Pour Isaiah Thomas, « c’est l’heure des choses sérieuses »

Pour Isaiah Thomas, l’année qui vient de s’écouler a eu l’effet d’une tornade.

Au cours des douze derniers mois, le meneur vétéran a compilé des moyennes de 22,2 points, 6,2 passes décisives, 3 rebonds et 1,1 interceptions, honoré sa première participation au All-Star Game et activement pris part au recrutement de stars comme Al Horford et Kevin Durant pour les Celtics.

A quelques encablures du début de la saison 2016-2017, Thomas espère à présent former un duo dynamique avec Horford, maintenir son niveau de All-Star et faire de Boston un réel prétendant au titre au sein de la Conférence Est.

Basketball Insiders s’est récemment entretenu avec Thomas sur des sujets comme ses talents de recruteur, son programme d’entraînement de l’été, sa relation avec le quarterback des New England Patriots Tom Brady, ses attentes pour la saison à venir, ses envies de grandeur et bien d’autres choses encore.

Alex Kennedy : Sur quoi avez-vous travaillé au cours de cette intersaison ? 

Isaiah Thomas : J’ai travaillé sur ma capacité à tirer de loin. J’ai pris pas mal de tirs à trois points en sortie de dribbles, parce que ce sont des tirs sur lesquels j’avais un faible pourcentage de réussite et que j’en prends souvent. Je me retrouve souvent à dribbler balle en main et il faut que je sois meilleur sur ce genre de tir. Je suis plutôt bon sur les actions de catch and shoot ou lorsque j’attends dans mon coin, ce genre de choses. J’ai essayé de me concentrer sur ma réussite de loin, d’accélérer ma gestuelle de tir et de pouvoir tirer de n’importe où. Lorsque mon vis-à-vis ne lève pas les bras, je veux être en mesure de tirer à n’importe quel moment. C’était mon objectif premier, et ensuite bien sûr m’améliorer sur tout le reste, comme ma main droite, que ce soit au panier pour pouvoir finir de plusieurs façons différentes ou à la passe sur les pick and roll. J’ai tout simplement voulu chercher à progresser davantage et à travailler mon tir sur une jambe. Je m’y suis beaucoup attelé, avec succès. Je suis censé parler avec Steve Nash dans les jours à venir, et lui piquer quelques astuces sur ce genre de tirs qu’il utilisait lorsqu’il jouait encore.

Kennedy : Vous avez eu un rôle important dans les sessions de recrutement d’Al Horford, Kevin Durant et d’autres free agents cet été. Au début de la saison, saviez-vous que vous alliez avoir ce rôle et l’avez-vous apprécié ?

Thomas : Oui, j’ai toujours été plutôt bon en recrutement. Même à l’époque, à la fac, j’étais doué pour faire venir des joueurs dans mes équipes. En fait c’est Danny qui m’a demandé de faire ça. Il m’a dit que lorsqu’il appellerait, il faudrait que je décroche et que je vienne s’ils avaient besoin de moi. Je lui ai dit ‘Je le ferai !’ Il voulait de meilleurs joueurs et moi aussi. Il essaie de faire de cette équipe un prétendant au titre. Donc on l’a fait et on a réussi à faire venir un grand joueur, Al Horford. On a essayé de faire venir Kevin Durant et quelques autres joueurs mais sans succès. Nous sommes satisfaits de ce qu’on a. Je ne sais pas si le front office essaie de faire venir d’autres joueurs, mais nous sommes contents d’avoir Al Horford, Gerald Green, les joueurs qu’on a pris à la draft et ceux qui reviennent. Ce sont des choses sur lesquelles nous pouvons construire.

Kennedy : Racontez-moi les coulisses de l’arrivée d’Al Horford, et votre réaction lorsqu’il a accepté l’offre des Celtics ?

Thomas : Déjà, avec le contrat qu’on lui a offert, il avait intérêt à venir ! Non, je plaisante. Nous avons été sincères avec lui. Nous lui avons dit ce que nous aimions dans son jeu, et comment nous pensions qu’il pourrait nous aider. Il nous a beaucoup vus jouer l’an dernier, donc il était fan du style de jeu que nous avons en place avec le coaching staff et les joueurs. Le fait de pouvoir s’asseoir à une table avec lui et de lui faire savoir à quel point nous étions intéressés par son profil, ce dont il est capable non seulement sur le terrain mais ce qu’il amène aussi en dehors, c’était la cerise sur le gâteau. Je pense qu’il va super bien s’insérer dans l’équipe et qu’il nous aidera à franchir notre prochain palier, celui du premier tour des playoffs.

Kennedy : En tant que meneur, comment Horford vous facilite-il la tâche ?

Thomas : Il va beaucoup me simplifier la vie. Il sait poser des écrans, il sait quand jouer le pick and roll, le pick and pop, il n’a pas été quatre fois All-Star pour rien. Il sait jouer juste et il a une mentalité de vainqueur. Il a plus ou moins eu du succès partout où il est passé. Il n’a certes pas gagné le titre NBA, mais il a fait partie de très bonnes équipes et saura nous aider. C’est un pro qui sait faire son travail. J’ai hâte que nous puissions commencer.

Kennedy : Toute cette histoire avec l’aide de Tom Brady, comment ça s’est produit ? Vous avez bien sûr fait les gros titres en faisant venir Brady à votre entretien avec Kevin Durant. Avez-vous un lien avec Tom ?

Thomas : Oui, on s’écrit des messages de temps en temps. C’est marrant parce que l’an dernier, je voulais le voir et pouvoir lui parler, mais nos agendas respectifs ne nous l’ont pas permis, nous étions tous deux occupés. Donc lorsqu’on se rendait dans les Hamptons, ils nous ont dit qu’il y avait une surprise. Nous n’étions pas dans le même avion, et il nous attendait lorsque nous avons atterri. C’était vraiment un bon moment, pas juste parce qu’il était là pour rencontrer Kevin Durant avec nous, mais aussi pour moi car je voulais aller à la pêche aux infos. Nous étions dans le même avion pour rentrer à Boston, et ça m’a permis de lui poser beaucoup de questions et d’avoir son numéro de téléphone. Tout au long de l’été, nous nous sommes échangés des messages et j’espère que je pourrai aller voir un match et admirer son talent. Je suis fan. Et je veux devenir un grand, donc c’est important pour moi de tisser des liens avec des grands. Pas seulement au basket, mais dans d’autres sports également.

Kennedy : L’an dernier, vous avez décroché votre première sélection au All-Star Game et vous avez fait une saison remarquable. Comment comptez-vous capitaliser là-dessus ?

Thomas : J’ai eu un peu de réussite, oui, mais ça ne me suffit pas. Je vous l’ai dit, je veux devenir un grand. Je veux m’améliorer chaque saison. Les plus grands reviennent toujours avec quelque chose en plus ou en mieux, chaque année. J’ai beaucoup parlé avec Allen Iverson cet été, au sujet de l’instinct de tueur qu’il faut avoir en permanence et le fait de ne jamais se relâcher. C’est comme ça que je veux être sur le parquet, et lui était comme ça. Je crois qu’il a une moyenne d’environ 27 points par match en carrière. J’en suis encore loin, mais j’essaie de faire ce qu’il faut pour ça. Ça veut dire que je dois continuer à travailler dur, ne pas me contenter de ce que j’ai et ne pas lever le pied. Une carrière, c’est un marathon. Il y a des hauts et des bas, mais il faut toujours s’améliorer, rester concentré et ne jamais se contenter de ce qu’on a.

Je ne me contente pas de la saison que je viens de boucler. Je ne compte pas finir avec une seule sélection au All-Star Game, je veux que ce soit chaque année. Je veux que ça se produise tous les ans, je veux que les gens s’attendent à m’y voir, qu’ils s’attendent à me voir gagner des séries de playoffs et à amener mon équipe toujours plus loin. Je ne suis pas rassasié. Je veux devenir l’un des meilleurs, si ce n’est le meilleurs, petits de ce sport. Je sais qu’il me reste du chemin à parcourir, je sais qu’il faut encore que je travaille, mais je n’ai jamais été aussi confiant et c’est quelque chose qui ne faiblira jamais. C’est ce qui m’a amené jusque ici, et ça continuera de me porter.

