Semaine 5 : couci-couça (9-7)

Capture d’écran 2015-11-28 à 11.03.29

Suite du calendrier chargé des Celtics cette semaine puisqu’ils avaient, comme la semaine précédente, quatre rencontres à disputer… sans Marcus Smart, touché au genou et absent pour une durée indéterminée. Bonne lecture.

Bilan comptable de la semaine :

Dimanche soir, les Celtics se rendaient à Brooklyn deux jours après leur avoir fait les honneurs du TD Garden lors d’un match facilement remporté. La victoire était attendue et presque obligatoire, pour de nombreuses raisons déjà évoquées, et pour confirmer que cette saison les joueurs de Brad Stevens savent garder concentration et motivation face aux équipes affichant des bilans peu reluisants. Mais cela serait trop simple n’est-ce pas ? 

Boston attaque timidement la rencontre, faisant globalement jeu égal avec les Nets durant le premier quart-temps, avant de s’effondrer complétement dans le deuxième, comptant jusqu’à vingt points de retard. Les Celtics tenteront bien un comeback à cheval sur la fin du troisième quart-temps et le début du quatrième, sous l’impulsion d’Avery Bradley et d’Isaiah Thomas (27 points chacun) mais ils se révèlent finalement bien trop dominés à l’intérieur des deux côtés du terrain pour revenir. 48 points dans la peinture pour les Nets contre 32 pour Boston, 49 rebonds contre 35 et Boston s’incline finalement 101 – 111 (boxscore ici).

Deux jours plus tard, les Celtics ont l’occasion de plaider la thèse de l’accident de parcours, à la Phillips Arena, chez les Hawks. Malheureusement, elle ne tiendra que quelques minutes avant que la vérité ne s’impose implacablement et fasse ressortir les grosses difficultés actuelles de l’équipe. Atlanta domine les trois premiers quart-temps sans trop forcer, profitant du manque d’implication défensive de Boston, qui arrive tout de même à rester au contact grâce à un Bradley toujours aussi adroit, mais également à de très bonnes séquences de R.J Hunter, des deux côtés du terrain. Un petit coup d’accélérateur au milieu du quatrième quart temps suffira aux Hawks pour l’emporter très facilement 121 – 97 (boxscore ici). Le score final est sans doute un peu dur pour les joueurs de Brad Stevens, le match ayant été de meilleure facture que le précédent, mais ça n’empêchera pas celui-ci de se mettre dans une colère noire, lui-même avouant n’avoir jamais été aussi énervé depuis ses débuts au sein de la franchise.

Cette défaite est la preuve, s’il en fallait une, que les Celtics ne sauraient se permettre de baisser leur intensité défensive, véritable baromètre de leur jeu, surtout face à une équipe aussi en place qu’Atlanta. Si on peut en partie expliquer ce manque par l’absence de Marcus Smart, cela ne peut servir d’excuse, Boston s’étant fait surtout et encore dominer de la tête et des épaules à l’intérieur, en témoigne la copie très moyenne d’Amir Johnson et Jared Sullinger, avec 11 points et 12 rebonds à eux deux.

Pas le temps de ruminer la défaite puisque les Sixers de Phil Pressey débarquent à Boston le lendemain, pour la seconde fois de la saison. Philadelphie, qui présente alors un bilan de 0 victoires pour 15 défaites, semble l’adversaire idéal pour se relancer, mais pourrait également représenter un piège dans lequel il serait très mal vu de tomber. Les Celtics semblent l’avoir bien compris et prennent le match par le bon bout, glanant rapidement une avance de 10 points. Ouf, on respire dans les chaumières, Boston se dirige vers une victoire aussi tranquille que rassurante… touchante naïveté. Même contre la pire équipe de la ligue, si les Celtics ne défendent pas, ils ne peuvent pas s’en sortir. C’est ainsi qu’après deux quart-temps bouclés avec seulement un ballon volé, les joueurs de Brad Stevens se retrouvent menés de 7 points, en ayant inscrit uniquement 40 petits points, dont 14 dans le deuxième quart temps. Pas de ballons volés, pas de paniers faciles en transition, le constat est d’autant plus dur que l’adresse d’Avery Bradley est, logiquement, quelque peu retombée (3 sur 10 à la mi temps).

Au retour des vestiaires, les Celtics ne montrent pas franchement de signes d’amélioration, et l’écart se maintient globalement tout au long du 3ème quart-temps, allant jusqu’à augmenter et dépasser les 10 points au milieu du quatrième. Puis, sans que l’on sache vraiment si cela tient plus d’une révolte de Boston que de la fébrilité de Philadelphie, Boston revient dans le match, notamment par l’intermédiaire de plusieurs ballons volés (il n’y a pas de secrets). Deux trois points décisifs de Jae Crowder, qui égaie de ce fait une partie autrement bien peu reluisante, permettent aux Celtics de reprendre les commandes. Une dernière perte de balle évitable donne l’occasion à Phil Pressey d’égaliser à 82 partout, mais dans sa grande mansuétude il décide de rater le tir. Le match se termine donc sur deux lancers francs d’Isaiah Thomas, qui porte son total de points à 30 et le score à 84 – 80 (boxscore ici) en faveur de Boston. Ouf.

C’est donc avec une sérénité toute relative que les Celtics accueillent les Wizards deux jours plus tard. Pour se rassurer on peut se rappeler que, comme ceux de Philadelphie, les joueurs de Whasington sont déjà venus au TD Garden, et qu’ils en étaient repartis avec 20 points dans la valise il y a moins d’un mois. Visiblement, les acteurs de la rencontre s’en souviennent également, et décident de remettre ça. Les Celtics attaquent ce match pied au plancher, tandis qu’en face Bradley Beal essaie de faire illusion à lui tout seul, mais ça ne prend pas et l’écart se creuse très vite, +17 au bout de 8 minutes. La suite du match sera du même acabit, sous l’impulsion d’une défense agressive retrouvée (11 ballons volés, 22 turnovers provoqués). Boston ne laissera jamais son adversaire revenir dans le match, et ne cessera de creuser l’écart jusqu’à s’imposer par 33 points, 111 – 78 (boxscore ici). 

On soulignera la grosse performance de Sullinger, 18 points (8 sur 12 au tir), 15 rebonds, qui affichait déjà un impressionnant 11 points, 12 rebonds à la fin du 2ème quart-temps. Avec Thomas, Bradley et Crowder à, respectivement, 21, 16 et 17 points, c’est pour une fois le cinq titulaire de Boston qui a vraiment fait la différence dans ce match. Ils ont en effet inscrit 78 points contre 36 pour les titulaires de Washington. 

Avery Bradley, MVP de la semaine 5 :

Deuxième titre de MVP de la semaine de suite pour Bradley, qui devient donc le joueur le plus titré de l’effectif dans cette catégorie, et c’est amplement mérité. Alors qu’il avait sorti de grosses performances dans un rôle de sixième homme la semaine passé, il a tout autant brillé en tant que titulaire. Avery joue sans doute le meilleur basket de sa carrière, lui qui avait dit durant l’été beaucoup travailler sur son tir pour devenir un des meilleurs de la ligue dans ce domaine, et affiche d’excellents pourcentages, 45,9% dont 42,3% à trois points. En ce qui concerne cette semaine, malgré un match difficile contre Philadelphie, il a inscrit 19,5 points de moyenne à 45,3% au tir dont 44,1% derrière l’arc, tout en prenant 16 tirs de moyenne par match. 

Tous ces efforts offensifs ne lui permettent peut-être pas de mettre autant d’énergie en défense qu’il a pu le faire par le passé, mais cela ne l’a pas empêché de voler 2,5 ballons par match. N’oublions pas non plus que l’absence de Marcus Smart ne l’aide pas dans ce secteur, et que cela l’oblige à défendre systématiquement sur le meilleur arrière adverse. 

