Semaine 11 : les Celtics touchent le fond (19-17)

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La semaine dernière, nous avions laissé les Celtics sur deux prestations incompréhensibles, soldées par des défaites honteuses face à deux des pires équipes de la ligue, les Lakers et les Nets. Au programme de cette onzième semaine de compétition, trois matchs pour se ressaisir après deux contre-performances indignes d’une équipe playoffable. Voyons ce que cela a donné.

Bilan comptable de la semaine :

Pour commencer, les Celtics se déplaçaient lundi soir à… Brooklyn, qu’ils jouaient pour la quatrième (et dernière) fois de la saison déjà. Une réaction était clairement attendue, puisqu’un enchaînement de défaites au profit des Lakers, Nets et encore Nets ne serait pas des plus judicieux. Pour tenter d’éviter cela, les Celtics ne pourront malheureusement pas compter sur Avery Bradley, touché depuis le match précédent et qui manquera également les deux autres rencontres de la semaine.

Heureusement, on a vu lundi soir la réaction que l’on attendait de la part des Celtics. Dès le premier quart-temps, ils semblent bien plus entreprenants et déterminés que lors des deux dernières rencontres. Emmenés par un Jae Crowder toujours aussi impressionnant (14 points dans le premier quart, pour un total de 25 qui constitue désormais son record de points en carrière), les Celtics vont mettre la main sur le match dès le premier quart-temps, remporté 37-22.

La suite de la rencontre est moins convaincante de la part des Celtics qui se contentent de maintenir l’écart (tout en se faisant peur par moments, sinon ça perd de son charme), bien guidés par Evan Turner qui profite de sa place de titulaire en l’absence de Bradley, mais également Marcus Smart, qui revient très bien dernièrement et se montre déjà essentiel à cette équipe. Au final, une victoire 103-94 (boxscore ici) plutôt tranquille et convaincante, mais qui reste une victoire face à une équipe infiniment plus faible.

Mercredi soir, les Celtics retrouvaient le TD Garden pour le désormais habituel affrontement face aux Pistons, le troisième du nom en trois semaines. Le début du match (et les 40 premières minutes, à vrai dire) est très positif pour les Celtics. Les titulaires, et particulièrement Evan Turner et Jae Crowder lancent parfaitement l’équipe en première mi-temps, et survivront à un run adverse juste avant la mi-temps. Ils reviendront même du vestiaire avec une intensité supérieure et prendront jusqu’à 13 points d’avance sur des Pistons apathiques dans le troisième quart, qui réalisent blooper sur blooper.

Des Pistons apathiques… mais que les Celtics n’arriveront jamais à enterrer définitivement, la faute notamment à un cruel manque d’adresse de la part de Smart et Isaiah Thomas. Ce dernier règlera enfin la mire dans les dernières minutes avec 15 points consécutifs, mais c’est déjà trop tard. En ayant laissé les Pistons survivre dans le match, les Celtics se sont tirés une balle dans le pied. Les Pistons sont revenus et sont passés devant à quatre minutes du terme pour ne plus jamais laisser filer la victoire. Des lancers ratés de la part des Celtics scelleront l’issue du match, aussi cruelle soit-elle pour l’équipe qui s’incline 94-99 (boxscore ici) après avoir mené pendant 90% de la rencontre. Clairement l’une des plus douloureuses défaites de la saison.

Le hold-up parfait des Pistons...

Le hold-up parfait des Pistons…

Back-to-back pour les Celtics, en déplacement le lendemain à Chicago pour le début d’un road-trip de trois rencontres qui les emmènera ensuite à Memphis puis à New-York, au Madison Square Garden. L’objectif du soir ? Retrouver un fond de jeu disparu depuis quelques matchs, et éviter une quatrième défaite en cinq rencontres. Un objectif difficile à atteindre face à une équipe des Bulls très en forme, restant sur cinq victoires consécutives, d’autant plus que Brad Stevens n’est pas sur le banc, rentré dans l’Indiana au chevet d’un de ses anciens joueurs de Butler se battant contre le cancer à l’âge de 25 ans.

C’est donc à Jay Larranaga, habituel coach de Summer League des Celtics que va revenir la laborieuse tâche de redonner vie à cette équipe. Dans le premier quart-temps, les Celtics répondent à nouveau présent, emmenés par Kelly Olynyk (10 points dans le premier quart, 16 au total) et Jae Crowder. Malheureusement, la suite ressemble à ce qu’on a vu la veille face à Detroit et plus généralement, à la production actuelle des Celtics : pertes de balle, mauvaise sélection de tirs, rebonds offensifs laissés à l’adversaire, adresse en perdition… et cela fait qu’après avoir eu 10 points d’avance dans le second quart-temps, les Celtics sont menés 47-48 à la pause.

Le troisième quart-temps n’est qu’une parodie de basket de la part des Celtics, incapables de mettre le ballon dans le panier. Ils ne commettront aucune perte de balle, ce qui est une bonne chose, mais ils finiront le quart-temps avec un affreux 7 sur 32 aux tirs (0 sur 6 derrière l’arc) soit 21,9% de réussite. Avec seulement 16 points inscrits, les Celtics prendront un retard qu’ils ne rattraperont jamais et s’inclineront 92-101 (boxscore ici) pour une quatrième défaite en cinq matchs, les reléguant à la neuvième place dans la conférence Est.

Jae Crowder, MVP de la semaine 11 : 

Les semaines se poursuivent et certaines choses ne changent pas, malgré la baisse de régime des Celtics. Pour la sixième fois de la saison et pour la quatrième fois sur les cinq dernières semaines, Jae Crowder a été le meilleur joueur Celte sur les sept derniers jours.

En l’absence d’Avery Bradley, il a su prendre encore plus de responsabilités au scoring et dans son agressivité au cercle (13,3 tirs par match cette semaine contre 10,6 sur l’ensemble de la saison ; 6,3 lancers-francs par match cette semaine contre 3,5 sur l’ensemble de la saison) pour une réussite plus que solide de 47,5% dont 35,7% à trois points. En moyenne, il a inscrit 19,3 points sur ces rencontres face aux Nets, Pistons et Bulls, auxquels il a ajouté 4,7 rebonds et 2,7 interceptions… pour seulement 0,7 pertes de balle en 36,7 minutes passées sur le parquet. En bonus, il a posté son record en carrière avec 25 points face aux Nets.

Avec une telle présence offensive, on aurait pu légitimement croire qu’il laisserait son rôle de lockdown defender de côté durant l’absence de Bradley. Que nenni. Son adversaire direct a pris 35 tirs sur les trois matchs de cette semaine… pour 22,9% de réussite. Circulez, il n’y a aucune faille à exploiter.

C’est simple, Jae Crowder est phénoménal – par rapport à l’apport et au rôle qui était attendu de sa part, entendons-nous bien. Comme je le disais sur mon compte Twitter personnel lors du match face aux Bulls, c’est chaque soir plus impressionnant. Aujourd’hui, Crowder est l’élément essentiel de cette équipe autour de qui la majeure partie du jeu tourne, aussi bien offensivement que défensivement. Il a atteint un niveau qu’on le pensait incapable de titiller un jour et il impressionne chaque match un peu plus, même dans les moments difficiles.

Les tops : 

Une rotation resserrée : au-delà des performances de Jae Crowder, une autre chose nous a plu cette semaine au milieu de cette médiocrité ambiante. Enfin, Brad Stevens (et Jay Larranaga dans la continuité) a décidé de raccourcir sa rotation. Ainsi, il a décidé que chaque soir, la rotation serait constituée de neuf joueurs, avec un dixième en bonus (qui peut être soit Jonas Jerebko, soit James Young, soit R.J Hunter, soit Tyler Zeller). Il est donc plus facile pour les joueurs de rester dans le match et cela rend le tout moins brouillon.

Les joueurs réclamaient une rotation claire et précise (Isaiah Thomas en chef de file), voilà une première idée avec une rotation qui passe de douze à neuf joueurs. Malheureusement (ou heureusement ?), cela se fait au détriment de certains joueurs tels que David Lee, qui vient de passer trois matchs consécutifs cloué sur le banc. Pour nous, c’est plutôt une bonne chose au vu de l’apport famélique de Lee ces derniers temps, mais comment vont réagir les joueurs dans ce vestiaire si fragile récemment avec les performances actuelles ? Lee a déjà fait part de son mécontentement vis-à-vis de cette situation qu’il juge encore plus difficile à vivre qu’à Golden State (du fait que ce choix de Stevens est uniquement dû à de mauvaises performances et non à une blessure comme c’était le cas à Oakland). Si nous espérons que cela en restera au stade du simple mécontentement, nous nous permettons d’en douter. À voir comment la rotation va à nouveau évoluer avec le retour imminent d’Avery Bradley.

Quoi qu’il en soit, Ainge a clairement annoncé que depuis le training camp, chaque spot était à gagner et que rien n’avait été servi sur un plateau d’argent. Le GM fait aujourd’hui le bilan en confessant que sept ou huit joueurs seulement ont su, selon lui, s’imposer.

– L’intensité de Marcus Smart : On l’a vu, Smart a eu un peu de mal à régler la mire cette semaine pour son retour de blessure. Cependant, s’il y a un point sur lequel on ne peut rien lui reprocher, c’est son envie et sa détermination. C’est bien simple : sur les 3 derniers matchs, Marcus est le meilleur rebondeur offensif de l’équipe avec 7 prises, dont celle-ci franchement impressionnante. On mettra toutefois un petit bémol car si on apprécie de voir des actions comme ça, on aimerait aussi que le meneur fasse un peu plus attention à sa santé et c’est typiquement sur ce genre de geste légèrement inconscient qu’il peut s’éloigner tout seul des terrains.

Défensivement, il a également dès son retour retrouvé l’impact qui était le sien avant qu’il ne se blesse. Ainsi, il a maintenu son adversaire direct à 20% au tir (sur un petit échantillon toutefois, 10 tirs défendus) et a été auteur d’une véritable atteinte à la propriété privée sur le pauvre petit Sloan lors du match face aux Nets.

On ne surprendra personne en affirmant que la base du jeu de Smart est sa défense et son intensité. C’est donc une bonne chose de le voir au niveau dans ces domaines pour son retour, c’est comme ça qu’il retrouvera du rythme et de la confiance pour mettre en place son jeu offensif.

Les flops : 

Le jeu offensif : depuis 2016, l’attaque des Celtics ne ressemble absolument à rien. Ils ont disputé quatre matchs en janvier durant lesquels ils ont inscrit 96,5 points de moyenne à 39% au tir et un famélique 22,6% à trois points. Dans un passé relativement proche (la fin de saison dernière et ce début de saison), nous étions habitués à voir une équipe sans réel scoreur (excepté Isaiah Thomas) mais dont la circulation du ballon et l’alternance intérieur – extérieur permettait de tirer le meilleur. Malheureusement, ça n’est plus la cas et on a vu récemment l’attaque Celte se dégrader significativement, notamment lors des trois derniers matchs.

Sur ces trois matchs en question, Avery Bradley manquait à l’appel. On s’en doutait par avance mais son absence a cruellement pesé sur le jeu des Celtics, qui ont dû compenser son absence par la promotion d’Evan Turner dans le cinq de départ. Turner a été très satisfaisant cette semaine mais il est évident que ça n’est pas la même chose que lorsqu’Avery est sur le terrain et en capacité de démarrer. Une seule stat suffit à justifier cela : Bradley tire à 38% à trois points, tandis qu’Evan Turner n’est qu’à 16% cette saison. Il est donc évident qu’en l’absence de Bradley, l’équipe perd son spacing (les Celtics shootent à 27,2% à trois points lorsque Bradley est sur le banc), qui a essayé d’être compensé par la titularisation d’Olynyk en lieu et place de Sullinger mais c’est insuffisant.

Cette saison, les Celtics ont un offensive rating de 106,4 avec Bradley sur le terrain. Quand il n’y est pas ? 95,8 (et 96,7 lors des trois matchs de cette semaine) avec le détail pour chaque joueur ci-dessous (source : celticsblog). Le plus frappant cette semaine a été la production d’Isaiah Thomas, qui a semblé incapable de mettre un tir (possiblement gêné par une blessure au pouce) car toujours bien défendu, et pas en mesure de pénétrer efficacement puisque la raquette adverse était toujours bouchée. Avec Bradley sur le terrain, c’est plus facile car son défenseur ne peut pas venir aider sous peine de se faire sanctionner à trois points.

Les Celtics avec ou sans Bradley : deux équipes absolument différentes

Les Celtics avec ou sans Bradley : deux équipes qui n’ont rien à voir

Sans Bradley, les Celtics semblent perdus offensivement. Afin de retrouver la victoire et le beau jeu habituel des hommes de Stevens, nous n’avons simplement qu’à espérer qu’il soit de retour le plus vite possible.

Les difficultés actuelles au TD Garden : sur la fin de la saison passée, les Celtics avaient fait du TD Garden une forteresse quasi imprenable afin de se hisser jusqu’en playoffs. Cette saison, la donne semble avoir changé. Au contraire de l’an passé, les Celtics semblent plus fragiles / friables / vulnérables à domicile, tendance qui se confirme davantage récemment. Ainsi, ils présentent à l’heure actuelle un bilan négatif de neuf victoires pour dix défaites au TD Garden (contre dix victoires et sept défaites à l’extérieur), dont seulement deux victoires lors des huit derniers matchs à domicile.

De façon assez surprenante, si l’on se penche sur les statistiques des 15 derniers matchs des Celtics, voilà ce qui ressort : les Celtics encaissent 102,6 points par match au TD Garden, contre 98,2 à l’extérieur. C’est une statistique corrélative mais au TD, l’adversaire des Celtics tire à 43%, contre 40,4% quand les hommes de Brad Stevens sont en déplacement. En attaque, certaines stats sont également surprenantes, notamment le pourcentage au tir (41,6% au TD, 43% à l’extérieur) et encore pire, le pourcentage aux lancers devenu très moyen à la maison (74,8% au Garden, 81,5% hors de leurs bases). On va continuer avec les pertes de balles où les Celtics perdent 13,4 ballons en moyenne à la maison contre 11,7 à l’extérieur avant de s’arrêter là, vous devez avoir compris la tendance.

Quoiqu’il en soit, c’est inquiétant puisque pour une raison inconnue, les Celtics n’abordent pas de la même manière leurs matchs devant leur public qu’en terrain adverse. S’ils ne rectifient pas le tir, cela pourrait bien s’avérer plus que problématique, parce que c’est dans sa salle que va se chercher une qualification en playoffs dans les dernières semaines de la saison… Il serait bon de s’y mettre dès maintenant et de refaire du TD Garden une antre imprenable.

L’action de la semaine : 

Face aux Nets lundi soir, Marcus Smart a scellé la victoire des Celtics dans le quatrième quart-temps sur ce lay-up acrobatique d’une grande difficulté technique. Un vine pris d’un autre angle montre bien la difficulté de ce geste.

La décla de la semaine : 

« Je n’ai absolument rien apporté à l’équipe hier. C’est l’un de mes pires matchs en carrière, cette défaite est pour moi. »

Ce sont les paroles d’Isaiah Thomas, qui a semblé perdu toute la semaine malgré des stats en trompe-l’œil notamment face aux Pistons. Sans Bradley à ses côtés pour élargir le jeu, il n’a pesé sur aucun match et a livré des pourcentages affreux. Espérons qu’il se remette vite dans le bain avec le retour de son compère.

Au programme des jours qui arrivent, une succession de matchs cruciaux pour les Celtics qui vont aborder l’une des parties les plus chargées de leur calendrier avec pas moins de cinq matchs en six jours. Pour débuter, les Celtics poursuivent leur mini road-trip dès ce soir avec un match à Memphis à minuit. Dans la nuit de mardi à mercredi, ils se rendront à New-York pour affronter des Knicks en net regain de forme à 1h30… avant d’affronter les Pacers en back-to-back le mercredi soir au TD Garden, à 2h. Pour finir la semaine, les Celtics seront à nouveau en back-to-back vendredi et samedi, avec la réception des Suns à 1h30 vendredi soir, avant de se rendre à Washington samedi à 1h.

Cinq matchs en une semaine, c’est une première cette saison pour ces Celtics qui n’avaient pas vraiment besoin de ça au vu de leur forme actuelle. Cependant, le retour de Bradley pourrait redonner le visage qu’on connaît à cette équipe qui doit à tout prix relever la tête le plus vite possible. Pour le moment, ils présentent toujours un bilan positif de 19 victoires pour 17 défaites et sont aux portes du top 8. La méforme actuelle peut donc être qualifiée de moindre mal. Cependant, s’ils venaient à réaliser une mauvaise série lors de ces cinq matchs essentiels pour l’avenir de la saison Celte, le bilan pourrait être bien plus fâcheux.

Article rédigé par Baptiste Godreau et Hugo Geindre, relu par Léo Hurlin

2 Comments

  1. Charles_Rivers

    10 janvier 2016 at 18 h 44 min

    Je n'ai pas eu le temps de voir les matchs de cette semaine. Est-ce que Stevens a tenté d'associer I. Thomas à RJ Hunter ?

    • Willo

      10 janvier 2016 at 19 h 14 min

      Oui mais très peu, Hunter ayant au final peu joué au contraire de Turner, surtout avec le retour de Smart. C'est donc surtout avec Smart et Turner que IT a joué.
      Et puis IT étant dans une très mauvaise semaine aux shoots, l'associé avec Hunter n'est pas la meilleure des idées puisque le rookie est clairement en manque de repères.

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