Kennedy : Au sein de la franchise, quelles sont les attentes ? Récemment, pour notre preview de la saison, j’ai classé Boston deuxièmes à l’Est. Vous dites-vous entre vous que c’est l’heure des choses sérieuses ?

Thomas : Oui, c’est l’heure. Pourquoi ne le penserions-nous pas ? Nous pouvons tenir tête aux meilleures équipes de la NBA, et nous le savons car nous l’avons montré. Nous devons seulement rassembler toutes nos forces. Nous avons un super joueur, Al Horford, et quelques autres éléments qui peuvent nous aider. Pour moi, nous avons nos chances rien que par la dureté et la cohésion que nous possédons. Actuellement, comme je vous le dis, pourquoi ne pourrions-nous pas le penser ? Nous n’allons pas fixer d’attentes précises sur cette saison, mais nous savons que si nous réussissons à faire notre possible, nous pouvons être présents à la fin.

Kennedy : L’arrivée d’Al Horford était-elle un des principaux arguments donnés à Kevin Durant ? Comment s’est passée cette rencontre avec Kevin ?

Thomas : Nous pensions réellement avoir nos chances. La rencontre s’est très bien déroulée. J’ai le sentiment que si Al s’était engagé avant et qu’il avait pu se joindre à nous pour rencontrer Kevin, nous aurions encore eu plus de chances. Mais en même temps, Kevin Durant a surpris tout le monde en choisissant les Golden State Warriors. Au cours de notre entretien avec lui, il nous a dit apprécier ce que Brad Stevens et Danny Ainge faisaient, ce genre de trucs. Honnêtement, je me suis dit qu’en l’état actuel des choses, nous n’avions peut-être pas assez à lui offrir. Il vise le titre à présent. Comme je le disais, je pense qu’avec Al Horford à nos côtés, cela aurait fait la différence. Mais bon, c’est comme ça, il a pris la décision qu’il voulait et on ne peut pas le blâmer pour ça, nous avons fait notre possible.

Pouvoir dire que nous avions de vraies chances de faire venir Kevin Durant chez nous prouve que nous allons dans la bonne direction.

Kennedy : Bonne remarque, surtout que vous avez de la flexibilité salariale et d’autres picks à venir de la part des Brooklyn Nets. Êtes-vous confiants sur vos chances de finir par faire venir une autre star ?

Thomas : Sans l’ombre d’un doute. Je sais que Danny Ainge et les autres membres du front office n’en ont pas fini. Nous ne sommes pas du calibre de leur équipe de 2008. Il y a encore des pièces qu’il nous manque. Mais avec Brad Stevens et sa façon de coacher, je suis sûr qu’ils trouveront quelqu’un. Et comme je l’ai dit plus tôt, les joueurs aiment notre façon de jouer, nos systèmes et des types comme Brad Stevens. Je pense qu’à défaut d’une autre star, nous pouvons faire venir un très bon joueur capable de nous aider à franchir un cap.

Kennedy : Quels coéquipiers vous-ont le plus impressionné cet été ?

Thomas : Tous. Sérieusement, ils travaillent dur. Tous gardent un goût amer de cette série face à Atlanta. Je pense qu’avec les renforts d’Al Horford et Gerald Green, qui va beaucoup nous aider en apportant le punch offensif dont nous avons besoin, nous serons prêts. Il n’y a pas un joueur qui mérite de figurer plus dans la conversation qu’un autre. Tout le monde a bossé dur, et tous ou presque étaient au gymnase de l’équipe cette semaine ou celle d’encore avant. Nous nous sommes tous entraînés ensemble et avons fait des cinq contre cinq. Je pense que ça en dit beaucoup.

Traduction de l’article de Basketball Insiders ‘Isaiah Thomas on Horford, Durant, Celtics Contending‘ par Léo Hurlin

One Comment

  1. Kibo

    24 septembre 2016 at 22 h 13 min

    Merci pour la traduction, j'ai vraiment hâte que la saison reprenne, ils ont l'air super motivé !

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