Paul Pierce prêt pour un dernier au revoir

davis_bosla2C2_spts

Dimanche soir au TD Garden, les fans des Celtics vont assurément connaître l’une des soirées les plus émouvantes de la saison. Les Clippers seront en ville et parmi eux, Paul Pierce, qui va ainsi fouler pour la dernière fois de sa carrière le parquet du TD Garden. À cette occasion, le Boston Globe s’est entretenu avec l’ailier 10 fois All-Star, ayant passé 15 saisons à Boston dont celle ayant amené la 17e bague à la franchise la plus titrée de l’histoire de la ligue. Traduction. 

Qu’est-ce que ça va représenter pour toi, cette dernière à Boston ?

Il va y avoir beaucoup d’émotion, rien que de savoir que ça sera la dernière fois que je serai au Garden en tant que joueur. Rentrer sur le terrain, penser à tous ces fans qui ont grandi avec moi en quelque sorte, tous ces gens avec qui j’ai tissé des liens pendant toutes ces années… Ça va être sympa, mais il y aura beaucoup d’émotion.

Quelque chose de spécial de prévu ce week-end pour se remémorer des souvenirs ? 

Je vais sûrement faire quelques restaurants, quelques endroits où j’avais mes habitudes après les matchs, je vais me balader en ville. Ma femme va venir avec moi. On a eu la chance de passer beaucoup de temps ici, donc voir des amis, peut-être me promener dans un parc.

Quel est le souvenir que tu garderas le plus ancré dans ta mémoire avec les Celtics ?

Le fait d’aller vers la population, au-delà du basketball, le fait d’avoir été en mesure d’aider et permis de changer des vies à travers ma fondation. Beaucoup de personnes ont apprécié les choses que j’ai pu faire. Ca me manque de passer du temps avec ces gens. C’était plus que du basket, du fait de ma longévité ici. J’ai eu la chance de voir beaucoup d’enfants que j’ai aidés, grandir, et l’impact positif que j’ai pu avoir.

L’équipe de 2002 qui s’est inclinée en Finales de Conférence face aux Nets est parfois oubliée. Quels souvenirs gardes-tu de cette année ?

Personne n’attendait rien de nous. On était une jeune équipe avec deux All-Stars et on était à deux matchs des Finals lors de notre première apparition en playoffs depuis je ne sais combien d’années. C’était une année géniale pour goûter aux playoffs, et c’était également la première fois que j’ai vraiment senti la magie du Garden. Cette cuvée 2002 était très plaisante.

Quand vous (les Celtics) perdez 18 matchs consécutifs en 2006, comment gardes-tu la foi ?

Cela a nécessité beaucoup de psychologie, de discussion avec Danny (Ainge) et avec les propriétaires. C’était dur. J’étais blessé, j’étais frustré, et je n’avais pas réalisé que nous étions une si mauvaise équipe pour perdre 18 matchs consécutifs du seul fait de ma blessure. Je me sentais dans mon prime (= la meilleur forme de sa vie), il a donc fallu beaucoup de soutien de la part de Danny, des coaches et des membres de ma famille.

Quand Ray Allen et Kevin Garnett arrivent cet été-là, quelle est ta réaction ?

C’était une grande bouffée d’air frais. Quand tu sors d’une saison si décevante, l’une des pires du basket et que tu récupères Ray Allen et Kevin Garnett, deux All-Stars confirmés, tu te vois prétendant au titre. Une fois réunis, c’est tout ce dont on a parlé. On ne voulait rien de moins parce que l’année précédente, je ne fais pas les playoffs et aucun d’entre nous ne les a fait. On avait accompli bien d’autres choses – All-Stars, MVP pour Kevin – donc la seule chose qui nous restait c’était le titre et c’est tout ce dont on parlait. Depuis le premier jour, on s’est dit qu’on pouvait le faire.

celtsrally7-6756349

Qu’est-ce que tu gardes de la nuit du titre ?

J’avais l’impression d’être dans un rêve. Je me revois au fond du vestiaire, en train de tenir le trophée et en retrait avec Kevin et Ray. Beaucoup de gens étaient déjà partis, mais on était toujours dans le vestiaire. On était planté là et on ne réalisait pas ce qu’il venait de se passer. Tu en parles, tu en rêves mais quand ça arrive vraiment, c’est sidérant. C’était un sentiment incroyable.

Qu’est-ce qui t’es passé par la tête quand tu te blesses à la jambe au match 1 des Finales et que tu vois la chaise roulante ? Tu te demandes ce que ça fait là ? 

C’est à peu près ça. A ce moment là, le docteur ne voulait prendre aucun risque et ne faire porter aucun poids sur ma jambes. C’est pour ça que j’ai été porté et que la chaise roulante a été amenée. Mais quand je suis arrivé dans le tunnel, je leur ai dit : « laissez-moi au moins voir comment je me sens », parce que je n’avais pas eu le temps de me lever et de tester. C’était simplement des précautions extrêmes parce que personne ne savait ce que j’avais au moment où je suis tombé. Les gens en parlent encore. Si les gens se rappellent du fauteuil roulant et du fait qu’on a gagné cette année-là, ça me va.

