Bird suédois est aligné au poste 4, les Celtics présentent un Net Rating de +40,7 (124,1 d’offensive rating et 83,4 de defensive rating en 79 minutes). Lorsqu’il est aligné au poste 3, les chiffres sont à l’opposé de cela : -22,8 de Net rating (77,7 d’offensive rating et 100,5 de defensive rating) en 63 minutes de jeu. Les stats parlent. Défensivement, Jerebko ne peut pas tenir des postes 3 relativement vifs et offensivement, il n’utilise pas son avantage de taille pour jouer au poste bas face à des ailiers plus petits. De ce fait, les Celtics sont forcément bien moins efficaces lorsque le suédois est aligné à l’aile.

On aime beaucoup Brad Stevens, mais Jerebko en 3, non. Pas sur des temps de jeu aussi grands, surtout quand la raquette derrière est composée de Kelly Olynyk et David Lee.

Marcus Smart après son match à OKC : 4 sur 23 au tir (dont 1 sur 12 à trois points) et une présence défensive moins décisive sur les trois derniers matchs, on ne peut pas dire que la grosse prestation de Marcus contre le Thunder lui ait servi de rampe de lancement. Au sortir de leur affrontement, on se souvient que Westbrook confiait avec un peu d’aigreur que contrairement à Smart il fournissait ce genre de performances pendant 82 matchs, la suite de la semaine semble lui donner raison. Pour devenir un véritable leader au sein cette équipe, Smart doit travailler sur sa constance, notamment en ce qui concerne son point fort, la défense. On surveillera donc tout particulièrement ses prestations à son retour de blessure.

L’action de la semaine : 

On a hésité, entre cette splendide claquette et une action collective de haute volée face aux Rockets ou encore une passe de Turner pour R.J Hunter face aux Nets… Des problèmes de riche, en somme, preuve du haut niveau des Celtics cette semaine.

La décla de la semaine : 

« On veut que les équipes adverses se sentent vaincues par notre défense. »

C’est Marcus Smart qui disait cela au lendemain de la victoire face aux Rockets, alors que les Celtics venaient de mettre en échec l’attaque du Thunder puis celle de Houston. La place des Celtics en playoffs cette saison passera par une défense de fer, c’est une évidence. Pourquoi pas être la meilleure défense de la ligue ?

Nous pourrons en juger cette semaine à l’occasion de quatre nouveaux matchs : dès ce dimanche à Brooklyn (minuit), puis dans la nuit de mardi à mercredi à Atlanta (2h). Le lendemain, en back-to-back, les Celtics recevront Philadelphie (1h30) avant de conclure la semaine vendredi soir avec la réception de Wizards (1h30) sûrement revanchards après la correction reçue en début de saison. Une grosse semaine encore que les Celtics devront négocier sans Marcus Smart pour commencer, tout en sachant que la gravité de sa blessure n’a pas été explicitement communiquée donc difficile de dire s’il sera de retour pour la suite de la semaine.

Article rédigé par Baptiste Godreau

One Comment

  1. Young but Smart

    26 novembre 2015 at 17 h 05 min

    Belle analyse, quel plaisir de vous lire 🙂

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