Irving aux Celtics : le profil du joueur

Son jeu :

Intéressons-nous maintenant au terrain, aux points communs et aux différences entre le jeu d’Irving et celui de Thomas et plus généralement à comment Irving pourra s’intégrer à sa nouvelle équipe.

Avant toute chose, voici une petite infographie de leurs lignes statistiques respectives de la saison passée.

Comme vous pouvez le constater, Irving et Thomas sont deux joueurs aux productions assez similaires, deux meneurs qui sont d’abord des machines à scorer avec d’excellentes capacités de pénétration et une très bonne adresse à trois-points.

Il est donc nécessaire de pousser un peu plus loin l’analyse pour décrypter leur jeu. Voyons tout d’abord comment se répartissaient leurs actions la saison passée.

JoueurIsolationSpot-UpSortie d'écranHandoffTransitionPick and Roll
Isaiah Thomas9,1%13,8%8,7%11,1%15,8%34,4%
Kyrie Irving21,4%8,0%4,1%5,5%15,4%34,0%

Voyons à présent un tableau avec des percentiles, qui expliquent où les deux joueurs se classaient dans la ligue en terme d’efficacité sur chacune de ces actions.

NB : pour donner un exemple, le 95,3e percentile en isolation pour Isaiah Thomas signifie qu’il était plus efficace que 95,3% des joueurs de la ligue dans les situations d’isolation la saison passée.

JoueurIsolationSpot-UpSortie d'écranHandoffTransitionPick and Roll
Isaiah Thomas95,3%92,4%85,8%80,8%65,0%94,1%
Kyrie Irving94,9%84,6%85,0%73,3%59,0%82,9%

On remarque tout de suite qu’Irving utilise beaucoup plus le jeu en isolation que Thomas. C’est assez logique puisque c’est l’un des meilleurs joueurs d’isolation de la ligue (1,12 points par possession sur ces phases de jeu la saison passée), qu’il a toujours joué comme ça et que cela était utile pour débloquer des situations chez les Cavaliers dont le jeu offensif est moins huilé ou tout simplement faire la différence en playoffs. Il devrait moins y recourir aux Celtics, dont la part des isolations dans leur scoring n’était que de 5,5% l’an dernier (contre 11,9% pour les Cavaliers), mais il est également possible que Brad Stevens lui lâche un peu la bride sur ce point étant donné son efficacité (412 points marqués en isolation l’an dernier). La manière dont il arrivera à s’adapter à un jeu plus collectif et sa volonté à obéir aux demandes du coach seront à suivre de près.

Autre point très intéressant, Irving et Thomas effectuaient à peu près autant d’actions en tant que porteur de balle sur pick and roll l’un que l’autre. Voilà donc un point qui ne devrait donc poser aucun problème au niveau de l’adaptation et c’est tant mieux puisque c’est l’une des actions les plus importantes du basket. Les pick and roll ont notamment permis de faire passer l’attaque des Celtics à un niveau supérieur l’an dernier avec l’arrivée d’Al Horford, débloquant par là même de nouvelles facettes du jeu de Thomas. Kyrie était un peu moins efficace sur ces actions qu’Isaiah mais ses statistiques sont tout de même excellentes.

C’est également l’occasion de noter la saison absolument délirante statistiquement d’Isaiah Thomas qui figure dans la plupart des classements de joueurs les plus efficaces de la ligue sur tous les types d’actions. Bien sûr, le talent du joueur y est pour beaucoup mais pratiquement aucun joueur ne peut atteindre une telle efficacité s’il n’est pas placé dans des conditions absolument parfaites. Il y a donc fort à parier qu’Irving profite de ces mêmes conditions pour briller de la même manière, d’autant qu’il ne sera plus la deuxième option offensive dans une équipe construite autour d’un autre joueur.

Le nouveau meneur des Celtics devra progresser dans un domaine offensif bien précis, le jeu sans ballon. La saison passée, Thomas était impliqué dans des systèmes handoff deux fois plus souvent qu’Irving avec une bien meilleure efficacité. On parle de handoff quand un joueur vient récupérer le ballon directement dans les mains d’un de ses coéquipiers, souvent en s’étant d’abord démarqué à travers des écrans. Stevens a fait travailler Isaiah sur ce genre de système où le meneur commence loin du ballon et les a de plus en plus utilisé. Gageons qu’il saura faire pareil avec Irving.

On pourrait s’inquiéter des capacités de playmaking d’Irving dont ce n’est pas la première qualité, mais ce n’était pas non plus celle d’Isaiah Thomas qui s’en est pourtant fort bien tiré durant son passage. Avec un coach comme Brad Stevens et des joueurs comme Gordon Hayward et Al Horford autour, il n’aura pas la pression de devoir organiser le jeu tout seul et pourra travailler sereinement cet aspect de son jeu pour étoffer sa palette.

Enfin, pour ce qui est de la défense, il est clair que comme Thomas, Irving n’est pas très réputé dans ce domaine, bien que statistiquement légèrement meilleur aux interceptions et aux contres. La différence entre les deux est que les limitations de Thomas sont intrinsèques alors que celles d’Irving se situent pour l’instant dans l’attitude et la volonté. Si Kyrie fait des efforts dans ce domaine, alors il peut potentiellement atteindre un bien meilleur niveau que Thomas. On compte notamment sur Marcus Smart pour le convaincre et lui montrer comment faire.

Article rédigé par Hugo Geindre et Léo Hurlin, partie statistique inspirée d’un article de Sporting News

Prev2 of 2Next
Use your ← → (arrow) keys to browse

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *