Irving aux Celtics : l’aspect financier

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Après une analyse de la contrepartie du transfert et un profil du joueur, voici à présent notre troisième et dernier article au sujet l’arrivée de Kyrie Irving.

La venue du meneur de 25 ans, et surtout le départ d’Isaiah Thomas, Jae Crowder et même celui d’Avery Bradley ont complétement chamboulé le « calendrier financier » des Celtics.

C’est donc l’occasion dans ce troisième volet de faire un point sur les contrats actuels de l’équipe. En orange les contrats non-garantis, en vert les team option, en bleu ciel les player option, en rouge les qualifying offer (QO) et en gris les joueurs coupés dont le salaire garanti a été étalé sur plusieurs saisons (stretched).

Joueurs2017-20182018-20192019-20202020-20212021_2022
Gordon Hayward$29,727,900$31,214,295$32,700,690$34,187,085-
Al Horford$27,734,405 $28,928,710$30,123,015--
Kyrie Irving$18,868,626$20,099,189$21,329,752--
Jayson Tatum$5,645,400$6,700,800$7,830,000$9,897,120$12,985,021
Marcus Morris$5,000,000 $5,375,000---
Jaylen Brown $4,956,480$5,169,960$6,534,829$8,573,696-
Marcus Smart$4,538,020$6,053,719---
Aron Baynes$4,328,000----
Guerschon Yabusele$2,247,480$2,667,600$3,117,240$4,781,846$6,718,494
Terry Rozier$1,988,520$3,050,390$4,285,798--
Shane Larkin$1,471,382----
Semi Ojeleye$1,291,892$1,378,242$1,618,520 $1,752,950-
Abdel Nader$1,167,333$1,378,242$1,618,520 $1,752,950-
Daniel Theis$815,615$1,378,242$1,818,520--
Demetrius Jackson $92,858$92,857$92,857$92,857$92,857
Total garanti$109,873,911$96,430,416$32,793,547$92,857$92,857
Total inclusif$109,873,911 $113,487,246$111,069,741$61,038,504$19,796,372

Cette saison le seuil du salary cap est fixé à 94,143 millions de dollars et celui de la luxury tax à 113,287 millions.

Le trade a ajouté un peu plus de quatre millions de dollars à la masse salariale des Celtics puisque les contrats de Thomas, Crowder et Ante Zizic additionnés atteignaient un montant de 14 702 712 dollars . Mais cela ne change pas grand chose à la situation des Celtics qui sont toujours au-dessus du cap mais en-dessous de la luxury tax.

Niveau calendrier, l’été 2018, sur lequel toute l’attention était portée et qui s’annonçait comme l’été de tous les dangers risque désormais d’être bien plus calme que prévu. Le seul dossier un peu chaud sera la resignature de Smart, qui arrivera au bout de son contrat de rookie et qui devrait, selon toute logique, refuser la qualifying offer que lui proposeront les Celtics pour devenir RFA. Derrière, tout semble indiquer que l’équipe lui proposera un nouveau contrat, mais la grande question est celle du prix.

Si l’effectif reste en l’état d’ici là et que les Celtics décident de garder tous leurs joueurs sous contrat, ils seront aux alentours de 107 millions de dollars de contrats garantis sans le salaire de Smart. Il faudra éventuellement ajouter à cela deux contrats de rookie : un entre la deuxième et la cinquième place si les Celtics reçoivent le choix des Lakers et leur propre choix en fin de premier tour. Un rookie choisi dans les premières places à la fin de la saison devrait avoir un contrat qui démarre au dessus des cinq millions dès la première année, ce qui nous amène déjà pratiquement dans la luxury tax. Il faudra donc soit dégraisser soit que les propriétaires acceptent de payer la taxe pour offrir un beau contrat à Marcus. En fonction des résultats et des projections, on peut légitimement s’attendre à ce qu’ils y consentent, Wyc Grousbeck ayant plusieurs fois indiqué par le passé que le consortium qui détient l’équipe était engagé dans le projet sportif et prêt à payer pour cela.

Étant donné que Smart sera RFA, le montant exact de son prochain contrat reste très difficile à prévoir, puisqu’il dépendra de combien les autres franchises sont prêtes à mettre sur la table pour essayer de l’attirer. À ce titre, sa saison 2017-2018 sera capitale et notamment ses progrès ou non au tir. À moins bien sûr qu’il n’accepte de signer une prolongation de contrat avant l’été prochain. Cela n’a aucun intérêt financier pour lui mais s’il est convaincu par l’équipe et par le projet, sait-on jamais. Après tout, Irving a bien renoncé à la clause qui lui permettait d’augmenter son salaire de 15% en arrivant à Boston.

Le prochain point chaud sera donc l’été 2019. Irving et Horford disposent tous les deux d’une player option pour la saison 2018-2019. Sauf grosse blessure (et encore) Kyrie la déclinera et demandera un contrat maximum à coup sûr. A priori, si les Celtics l’ont fait venir à ce prix, c’est qu’ils sont décidés à lui en offrir un mais la situation salariale de l’équipe deviendra encore plus compliquée. D’autant que le cas Horford est bien plus incertain : il peut soit activer son option pour toucher ses 30 millions de dollars, soit la décliner s’il pense qu’il peut toucher encore plus à Boston ou ailleurs. Cela dépendra de l’évolution de son niveau et de combien une franchise sera prête à mettre sur un pivot qui aura alors 33 ans. S’il part, son remplacement sera un problème épineux qui nécessitera d’habiles manœuvres financières mais nous aurons tout le temps d’en parler d’ici là si le problème se présente. L’autre solution serait bien sûr de l’avoir déjà remplacé par un trade. Ce n’est pas à exclure mais on imagine tout de même que Ainge voudra laisser un peu de temps à l’équipe qu’il a construite pour montrer ce qu’elle vaut. Il faudrait donc une opportunité vraiment particulière (au hasard, un Anthony Davis qui en aurait marre des Pelicans) pour voir cela arriver.

Il faudra également s’occuper de la prolongation (ou non) de Terry Rozier, en gardant en tête que l’été d’après ce sera au tour de Jaylen Brown. Ces cas sont moins problématiques car la franchise dispose de leurs droits et devrait, comme Smart, en faire des RFA. Elle pourra les resigner au dessus du salary cap, mais cela veut dire que la facture grimpera chaque saison. On a déjà dit que les propriétaires étaient prêts à payer la taxe, la question est : pendant combien de temps ? D’autant plus qu’avec la repeater tax dorénavant, si vous avez payé la taxe durant trois des quatre dernières saisons, la facture s’alourdit considérablement.

Évidemment, toutes ces projections ne prennent pas en compte les multiples événements inattendus qui vont sans doute survenir. Mais cela montre bien que même si sportivement les Celtics semblent maintenant engagés sur un chemin assez clair, les aspects financiers vont venir compliquer l’équation et qu’il faut encore s’attendre à des rebondissements dans les années à venir.

Article rédigé par Hugo Geindre et Léo Hurlin

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