[Les Celtics et la draft] Épisode 3 : Tops/Flops

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Avant de passer à la dernière partie très attendue sur les prospects 2017, prenons quelques temps pour revenir sur les cinq meilleurs… et cinq pires choix de drafts sous l’ère Danny Ainge.

Attention : il s’agit de classements purement subjectifs. Chacun des joueurs a obtenu ce rang du fait de ce qui a pu être écrit dans l’article sur les drafts de Danny Ainge.

FLOP 5 :

On va tout d’abord commencer par le mauvais côté de la draft « Aingienne ».

5. James Young, 17e choix 2014

Certes, il n’a disputé que 2 saisons. Certes, il n’a que 21 ans. Certes, il n’a été pris « qu’en » 17e choix. Certes, il lui reste encore pas mal de ce sacro-saint potentiel. Mais il faut dire ce qui est, c’est la définition même du choix raté pour l’instant. Là où le bât blesse réellement, c’est que Young n’a été pris pratiquement que pour ses qualités athlétiques et son jeune âge et non sur un quelconque talent offensif ou défensif (diamant plus que brut).

Sur le même poste à la draft, un certain Gary Harris de Michigan State était encore disponible. Rodney Hood n’avait lui aussi absolument rien à lui envier. Nous ne parlerons même pas de Jordan Clarkson, de Kyle Anderson voire de Shabazz Muhammad. Et nous ne traitons là que des postes 2-3, parce qu’avec Jokic ou Capela, il y avait aussi matière à faire au poste de pivot (l’éternel problème).

Ce qui est clair, c’est que tout laisse à croire qu’il risque fort de grimper dans ce classement et pourrait même chiper la première place à son collègue dans les années à venir, d’autant plus qu’Ainge vient de lui accorder un sursis.

4. La draft 2006

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Oui, il ne s’agit pas d’un joueur en particulier mais d’une draft.

Pour en resituer le contexte, Boston venait de sortir une saison moisie (33-49) et héritait donc du 7e choix. Les meilleurs joueurs de l’effectif sont alors Ricky Davis, Paul Pierce et Wally Szczerbiak… autant dire que l’effectif n’allait pas bien loin.

Là où ça devient intéressant, c’est que ce 7e choix est une sorte de cadeau empoisonné. Et ça, Ainge l’a bien compris. De ce fait, il décide de directement trader le joueur drafté : Randy Foye. Il faut dire que, hormis Rudy Gay, personne parmi les 20 premiers joueurs draftés ne méritait d’être choisi dans le top 7. Ainsi, prendre Randy Foye à cette position en deviendrait presque « pardonnable ».

Pourquoi avoir mis la draft dans ce classement ?

Et bien parce que le trade qui envoie Foye à Portland nous donne en échange : Telfair (une « trompette » de 21 ans, absolument pas mature physiquement et au niveau du jeu et qui ne le sera finalement jamais), Ratliff (qui n’aura joué que 2 matchs) et un 2nd tour 2008… Soit une contrepartie clairement insuffisante pour un 7e choix.

Heureusement que Rondo a été récupéré en 2007, sinon cette draft aurait eu sa place sur le podium.

3. JaJuan Johnson, 27e choix 2011

Il ne s’agit pas du pire choix de l’histoire, loin s’en faut (le garçon n’a surtout pas eu de chance). Mais ce qui fait mal, c’est de voir pourquoi l’a-t-on pris et qui a pu sortir derrière lui.

Au départ, Boston a obtenu le 25e choix, qui a permis de drafter Marshon Brooks. Celui-ci est aussitôt échangé à Brooklyn contre le 27e choix et un 2e tour 2014.

Contrairement à un joueur qui apparaîtra un peu après dans ce flop 5, JaJuan Johnson a pu montrer des choses intéressantes lors de ses 4 années à Purdue. Il finit sa saison de Senior à 20,5 pts et 8,6 rbds à près de 50% au shoot et surtout 80% aux lancers francs (pour 6 tentatives par match). On constate ici un certain toucher, ce principe si cher aux intérieurs draftés par Ainge. Malheureusement pour lui, il n’aura jamais eu la chance de percer à Boston ni ailleurs.

Derrière lui on retrouve pêle-mêle : Chandler Parsons, Jimmy Butler (étrange choix que de le laisser d’ailleurs), Draymond Green, Isaiah Thomas. De ce fait;, il a malgré lui une présence justifiable dans ce classement.

A noter que Chandler Parsons était alors persuadé d’être pris par Boston avec le 25e choix, annonçant à ses proches son plaisir de rejoindre la franchise… mais, à l’annonce de la draft de JaJuan Johnson, la désillusion fut grande pour Parsons. De quoi rajouter encore un peu d’eau à notre moulin concernant ce choix.

2.Kelly Olynyk, 13e choix 2013

Ce fut un choix très difficile, encore plus quand on voit la saison Junior que sort Kelly Olynyk (17,8 points et 7,3 rebonds à 63%fg et 78% aux lancers francs) et sa progression d’année en année à Boston.

Néanmoins, plusieurs éléments font de lui un candidat légitime à cette place sur le podium malgré son talent.

Tout d’abord parce que le canadien rentre parfaitement dans le thème de « failles du système Aingien ». Ensuite, parce que l’on retrouve au final derrière lui tous les meilleurs joueurs de la draft 2013 ou presque : Giannis Antetokounmpo (qui correspondait aussi parfaitement au profil-type…), Rudy Gobert, Gorgui Dieng, mais aussi Allen Crabbe, Dennis Schröder, Jae Crowder ou Mason Plumlee. Les 3 premiers joueurs cités étaient d’ailleurs des candidats tout à fait légitimes à la place de 13e choix de la draft, si l’on se fie aux différentes mocks sur la saison.

Le problème est que Ainge a privilégié un profil de joueur qu’il affectionnait personnellement (ou en tout cas qui plaisait au front office) à défaut de prendre ce dont avait réellement besoin l’équipe : un pivot bon défenseur, un meneur de jeu ou un ailier pouvant défendre sur quatre postes et très athlétique (tiens donc, ce ne serait pas un profil Aingien ça par hasard ?).

1. JR. Giddens, 30e choix 2008

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À première vue, on peut se dire que ce choix n’est pas si grave que ça, vu que l’on parle de la 30e place… oui mais quand on voit ce qui est tombé derrière et la carrière universitaire du garçon, tout nous indique que sa place ici est tout à fait méritée.

Déjà lorsque l’on regarde sa carrière NB… quoi ? On me dit dans l’oreillette qu’il n’en a eu aucune. Et bien c’est tout à fait normal.

A sa sortie de NCAA, on était en présence d’un senior de 24 ans qui a « redshirt » un an pour avoir changé d’université (pour ceux qui ne le savent pas, lorsqu’un joueur change d’université il ne peut pas jouer pendant toute une année, c’est ce qu’on appelle être un redshirt). Il a fait ses 2 premières années à Kansas, où il disposait d’un temps de jeu plutôt intéressant (26 puis 28 minutes) mais où il n’arrivait pas à sortir de stats assez bonnes pour taper dans l’œil des scouts. Après l’année de pause, il intègre New Mexico où il devient le patron et profite du faible niveau de son équipe et de sa sombre conférence pour stater : 16,3 points, 8,8 rebonds et 3,1 passes, le tout à 51% (mais 33% à 3pts). Il faut aussi préciser que son shoot à trois points était clairement faible, que son profil était assez bâtard car il s’agissait d’un arrière, très fruste au tir, pas très bon pour provoquer des fautes et pour finir avec un dribble inefficace. Tout ce que Giddens avait, c’était un physique avantageux (d’où sa draft)… mais à 24 ans, c’est peine perdue pour apprendre à jouer au basket.

Néanmoins, alors qu’il était annoncé en toute fin de 2e tour, Danny Ainge a choisi de « reach » sur lui (donc le prendre bien plus haut qu’annoncé) quand bien même l’équipe n’avait absolument pas besoin de joueur à son poste.

Regardons simplement ce que l’on retrouve derrière (en considérant qu’il nous fallait un intérieur, et que l’âge du joueur importait peu car devant KG venait d’arriver et que Perkins était bien établi) : Nikola Pekovic, DeAndre Jordan (surtout lui), Ömer Asik mais aussi Goran Dragic, Luc Mbah Moute et Mario Chalmers.

Autant de joueurs qui auront fait une carrière bien plus qu’honorable. Autant de joueurs bien meilleurs que Giddens et avec un meilleur profil avant la draft, surtout lorsque l’on regarde les mocks où Chalmers, DAJ et Asik étaient attendus bien avant Giddens (fin de 1er tour pour les 3 et en 55e position pour JR), ou après la draft.

Mention spéciale : Fab Melo, choisi en 22e position en 2012 que j’ai choisi de ne pas faire figurer ici car pour une fois ce fut un choix logique pour Ainge malgré l’évident manque de basket du joueur.

TOP 5 :

Après avoir parlé des ratés de la draft sous couvert de profil Aingien, passons aux bonnes affaires réalisés par Boston.

5. Jared Sullinger, 21e choix 2012

Attendu à la fin de sa saison freshman en lottery pick, Jared Sullinger avait décidé de retenter sa chance une année de plus pour aller le plus loin possible durant la March Madness et acquérir peut-être plus d’expérience.

Malheureusement, et alors que Sully avait reposté une saison de très bonne facture (en développant un shoot à 3pts et une meilleure mécanique de tir), il ne fut drafté qu’à la 21e place. Cela est dû aux gros doutes concernant son intégrité physique, lui qui fut blessé l’été de la draft et qui avait un souci au dos faisant peur aux différents GM.

Bien que son hygiène de vie fût à maintes reprises remise en cause, on a pu constater que Sullinger ne tenait pas vraiment compte des critiques. Néanmoins, vu sa production sur le terrain et les nombreux gros matchs qu’il a pu sortir, on peut parler de lui comme d’un steal.

4. Al Jefferson, 15e choix 2004

Huit ans plus tôt, on prenait déjà un intérieur doté de belles mains mais boudé par les équipes devant nous, Al Jefferson. Jefferson, c’est deux premières saisons discrètes (il est alors très jeune et sort de high school) suivies d’une 3e saison où il explose complètement. On peut d’ailleurs le remercier car grâce à lui Kevin Garnett a pu venir à Boston, d’où sa place bien méritée dans ce classement.

Al Jefferson sait tout faire offensivement (sauf le shoot à 3pts), donc autant dire qu’il s’inscrit totalement dans la droite lignée de l’intérieur polyvalent offensivement recherché.

3.Avery Bradley, 19e pick 2010

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Le chouchou de Danny Ainge, au même titre que le joueur qu’il a numériquement (et sentimentalement) remplacé, Tony Allen. Avery Bradley, c’est tout ce que Boston aime : de la combativité, du cœur à l’ouvrage, du travail. Il a été drafté pour défendre, il aura joué son rôle à merveille jusqu’à pousser Ray Allen sur le banc.

Il est l’archétype de l’arrière « Aingien ».

Il est intéressant de noter qu’aujourd’hui, il est considéré par ses pairs comme un des tous meilleurs défenseurs de la ligue et qu’il s’impose de plus en plus comme une menace offensive très crédible.

Là où on peut parler de steal, c’est que Bradley n’est pas un illustre inconnu au moment de sa draft. En effet, au moment du recruiting (lorsque les universités draguent les lycéens), Avery Bradley est un des tous meilleurs lycéens du pays. Mais sa faible exposition médiatique à Texas et ses stats pas folichonnes (11,6 points, 2,9 rebonds et 2,1 passes, à 43% dont 37% à 3pts) l’ont fait chuter, de même que son gabarit, trop petit pour jouer 2 mais pas assez bon dribbleur pour jouer 1.

Mais comme on a pu le dire dans la 1e partie du texte, il est capable d’annihiler complètement n’importe quel arrière de la ligue, indépendamment de sa taille (Stephen Curry et Klay Thompson peuvent en témoigner).

2. Tony Allen, 25e choix 2004

Après Jefferson, c’est une draft décidément pleine de réussite pour nous. Il s’agit de l’ancêtre des Marcus Smart et Jaylen Brown dans le profil : un excellent athlète, très hargneux, gros défenseur, très vocal, qui compense son manque de talent offensif par une bonne compréhension du jeu.

Il s’inscrit, au même titre que Bradley, tout à fait dans ce que l’on a pu écrire juste avant à propos du profil-type : le physique et le manque de « maturité » offensive ainsi que la polyvalence défensive. C’est bien simple, qu’il soit face à un poste 1, 2 ou 3, il éteindra quand même son vis-à-vis. Il a été drafté en 2004, a aujourd’hui 34 ans mais reste un défenseur très respecté, considéré même comme le meilleur défenseur extérieur des dix dernières années. A Boston, c’est un des artisans du titre de 2008, correspondant parfaitement au type de défense mis en place par Doc Rivers. Autant dire qu’au 25e choix, on fera difficilement mieux.

1.Rajon Rondo, 21e choix 2006

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D’aucuns diront qu’il ne s’agit pas du choix le plus objectif qui soit. Mais pour ma défense, il s’agit du seul All-Star drafté par Boston de toute l’ère Danny Ainge.

Rajon Rondo, c’est 4 participations au All-Star Game, des campagnes de playoffs assez incroyables et des séries inoubliables. Un jeu extravagant, mais qui fut pendant longtemps efficace. La blessure contractée en 2013 aura malheureusement décidé de son sort en vert, mais tout ce que Rondo a pu accomplir le met d’office à la première place de ce top.

Au moment de sa draft, on parle d’un joueur très athlétique pour son poste, avec une envergure plutôt impressionnante (2,05m d’envergure pour 1,85m) et des mains gigantesques. De plus, il est très bon en défense (quatre fois présent dans les All-Defensive Teams) et son envergure lui permet de défendre efficacement sur des joueurs pouvant lui rendre dix voire 15 cm. Des qualités qui furent appréciées par le front office à n’en pas douter.

Pour la petite histoire, Rick Pitino (ancien coach de Boston au bilan peu glorieux, mais grand coach NCAA) a longtemps regretté d’avoir préféré Telfair à Rondo lors du recruiting 2004. On notera d’ailleurs que Pitino s’est finalement fait avoir jusqu’au bout, parce que Telfair a choisi de sauter la case NCAA pour s’inscrire directement en NBA.

Au final, Rondo fut aligné aux côtés de celui qui lui avait volé la vedette deux ans plus tôt… mais un seul aura réussi sa carrière.

De ce fait, nous sommes en droit de nous demander si les derniers arrivés (Terry Rozier, Jaylen Brown ou encore Guerschon Yabusele) seront à classer parmi les flops ou parmi les tops.

À Ainge de ne pas réitérer les erreurs passés et continuer à dénicher des perles en 2e partie de 1er tour notamment.

Article rédigé par Amine Bachi.

One Comment

  1. HFT

    2 novembre 2016 at 22 h 32 min

    Merci pour l'article, j'ai hâte de voir le prochain sur le pick 2017!

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