Irving aux Celtics : le profil du joueur

Qui dit transfert exceptionnel dit couverture exceptionnelle.

Après un article analysant la contrepartie du transfert Kyrie IrvingIsaiah Thomas ainsi que la stratégie de Danny Ainge – stratégie qui divise plus que jamais les fans non seulement des Celtics mais de NBA en général – voici désormais un article sur le profil de la nouvelle recrue d’un GM n’ayant jamais aussi bien porté son surnom de « Trader Danny », et plus précisément une comparaison en plusieurs points avec Thomas.

Sa carrière :

Avant de nous pencher en détail et en chiffres sur Irving en tant que joueur, et puisque nous ne l’avons pas fait de manière directe dans le premier article évoquant le transfert en profondeur, il nous semble important de débuter cet article en revenant sur sa carrière et quelques-unes des interrogations qui l’ont jusque-là émaillées.

Nul besoin de présenter Isaiah Thomas, qu’en deux ans et demi nous avons tous appris à connaître tant sur le terrain qu’en-dehors et au sujet duquel nous ferons un article hommage. Nul besoin non plus de remettre sur le tapis les arguments tant sportifs que financiers ainsi que les interrogations qui en découlent et qui pourraient justifier le choix de Danny Ainge de s’en séparer, indépendamment de la contrepartie.

Passons donc à Kyrie Irving.

Individuellement, et ce en dépit d’un palmarès et d’une expérience à faire rêver plus d’un joueur NBA, c’est tout comme Thomas avec son lot de questions qu’il débarque chez l’équipe qu’il a contribué à éliminer lors des dernières Finales de la Conférence Est. Ces questions sont en revanche bien différentes de celles qui entourent Thomas et ont d’ailleurs certainement précipité son départ.

Kyrie Irving peut-il porter une équipe ? Peut-il étoffer son jeu et devenir plus qu’un formidable soliste ? Ce sont des interrogations légitimes, que n’a jamais réellement dissipées Irving durant sa carrière.

Alors qu’il était jeune, mal coaché, mal entouré et qu’il évoluait dans une franchise affreusement mal gérée, ses premières années sans LeBron James ont notamment été source de critiques sur sa capacité à devenir un franchise player. Il a par exemple dû essuyer plus de plâtres qu’un John Wall avec qui sa trajectoire de carrière est souvent comparée et qui n’a pourtant jamais récolté autant de critiques que son homologue, malgré des saisons pas franchement plus flamboyantes collectivement.

Un autre axe de comparaison entre Irving et Thomas qu’il nous semble intéressant d’explorer demande de resituer l’arrivée d’Irving dans le Massachusetts par rapport à celle de Thomas.

En premier lieu, il convient de rappeler que Thomas est arrivé à Boston en 2015, quelques jours seulement après avoir fêté ses 26 ans et dans une situation très particulière. Il arrivait en effet dans une équipe dans le flou total, une équipe qui aura à la fin de la saison vu passer pas moins de 41 joueurs. Peu après son arrivée dans le transfert de Rajon Rondo, Jae Crowder remettait par exemple directement en question les motivations du front office, indiquant qu’il était pour lui hors de question de tanker. C’est dans ce contexte que, moins de trois mois après Crowder, Isaiah Thomas posait ses bagages à Boston.

Risquait-il alors de se planter ? Non, l’échec au niveau individuel était inconcevable, Thomas ne pouvait que se montrer à son avantage. Il devenait immédiatement un motif d’espoir, le meilleur talent offensif de l’équipe, et surtout, un joueur à qui l’on donnait immédiatement carte blanche.

La suite, on la connaît, c’est une qualification surprise en playoffs et un Thomas qui se développe sous l’égide de Brad Stevens au point de devenir non seulement le chouchou du TD Garden mais aussi et bel et bien une star.

Irving arrive donc désormais à son tour à Boston, à 25 ans et déjà auréolé de ce même statut de star – statut qu’il possède d’ailleurs depuis l’époque de sa draft en 2011. A contrario d’un Thomas qui ne pouvait de toute façon être qu’une plus-value pour l’effectif, c’est avec non pas le bénéfice du doute qu’il fera ses débuts en vert, mais d’ores et déjà une étiquette sur le dos.

Ce qui nous renvoie à ses capacités de leadership, pointées du doigt : que l’on parle de ses premières années ou même des plus récentes et de son niveau lorsque LeBron se repose, il est vrai que son bilan sans James n’est pas reluisant. C’est un fait, et c’est une des craintes majeures des gens qui jugent ce transfert comme perdant pour les Celtics. Mais qu’avait accompli Thomas avant d’être envoyé à Boston ? Les attentes n’étaient certes pas les mêmes, mais le fait est que Thomas est devenu en deux ans et demi une star et le leader d’une équipe qu’il ne voulait même pas rejoindre à l’époque.

D’ailleurs, et c’est tout à fait anecdotique, mais à en croire l’ancien GM des Cavs David Griffin, Kyrie Irving avait mis les Celtics sur sa short list et ce en raison de la présence de Stevens. C’est anecdotique dans le sens où Irving n’avait certainement aucun contrôle sur son destin, mais cela reste tout de même appréciable. À ce sujet, il faut aussi signaler qu’Irving a fait un joli geste en faveur des Celtics en renonçant à un trade kicker de 15%. Il s’agit d’une clause contractuelle stipulant une augmentation du salaire de 15% en cas de transfert.

Et si l’on pousse la comparaison entre les deux stars jusqu’à la saison qui vient de s’achever, qui peut nier que Thomas profitait d’un système bien plus – si ce n’est totalement – adapté pour le mettre en valeur, et donc de bien meilleures opportunités de briller (même si la qualité de passe de James est remarquable) ? De plus, toujours dans cette même logique de comparaison, il convient de rappeler que l’un évoluait sous les ordres de Brad Stevens quand l’autre était coaché par Tyronn Lue.

Il est donc tout à fait légitime d’espérer que Brad Stevens, tout comme il a fait d’Isaiah Thomas une star, permettra à un Kyrie Irving plus jeune de franchir lui aussi un cap et de faire taire certaines critiques formulées à son encontre.

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