Il est clair que Bradley a décidé de se poser en leader au sein de cette équipe, il prend ses responsabilités et les assume parfaitement. On ne peut qu’applaudir à deux mains, surtout s’il continue en plus de nous gratifier d’actions spectaculaires comme celle ci.

Ci-dessous, sa performance face aux Nets, où il a été l’un des seuls joueurs au niveau, et durant lequel il a inscrit sept tirs à trois points, record en carrière :

Les tops :

– Isaiah Thomas : Bon an, mal an, Thomas continue son petit bonhomme de chemin. La semaine dernière on émettait nos réserves quant à son rôle de titulaire, rôle qu’il a conservé à la faveur de la blessure de Smart. Sans se déclarer complètement convaincus, il faut bien reconnaître que le meneur de poche apporte ce qu’on lui demande en priorité, des points avec 23 de moyenne cette semaine.

Comme toute l’équipe, il a commencé avec deux matchs en demi teinte, mais toujours avec une production honorable au scoring. Il a ensuite sorti une grosse performance, plus que bienvenue, contre Philadelphie et conclu par un match propre contre les Wizards. Il est intéressant de noter que Brad Stevens l’a parfois sorti assez tôt pour le faire jouer ensuite avec les remplaçants, et qu’il a brillé lors de ces occasions. 

– Jared Sullinger : Comme son coéquipier évoqué ci dessus, Jared Sullinger n’a pas eu une semaine parfaite, et aura notamment sombré contre Atlanta. Mais il la conclut sur un double-double de moyenne à 10,8 points et 11,3 rebonds, et par un très gros match contre Washington. C’est surtout au rebond que Sully est impressionnant en ce moment, puisque lorsqu’il est sur le terrain, 20,7% des rebonds finissent dans ses mains, ce qui en fait le sixième meilleur joueur de la ligue dans cette catégorie. Temps de jeu limité mais apport définitivement énorme de Sullinger cette saison. 

Les blagues d’Evan Turner : Cette semaine, Evan Turner sur le parquet c’est 37,2% dont 0% à 3 points (sur 9 tentatives), mais Evan Turner dans les coulisses, c’est ficelle à chaque fois, petit florilège. 

Selon lui, alors que Brad Stevens laissait éclater sa colère dans les vestiaires après le match perdu contre Atlanta, Turner se tenait à ses côtés, l’air de dire « Vous avez vraiment merdé les gars. Vous devez faire des efforts parce que Brad et moi on ne va pas accepter ce genre de conneries. »

Toujours à propos de cet épisode, Evan avoue que, oui, Brad Stevens utilise des gros mots, et ajoute : « Je pense que ses parents l’ont autorisé à le faire à partir de 35ans. » 

Enfin, il raconte son action décisive pour le tir de Crowder contre Philadelphie (voir l’action de la semaine) : « J’étais en train de dribbler, et je me disais ‘mince, je suis à 5 mètres, je vais mettre un terme à tout ça.’ puis j’ai pensé à Michael Jordan donnant la balle à Steve Kerr. Et je me suis dit, ‘Eh bien, ajoutons cela à ma légende. Je vais faire la passe pour une fois.’ Et je l’ai fait. C’était vraiment incroyable. Quelle ingéniosité. »

Quand il ne peut pas être génial en coulisses, il tente de l’être sur le terrain… mais malheureusement, ça ne marche pas toujours. On lui pardonnera volontiers.

 

Les flops :

– La défense : Abordons le sujet qui fâche. Boston a commencé la semaine en encaissant successivement 111 points par Brooklyn et 121 par Atlanta, alors qu’ils concédaient en moyenne 96,7 points avant cette semaine. Si les deux matchs suivants, contre une équipe de Philadelphie qui n’a rien d’un monstre offensivement et des Wizards qui semblaient avoir plus ou moins démissionné sur le match, ont permis de redresser la barre sur le plan statistique, le constat n’est pas reluisant.

On l’a dit et répété, mais cela s’impose comme une évidence telle qu’on va en remettre une couche : la première et principale qualité des Celtics, celle qui leur fera gagner des matchs, c’est la défense. Boston n’est pas une équipe adroite, elle n’a pas de superstar capable de faire la différence à elle toute seule quand le besoin s’en fait sentir, ce qui peut lui permettre de faire la différence, c’est la défense. La défaite contre Atlanta est très révélatrice à ce niveau. Les Celtics ne font pas un match si catastrophique que ça, ils sont plutôt adroits (42,9% à trois points par exemple), ne font pas plus de turnovers que d’habitude, obtiennent des lancers francs… mais ils ne défendent pas avec l’énergie requise, et ne mettent donc absolument pas en difficulté des Hawks qui ont pu dérouler tranquillement, réussissant 56,3% de leurs tirs. Inquiétant.

– L’attaque intérieure : Parmi les cinq meilleurs marqueurs de Boston cette semaine, le seul intérieur est Jared Sullinger. En sixième position on trouve Kelly Olynyk avec 6,3 points, mais 4,5 de ces points sont inscrits derrière l’arc. Amir Johnson, de son côté, est à 4,5 points en 20,7 minutes jouées. Seulement 34,1% des points inscrits par les Celtics l’ont été dans la peinture cette semaine. Ce constat peut être nuancé par le fait que certaines des meilleures équipes de la ligue (Pacers, Bulls, Warriors) présentent le plus faible taux de points inscrit dans la peinture, mais l’adresse très aléatoire des Celtics devraient les encourager à se rapprocher plus souvent du panier. On aimerait notamment qu’Olynyk fasse preuve de plus d’agressivité vers le cercle et qu’Amir Johnson soit plus actif sur le pick and roll. Toutefois, aux rayons des satisfactions on peut noter l’activité de David Lee, qui de son côté n’hésite pas du tout à aller travailler au poste lors des ses passages sur le terrain et le fait avec beaucoup plus d’efficacité qu’au début de la saison.

Quelques observations :

– La difficile période du Swedish Larry Bird : Jonas Jerebko a eu une semaine très compliqué offensivement ( 2 sur 19 au tir), à tel point que cela n’aurait surpris personne de le voir dans les flops. On n’a cependant décidé de ne rien en faire, en partie parce qu’on a confiance en lui pour retrouver son adresse, qui avait fait des merveilles la saison dernière, mais surtout parce qu’il serait extrêmement réducteur de le juger uniquement sur ses tirs. Comme le dit Brad Stevens : « Ce qui compte le plus ce ne sont pas ses tirs, c’est l’intensité qu’il apporte ». Son sens du rebond, sa capacité à switcher en défense en font un joueur très précieux, notamment dans les systèmes de Stevens. Ce dernier lui maintient d’ailleurs sa confiance en le faisant jouer 16,3 minutes par match.

L’action de la semaine :

Le match contre les Sixers ne fut pas vraiment un régal, mais sur ce trois points décisif de Crowder, magnifiquement servi par Michael Turner (ou Evan Jordan), on doit bien avouer avoir ressenti un petit sentiment d’exultation, sans doute dû en partie au soulagement.

La décla de la semaine :

« Je vais vous dire un truc : une équipe qui défend comme des passoires, ce n’est pas une équipe. »

Brad Stevens n’était pas vraiment content après la défaite contre Atlanta et il l’a fait savoir. Lui qui est habituellement si positif n’a, ce coup-ci, pas mâché ses mots. On ne sait pas exactement quel impact cela a eu sur les joueurs, mais nous, ça nous a fait du bien.

Article rédigé par Hugo Geindre

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *