Adieu Boston

Nov 6, 2015; Boston, MA, USA; Boston Celtics guard Isaiah Thomas (4) celebrates against the Washington Wizards during the first half at TD Garden. Mandatory Credit: Mark L. Baer-USA TODAY Sports

C’est marrant, je venais de finir de célébrer une occasion. Quand Danny m’a appelé, je quittais l’aéroport alors que ma femme, Kayla, et moi revenions de notre anniversaire de mariage. Nous étions partis à Miami pour quelques jours, et désormais sur le chemin du retour à la maison, à Seattle.

J’ai raté l’appel, probablement parce que j’étais occupé à quelque chose d’autre dans la voiture. Danny m’a laissé un message.

« IT, appelle moi quand tu peux. »

Ça sonne dramatique, mais c’est un message somme toute classique de la part de Danny. C’eût pu être à propos de tout et n’importe quoi. Je l’ai donc rappelé, en train de conduire et sans vraiment réfléchir à quoi que ce soit. Il savait que je revenais de voyage, donc il m’a posé quelques questions à ce sujet. Je suis sûr de lui avoir demandé comment il allait, peut-être comment se portait sa famille. Comme un appel normal quoi.

Au milieu de tout ça, il y a eu une toute petite pause dans la conversation. Presque rien. Et c’est là qu’il me l’a dit.

« Je viens de t’échanger. »

Aussi brut que ça. Pas de grandes phrases, pas de grands discours. Et quand ça vient comme ça, il n’y a pas grand chose à répondre.

« Où ça ? » C’est tout ce que j’ai réussi à répondre.

« Aux Cavaliers, pour Kyrie. »

Et c’est là que… wow. Vous avez déjà été au téléphone, alors que quelqu’un dit quelque chose et d’un coup d’un seul, tout ce que vous vous dites après ça, c’est « j’ai plus envie d’être au téléphone là maintenant » ? Même pas dans un sens méchant. Simplement, votre volonté d’avoir une conversation avec quelqu’un disparait en un instant. C’est personnellement ce que j’ai ressenti à ce moment précis.

Danny a alors commencé à me parler de tout ce que j’avais fait pour la ville de Boston, pour l’organisation des Celtics, à la fois sur et en-dehors du parquet, à me dire quel grand joueur j’étais et quel grand joueur j’allais devenir aux Cavaliers. Vous voyez, ce genre de choses, quoi. Et de l’autre côté du fil, j’étais là à me demander pourquoi me dire ça maintenant. Je voulais rien entendre de tout ça à ce moment-là.

J’ai donc dû le couper plusieurs fois. J’ai dû lui dire des trucs du genre « j’apprécie que tu me dises tout ça, mais là présentement, j’ai pas vraiment besoin que toi ou moi nous disions quelque chose ».

Voilà l’essentiel. L’appel, c’était ça.

Et là… tellement de choses se sont bousculées dans ma tête à ce moment. Mais j’ai presque eu besoin de tout rejeter pour le moment. Mon premier instinct a été de penser aux conséquences pour ma famille. J’ai pensé à mes deux fils, James et Jaiden, et le fait d’avoir à leur dire qu’il était l’heure de déménager. Je savais que ça allait être un choc pour eux. Tout d’abord, parce que c’était juste avant la rentrée scolaire. Et ensuite, parce que Boston commençait à devenir une vraie maison pour eux. Et pour nous tous.

Les garçons étaient restés chez ma mère pendant que Kayla et moi étions en voyage. Dès que nous sommes arrivés à la maison, on les a appelés sur Facetime. Je savais que la nouvelle allait fuiter tôt ou tard, et je voulais m’assurer que je serais celui qui leur annoncerait. C’est donc ce que j’ai fait : Papa s’est fait trader.

James, mon plus vieux – qui doit vraiment être le fils de son père, parce qu’il a posé la même question que moi : « Où ça ? »

« Cleveland. Ils m’ont échangé pour Kyrie. » Et je suis sûr que vous savez ce qui est arrivé ensuite.

« LEBRON ! LEBRON JAMES ! Papa ! Tu vas jouer avec LeBron James !

Jaiden, mon petit, est peut-être plus sensible – et fou amoureux de Boston. Je savais que la nouvelle pourrait plus le toucher. Et en observant sa réaction, je ne m’étais pas trompé. On aurait dit que la nouvelle lui avait brisé le coeur. Je lui ai donc demandé : « Jaiden, tu es content ou triste ? »

« Triste. »

« Pourquoi ? »

Il a alors répondu : « Parce que Cleveland n’a probablement pas de skate parks. »

Il est plutôt doué pour skater, ce genre de trucs. Et ça l’énervait de possiblement devoir arrêter. (Cleveland, si vous avez des skate parks, mentionnez-moi sur Twitter)

Quelques heures plus tard, c’était partout sur les réseaux sociaux. Ca explosait de partout. J’ai dû recevoir un millier de messages et dû voir un millier de réactions.

Ces deux premières réactions de mes fils ? C’est tout ce dont j’avais besoin, en vérité. Toutes ces réactions, ces rumeurs, ces analyses d’experts… mes enfants m’ont donné plus en deux minutes de FaceTime. Tout ce trade et ce que ça impliquait, mes fils l’ont ramené aux deux choses qui avaient de l’importance.

Un, comme mon fils aîné l’a dit : « LeBron James ». Ou dit autrement, j’ai l’occasion de rejoindre la meilleure équipe de l’Est, et d’essayer de gagner un titre avec le meilleur joueur du monde.

Deux, comme mon plus jeune l’a dit : « Triste. » Ou dit autrement, p*tain, cette ville va me manquer.

P*tain, être un Celtic va me manquer.


Oui, je vais le dire comme je le pense : ça fait mal. Ca fait très mal.

Et je ne vais pas vous mentir, ça fait toujours mal.

Ce n’est pas que je ne comprends pas. Evidemment, je comprends : c’est un business. Danny est un businessman, et il a fait un move pour son business. Je ne suis pas d’accord avec celui-ci, personnellement, et je ne pense pas que les Boston Celtics se soient améliorés en faisant cela. Mais ça n’est pas mon job, c’est celui de Danny. C’est un boulot difficile, pour lequel il s’est montré très bon dans le passé. Mais au final, ces trades ne se résument qu’à une chose : le business. Donc je n’ai pas de rancoeur au final. Je suis un adulte, et je sais dans quoi j’ai mis les pieds quand je suis entré dans cette ligue – qui m’a pour l’instant apporté bien plus de bonnes choses que l’inverse. Je ne suis pas là à écrire cette lettre pour dire que j’ai été floué. Je ne l’ai pas été. Boston avait le droit de m’échanger, ils l’ont fait.

De plus, sur beaucoup d’aspects, je pense que c’est une bonne leçon. Pas seulement pour moi, mais pour la ligue toute entière. De même pour les fans et les médias et leur façon de parler des joueurs qui changent d’équipe. Je repensais à l’année passée avec KD et sa free agency, et la façon dont il a été traité pour avoir pris la décision qu’il pensait la meilleure pour lui et son futur. La façon dont il a été traité, juste pour avoir fait ce que le statut de free agent dans cette ligue lui permettait. D’un coup d’un seul, c’était : « oh, il pense qu’à sa gueule », « oh, c’est un traître ». D’un coup d’un seul, pour avoir fait son business, et le faire bien selon lui, il a été vu comme le méchant garçon.

Je pense que mon trade peut montrer ça aux gens. Je veux qu’ils voient mon trade – sans avoir été mis en garde – par la franchise pour qui j’ai tout donné et pour qui j’ai saigné. C’est la raison pour laquelle les gens doivent ajuster leur perspective. A part quelques exceptions, à part être free agent, 99 fois sur 100, les propriétaires ont tous les droits. Quand les joueurs se font bouger de droite à gauche, quand leur vie bascule sans crier gare, et que ça ne pose aucun problème, alors que quand une fois de temps en temps, les rôles s’inversent et le joueur contrôle son destin… alors c’est un scandale ? Il faut être honnête. Ca en dit long sur cette ligue, et sur la société en général. Et ça en dit long sur le chemin qu’il reste à parcourir.

Comme je l’ai dit, je n’ai pas de rancoeur. J’espère simplement que la prochaine fois qu’un joueur quitte une franchise à la free agency et que quiconque voudra monter au créneau pour écrire une critique sur cette décision ou un tweet féroce à son encontre, peut-être qu’il sera temps de réfléchir à deux fois. Peut-être que ces gens-là regarderont la ligue d’une façon globale, regarderont un cas comme le mien, et se rappelleront que la loyauté, ça n’est qu’un mot. Ca peut être un mot puissant seulement si vous voulez qu’il le devienne. Mais quand ça touche au business, il n’y a plus grand chose qui compte.

En même temps, les gens doivent comprendre. Malgré tout ce que je viens de dire, ça toujours mal. Super mal. Et j’espère que les gens pourront comprendre que quand je dis que ça fait mal, je ne pointe personne du doigt. Je n’ai pas été blessé par quelqu’un en particulier, ou floué, ou trahi. Je dis simplement que je ne suis qu’un être humain. J’agis peut-être comme un dur sur le terrain. Et on pourrait peut-être croire que je suis insensible à tout lorsque je suis en compétition. Mais en réalité, je ne le suis pas vraiment. J’ai un coeur, comme tout le monde.

Donc quand je dis que ça fait mal, ce n’est pas à cause de ce que quelqu’un a pu faire. C’est simplement à cause de quelque chose que j’ai fait.

Je suis tombé amoureux de Boston.


Quand les Celtics ont monté un échange pour moi, je savais ce qu’il allait se passer. Je connaissais le rôle qui allait être le mien, le même que celui que j’ai eu pendant toute ma carrière. « Un scoreur, pouvant mener la balle par moments », « Du scoring immédiat en sortie de banc », « Un sixième homme ». C’était déjà mon troisième arrêt en quatre ans, et ça n’est pas vraiment le plan de carrière d’un franchise player, ou d’un meneur de jeu prometteur. La ligue ne me voyait pas comme ça. Et je le savais.

Quand je suis arrivé, je savais que les fans des Celtics savaient ça également. Ils savaient que je venais pour être un des membres d’un long processus de reconstruction, et qu’il n’était pas l’heure de penser aux playoffs ou à n’importe quoi d’autre. On était censé connaitre des années de transition. Vous savez, additionner des assets. Trouver des jeunes talents pas très cher. Et probablement, en perdre un paquet.

Du moins, c’est ce que tout le monde nous disait.

Je pense que c’est pour cette raison que je me suis si vite adapté à la ville de Boston, et pourquoi ça a marché si vite entre nous. Toute ma vie, j’ai voulu gagner et jouer un bon basket. Mais soudainement, en tant que professionnel, on est venu me dire que je devais être un joueur du banc et que la meilleure chose à laquelle je pouvais prétendre, c’était être le scoreur d’une équipe en reconstruction. Et c’est à peu près comparable à cette époque pour les Celtics : toute leur existence, ils ont joué un grand basket et ont sans cesse gagné. Et soudainement, on dit aux fans qu’il faut reconstruire et que l’équipe sera une lottery team pour un petit bout de temps. Moi-même, mes coéquipiers et les fans des Celtics, on avait le même coeur, la même mentalité. On voulait tous gagner – maintenant -. On était tous là : « p*tain, n*que la lotterie. »

Au fil du temps, ça s’est développé pour devenir une connexion spéciale entre nous. Tout le monde a dû ravaler ses chiffres et ses statistiques – et tous ces experts qui pensent connaitre la ligue du bout des doigts. Moi, ils ne me connaissaient pas. Et ils ne connaissaient pas l’importance d’une culture de la gagne – venant des fans, des joueurs, des coachs, du front office, de tout en bas de l’organisation jusqu’en haut. On avait ça ici. C’est la première fois, la première organisation, le premier groupe de fans dans cette ligue qui ne m’a pas regardé comme ça, qui n’a pas regardé ma taille, et qui m’a donné un rôle différent des autres. Les Celtics m’ont donné une chance d’être un grand. Et je ne l’oublierai jamais.

Les gens me parlent beaucoup des playoffs de l’an passé. Ils me demandent comment, même après le décès de ma soeur Chyna, j’ai pu jouer ce match 1 face à Chicago. Ce qui est fou, c’est que la raison pour laquelle j’allais jouer au départ a fini par être légèrement différente de la raison pour laquelle j’ai fini par jouer. Au départ, je me suis dit que j’allais jouer parce qu’honnêtement, c’est dans ma mentalité quand ça touche le basket. Ca a toujours été comme ça. Peu importe ce qui arrive dans ma vie, je peux aller sur un terrain. Tout ce que j’ai à faire, c’est en trouver un et je me sentirai bien durant tout le temps que je passerai sur ce terrain. C’est ce que le basket a toujours représenté pour moi, dans les hauts et les bas de ma vie. Ca me protège de tout de ce que je traverse dans ma vie.

Quand je suis arrivé dans la salle ce soir-là, après le décès de Chyna, je me suis dit que j’avais besoin de ça. J’avais besoin que ce terrain me protège, m’aide à oublier. Mais quand je suis sorti sur ce parquet ? C’était un de ces trucs que je ne peux pas décrire. Ces applaudissements, je peux encore les entendre. Ces affiches, je peux encore les voir : THIS IS FOR CHYNA. WE <3 ISAIAH. Ce genre de choses. Ensuite, il y a eu cette minute de silence de la part de toute la salle, en l’honneur de Chyna. A ce moment, j’ai réalisé que je n’avais pas besoin de la protection du terrain. Je n’avais pas besoin de faire semblant et prétendre que je n’étais pas en deuil. Je n’avais pas à affronter ça seul. Toute la salle était là avec moi. Honnêtement, j’ai eu le sentiment que la ville entière de Boston était avec moi ce soir-là.

Et à ce moment, ça m’a touché. Evidemment que je dois jouer. Avant tout, je vais le faire pour Chyna et pour ma famille. Mais je vais aussi le faire pour ma ville. Ce qu’il me montrent là ce soir, c’est tout ce dont j’ai besoin. Savoir que je ne suis pas seul. Ils me montrent là qu’ils traversent la même chose que moi en ce moment. Ils me montrent que je suis l’un des leurs, et qu’on traverse ça ensemble. Alors traversons cette épreuve ensemble.

Et pendant ces deux ans et demi, c’est ce qu’on a fait.


Je vais le dire maintenant pour en finir – et vous pouvez écrire quoi que ce soit à ce propos : il va pas falloir prendre les Cavs à la légère cette année. Ca va être une grande année pour être fan des Cavs, vraiment une grande année. Et j’ai hâte de la démarrer.

Du point de vue du basket, c’est un rêve d’atterrir dans cette équipe. Si vous avez regardé un quelconque match des Celtics l’an passé, vous savez combien de prises à deux ou à trois je devais affronter pour me créer mon tir. Ca s’est bien terminé pour nous puisque mes coéquipiers ont très bien joué et que j’ai pu trouver de l’adresse. Mais cette année… Ca ne sera même pas un problème. Vous allez me prendre à trois alors que le meilleur joueur du monde est sur le parquet ? Nan, je pense pas.

C’est LeBron. Je regarde ce roster, et je vois tous ces gars avec qui j’ai hâte de jouer : Kevin Love (réuni avec mon ancien coéquipier d’AAU !), Tristan Thompson, JR Smith, Iman Shympert… et ça n’est pas un accident si ces gars-là ont gagné l’Est trois ans consécutifs. Maintenant, vous m’ajoutez à eux, avec D-Rose et mon gars Jae ? Ce roster, c’est quelque chose. Cavs fans, let’s get ready to rock and roll.

Bien sûr, être dans l’équipe qui règne sur l’Est maintenant, ça me donne un mélange d’émotions, parce que c’était notre but avec Boston depuis quelques temps, de battre les Cavs et remporter la Conférence. Et je sais que c’est encore maintenant le but de Boston. Maintenant, c’est à moi de les en empêcher. Et c’est dur. Parce que quand arriveront les playoffs et que j’aurai à affronter les Celtics… je ne sais pas comment l’expliquer. Ca ne sera pas seulement une de mes anciennes équipe. Ca sera mon ancienne équipe. Cette attaque d’élite, ces 30 et quelques matchs à la télévision nationale, cette nouvelle destination pour les free agents… j’ai l’impression d’avoir aidé à bâtir ça. J’ai participé à la création de tout ça.

Et en playoffs, d’un coup, il va falloir que je me dise : ok, maintenant il faut les détruire.

C’est triste. C’est simplement triste.

Mais je ne suis pas venu à Cleveland pour perdre.


Comme je l’ai dit, quand la nouvelle est arrivée, j’ai eu des tonnes de messages. Mes sms, Instagram, Twitter, ma messagerie vocale, tout ça a explosé. Un message en particulier, m’a touché. Il venait de Tom Brady.

« IT, what’s up, je viens de voir la nouvelle. Ca va ? »

« Ca va bien. Enfin, c’est fou. C’est un monde de fou. »

« Oui, ça l’est. Je te souhaite le meilleur. Tu vas faire de grandes choses. On reste en contact. »

Ce n’était pas vraiment à propos de ce qu’il avait à me dire – bien que ça soit cool de sa part de me dire ça. C’est plutôt la signification de tout ça qui m’a touché. Recevoir un message de quelqu’un comme Tom, qui est une légende du sport à Boston… J’ai eu un drôle de sentiment.

Au début, ça m’a un peu fait mal, je dois l’avouer. Quand on voit la carrière de Tom avec les Pats, c’est exactement ce que je voulais bâtir ici à Boston : être un pick de draft aussi bas, arriver sur la pointe des pieds et puis, avec du travail, de la détermination et du talent que les gens avaient peut-être négligé, alors commencer à gagner, gagner et gagner. Et alors, laisser un vrai héritage. Rester à Boston, gagner des titres, se battre comme si c’était le dernier, pour le reste de ma carrière, jusqu’à être considéré comme un des plus grands à Boston. C’est ce que j’avais commencé à imaginer pour la fin de ma propre carrière. Dans mon esprit, je voulais être une version Celtics des Brady et Ortiz. Je voulais que cette ère à Boston rentre dans l’histoire, et je voulais rentrer dans l’histoire de Boston avec cette ère. Quand j’ai reçu ce texto de la part de Tom, une partie de tout ça s’est envolé.

Mais en y repensant, j’ai changé un peu d’avis. Oh, c’est Tom Brady. Je ne suis resté là que deux ans et demi. Tom Brady n’envoie pas ce genre de message à des mecs qui ont joué à Boston seulement deux ans et demi – sauf s’ils ont fait quelque chose de vraiment spécial. Donc peut-être, je sais pas, peut-être que c’est quelque chose dont je peux être fier. Et peut-être que mon passage ici, même si ce n’est pas exactement ce dont j’avais rêvé, a marqué les gens.

Je crois que c’est là où j’en suis aujourd’hui. Je suis toujours blessé, et je suis toujours triste de partir. Je suis certain que la famille que j’ai construite aux Celtics va me manquer un certain temps. Mais je vais à Cleveland maintenant, pour y faire ce que je sais faire. Je vais tout donner. Ce n’est peut-être pas la carrière dont je rêvais l’an dernier, ou même le mois dernier mais quand on y pense, c’est ce à quoi ressemble ma carrière depuis le départ. Ca n’a jamais été un rêve éveillé, et il ne s’est jamais passé ce à quoi je m’attendais qu’il se passe. C’est juste mon histoire.

Je ne serai jamais Tom Brady maintenant. Je ne serai jamais David Ortiz. Je ne serai jamais Bill Russell, ou Paul Pierce, ou Kevin Garnett, ou Larry Bird. Mais j’aime à imaginer une chose.

J’aime imaginer qu’un jour, pas si lointain que ça, quelque part à Boston, quelqu’un va devenir père / mère de famille, parlant de basket à ses enfants. Et que ses enfants, aussi brut qu’ils peuvent l’être, demandent : « eh, pourquoi t’es devenu fan des Celtics ? »

Et que ce père, cette mère, se souvienne alors, sourisse, et lui dise la vérité :

« J’ai vu Isaiah Thomas jouer. »

Ca me rendrait très heureux. Et pour moi, je pense que ça suffira.

Traduction par Baptiste Godreau de la lettre d’adieu d’Isaiah Thomas à Boston sur The Players’ Tribune : « This Is for Boston« 

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