Tu as mentionné Danny Ainge juste avant. Qu’est-ce qu’il a été pour toi ?

Il s’est accroché à moi. Quand il est arrivé à Boston, il a à peu près échangé tout le monde sauf moi, ce qui signifiait à quel point il croyait à moi, et croyait que je pouvais faire partie du succès de cette franchise. A certains moments, j’ai cru qu’il m’échangerait aussi. Parfois, quand les GMs ont un nouveau job, ils font peau neuve et repartent de zéro avec les joueurs qu’ils veulent vraiment avoir. Mais il a eu confiance en mois.

Comment décrirais-tu ta relation avec Red Auerbach ?

J’avais une très bonne relation avec Red. Je me rappellerai toujours, des moments où l’on s’asseyait dans son bureau en parlant de la fierté d’être un Celtic et de la façon dont je pouvais rendre meilleure cette équipe. Il était très instruit. Même âgé, il a gardé des liens avec moi et l’équipe. C’était un bon ami. Il m’amenait un cigare à chaque fois qu’il passait à Boston et je les ai toujours gardés. C’était spécial pour moi de pouvoir établir une relation avec lui, avec l’un des anciens grands de cette ligue.

Tu as fait quoi de ces cigares ? 

Je les ai mis dans mon casier et je les ai tous gardés. J’ai eu la chance d’en fumer un quand on a gagné le titre, sur le bateau. Sinon je les ai tous gardés et conservés. J’en ai juste pris un pour le bateau. Ensuite, je crois que j’ai fumé tout le reste durant cet été, parce qu’on n’a jamais arrêté de célébrer le titre.

Combien de titres penses-tu que cette équipe aurait pu gagner ? 

On aurait pu en gagner trois. De toute évidence, on n’a pas fait le back-to-back en 2009, en grande partie du fait des blessures. Ensuite, en 2010 on était à 3-2 et on perd deux matchs de suite, dont l’un sans Kendrick Perkins. Les blessures sont un grand facteur quand tu vas chercher une bague.

Comment penses-tu avoir évolué dans l’histoire de la franchise ? 

Il faut comprendre l’histoire de Boston. Une fois que je suis arrivé ici, j’ai commencé à comprendre, à parler avec d’anciens joueurs et évoquer cette fameuse fierté (Celtic pride) dont il est question. L’autre chose, c’est vouloir être ici. Je voulais me pérenniser à Boston, m’imposer ici et me faire un nom. C’est quelque chose qui prend du temps. En grandissant, en m’améliorant et avec la patience qui m’a été offerte, j’ai senti au fil des années que la ville m’a adoptée, particulièrement après m’être imposé. C’est une chance d’avoir passé une si longue période ici. Dorénavant, c’est quelque chose que l’on voit moins. La ville a eu un joueur à qui ils ont pu s’accrocher, un joueur qui a grandi avec eux.

Y’a-t-il eu un moment où tu as réalisé que tu serais le prochain grand Celtic, celui qui aura éventuellement son numéro suspendu avec Russel, Bird et les autres ?

Je ne l’ai jamais imaginé jusqu’à ce que je remporte un titre. Tous les joueurs qui ont leur numéro retiré ont pris part à un titre. Une fois que l’on a eu ce titre, j’ai eu le sentiment d’avoir pris part à l’histoire de Boston. Peu importe les stats que j’aurais pu avoir, rien de tout ça n’aurait été possible sans un titre.

Qu’est-ce que les futurs joueurs doivent savoir pour réussir ici ? 

Les fans des Celtics ne veulent rien de plus qu’un joueur qui donne tout. Il faut gagner le respect des fans, se donner à 110% et respecter ses coéquipiers. Je ne dis pas qu’il faut gagner un titre, mais il faut être un joueur prêt à tout donner pour un titre. Les gens te regardent et se disent : « lui, il est fait pour ça ». Je vois ça en Isaiah Thomas actuellement.

Que penses-tu de l’équipe actuelle de Boston ?

Je pense qu’ils grandissent ensemble. Isaiah Thomas joue très bien et Brad Stevens apporte son brillant esprit à tout cela. Ils doivent encore grandir ensemble, et ils auront leur chance. Ils sont deuxièmes à l’Est, ils ont leur chance. Tout peut arriver en playoffs quand on a des joueurs de haut niveau, qui peuvent se sublimer chaque soir comme Isaiah. Je pense qu’ils ont une chance.

C’est dingue de voir à quel point le trade avec Brooklyn a aidé le futur de la franchise avec tous ces picks…

Je n’ai pas vraiment pensé à ça. Mais bon, je rends simplement ce qu’on m’a donné.

Tu te vois revenir ici un jour pour travailler avec la franchise ?

Possiblement. C’est une possibilité. Danny et moi restons en contact, donc c’est quelque chose d’envisageable.

Un choix pour le Super Bowl 

Vous savez que je suis avec les Pats jusqu’au bout. Je serai prêt.

Article traduit par Baptiste Godreau, de l’article du Boston Globe : ‘1-on-1 with Paul Pierce as he says goodbye to Boston

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *