Danny Ainge : « Personne parmi nous n’est satisfait »

À l’orée de la saison qui s’annonce, les attentes autour des Celtics sont légitimes, puisque peut-être plus importantes que jamais depuis l’époque où Paul Pierce et Kevin Garnett enfilaient encore la tunique de l’équipe. Mais dans une ville où 17 bannières de champion vous observent du haut du TD Garden, ces attentes sont forcément tempérées.

En ces instants, tandis que le calme des derniers jours avant l’ouverture du training camp vient d’être interrompu par le media day, subsistent une bonne et une mauvaise nouvelle.

La mauvaise, qui devrait sauter aux yeux de tous ceux qui n’auraient ne serait-ce qu’une once de lucidité, c’est tout simplement que malgré leurs progrès, les Celtics sont à des kilomètres encore d’avoir atteint leur destination finale. Finir deuxièmes au sein de la Conférence Est de la NBA tel que le prédisent les plus optimistes les laisserait toujours inévitablement dans le sillage de Cleveland.

La bonne, c’est que les Celtics en ont conscience.

Danny Ainge, président des opérations basket de la franchise, a jusque là effectué les mouvements à sa portée, mais ce n’est pas être critique que d’avancer qu’il lui reste du pain sur la planche. En l’état actuel des effectifs à l’Est, ceux qui suivent l’équipe auront le droit d’être déçus dans l’éventualité où cette dernière ne parviendrait à nouveau pas à se sortir du premier tour des playoffs… surtout si ce premier tour n’est pas contre les Cavaliers, ce qui signifierait que l’équipe aurait réalisé une bonne saison.

« J’ai le sentiment que nous – et quand je dis ‘nous’, je parle de nos joueurs – savons tous que nous devons nous améliorer, confie Ainge au Boston Herald. Nos entraîneurs travaillent sans relâche, et je sais que j’ai des choses à faire pour améliorer l’équipe. Personne parmi nous n’est satisfait ou se dit ‘Voilà, on a réussi’. Mais nous faisons tous notre possible, vous comprenez ? La seule chose que nous pouvons faire, c’est de continuer à essayer de devenir meilleurs. Donc je ne saurais pas vous dire quelles sont mes attentes. Je veux voir notre équipe jouer, je ne sais pas où nous en sommes. Je veux dire que j’ai énormément de respect pour Toronto, et je suis également à la fois curieux et anxieux de voir New York et Chicago, et je respecte beaucoup d’équipes à l’Est, que ce soit Miami, Charlotte ou Washington. »

« Ce n’est pas parce que certains nous voient deuxième meilleure équipe de l’Est que je vais prendre ça pour acquis. C’est quelque chose que nous devrons mériter, et ce ne sera pas chose facile. Nous avons beaucoup de travail devant nous, nous devrons surmonter pas mal de choses et donner le meilleur de nous-mêmes pour accéder à ce statut. »

Malgré les victoires de l’an dernier face à Golden State et Cleveland, Danny Ainge ne se fait pas d’idées et cela devrait être perçu comme un signe encourageant pour les fans des Celtics. Si ces matchs ont permis de mesurer la force de caractère du groupe, ils ont également illustré la différence entre la saison régulière et les playoffs.

Une brève revue de l’effectif qui souriait aux caméras présentes lors du media day permet d’identifier deux éléments manquants : premièrement, un sniper, un vrai artilleur (la liste des métaphores possibles pour désigner un shooteur est longue) et, deuxièmement, une joueur capable d’apporter une grosse présence physique à l’intérieur.

L’absence d’adresse extérieure était flagrante au cours du premier tour des playoffs 2015 perdu face à Atlanta, et même si les retours en forme d’Avery Bradley et Kelly Olynyk aideront, les Celtics auraient bien besoin d’une menace extérieure dotée de la même confiance quasiment arrogante qui a fait du minuscule Isaiah Thomas un All-Star.

Dans le secteur intérieur, les Celtics se sont parfois fait brutaliser l’an dernier. C’est pourquoi, bien qu’ils parlent souvent et en détail du rim protector qui leur fait défaut, ils pourraient bénéficier d’une présence capable de protéger la peinture. Bien qu’il ait généralement été masqué par la dureté de la défense extérieure de l’équipe, c’est en effet un besoin persistant.

« Je pense que ce n’est pas faux, admet Ainge. Tout le monde recherche ce genre de joueurs, comme vous le savez. Il est clair que tireur d’élite et rim protector ne sont pas des profils dont nous regorgeons. Il est nécessaire que nos joueurs soient plus adroits. Avery a livré une saison vraiment bonne et efficace l’an dernier. Il s’est amélioré chaque année en termes d’efficacité offensive. Ce n’est pas le seul fait de rentrer des tirs à trois points ou quoi que ce soit spécifiquement qui compte, mais de faire preuve d’efficacité. Et nous avons des joueurs qui tendent à le devenir. »

« Nous avons besoin que Marcus progresse. Nous avons besoin qu’Avery continue de s’améliorer. Nous avons besoin qu’Isaiah devienne plus efficace. Et je pense qu’ils y arriveront car ils l’ont déjà fait. C’est pareil avec Kelly. C’est pourquoi nous avons le sentiment que nos joueurs n’ont pas encore atteint leur pic. Pareil pour Crowder. Ils sont tous en train de devenir des joueurs plus efficaces et meilleurs shooteurs. »

Cherchant à pallier ces besoins, Ainge n’en reste pas moins méfiant sur le coût de tels ajouts possibles ; non pas en termes financiers ou au sein d’un transfert, mais vis-à-vis de son produit fini. Il recherche des joueurs correspondant à ces profils, mais veut les bons.

« Bien sûr, ce serait super de faire venir un shooteur ultra-précis, mais il n’est pas question de changer l’ADN de l’équipe en alignant quelqu’un qui ne possède pas l’intensité défensive et la dureté qui font de notre équipe une bonne équipe, prévient-il. Ce n’est pas comme trouver un joueur de deuxième base et l’aligner au baseball. Au basket, il y a tant de choses à faire : passer, dribbler, tirer, prendre des rebonds, défense… C’est pour ça que l’on apprécie Jaylen, par exemple. Il est capable de faire plein de choses. Marcus n’est pas le prototype d’un meneur NBA, mais il peut évoluer entre les postes 1 et 4. On est en plein playoffs, il se retrouve ailier fort et tire son épingle du jeu. C’est un joueur de basket, et on peut l’aligner avec beaucoup de combinaisons différentes. C’est ce que j’aime avec notre équipe. »

« Clairement, oui, ce serait bien de trouver un rim protector qui ne nous pénalise pas en attaque, et ce serait bien qu’on ait un shooteur qui ne pénalise pas notre défense, mais je trouve qu’on a plusieurs joueurs qui sont de bons tireurs. Mais le genre de joueurs dont on parle, ce n’est pas facile d’en trouver. »

C’est pourquoi les Celtics sont encore loin de leur objectif, et pourquoi le travail attend Ainge.

Traduction de l’article du Boston Herald ‘Bulpett: Ainge well aware of what Celtics still need’ par Léo Hurlin

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