Marcus Smart dans les traces de Chauncey Billups

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Chaque été, les assistants coaches des Celtics sillonnent le pays afin de passer du temps avec les joueurs. Ils travaillent sur de nouvelles choses, reviennent sur certains acquis, et renforcent tout simplement leurs liens.

Au cours de cette intersaison, Jay Larranaga avait pour tâche de travailler une fois de plus avec le solide Marcus Smart, qui entre dans sa quatrième saison. Mais Larranaga avait décelé qu’en plus du travail qu’il allait faire avec Smart, une aide extérieure pourrait apporter un plus.

« Je pense que c’est important d’avoir un mentor, explique Larranaga. Après tout le temps que j’ai passé à travailler avec Marcus, je commence à bien le connaître en tant qu’individu, que ce soit sur son physique, ses qualités athlétiques, sa trajectoire de carrière, tout ça. »

C’est ainsi que Larranaga remarqua des ressemblances entre Smart et Chauncey Billups, sept fois All-Star et aujourd’hui retraité. Il appela donc Tyronn Lue, l’actuel entraîneur des Cavaliers, ancien assistant coach à Boston et accessoirement l’un des meilleurs amis de Billups, afin de lui demander si Billups accepterait de rencontrer Smart. Billups répondit quasiment aussitôt.

« Il m’a dit qu’il était déjà un gros fan de Marcus, mais qu’il voyait tout de même des choses dans son jeu qu’il pourrait améliorer, et qu’il aurait aussi peut-être des connaissances et son expérience à partager, des choses qui seraient utiles », précise Larranaga.

« Pour moi, il avait tout d’un très bon mentor pour Marcus. Rien que par leur style de jeu, deux guards physiques, très bons sur pick and roll, pour trouver le joueur ouvert, ou rien que par leur capacité à rendre leurs coéquipiers meilleurs, ça faisait sens, tout simplement. »

Billups invita donc Smart et Larranaga à le retrouver à Denver, ce qu’ils firent à la fin du mois d’août pendant trois jours. Tout comme Smart, Billups avait passé la première partie de sa carrière un peu à la recherche de son véritable poste. C’était alors un défenseur infatigable, aux qualités de meneur quelque peu brutes. Heureusement, il put compter sur Terrell Brandon pour lui donner quelques leçons en véritable patron sur le terrain.

Smart et Billups travaillèrent à l’Université de Denver. Au programme, des workouts, des sessions vidéo, mais aussi tout simplement des discussions sur les nuances du jeu. Ayant pris part au tournoi de la BIG 3 plus tôt dans l’été, Billups souffrait un peu du genou et ne put donc pas prendre directement part aux workouts face à Smart. Partie remise ?

« C’était génial, se remémore Smart. Chauncey et moi, on se ressemble sur pas mal de points. Des meneurs avec un gros physique, qui aiment donner le ton, qui aiment le contact. Du coup, c’était vraiment bien de pouvoir apprendre d’un gars comme lui, quelqu’un qui sait ce que jouer en NBA durant aussi longtemps demande, ce que gagner un titre demande. »

Billups, autrefois considéré comme un shooteur en-deçà de la moyenne, a réussi au cours de sa carrière à devenir un des joueurs les plus respectés au tir. Au cours de ses trois premières saisons dans la ligue, il n’a ainsi inscrit que 33,1% de ses tentatives derrière l’arc. Par la suite, il réussit à finir cinq saisons au-delà de la barre des 40% de réussite aux tirs primés, dont deux parmi le top 8 des joueurs NBA dans l’exercice.

Après trois saisons en NBA, Smart pointe à 29,1% de réussite à trois points. L’anecdote sur Billups est donc porteuse d’espoirs.

Sur le parquet, Billups se contenta de montrer des choses simples à Smart, comme de nouvelles façons plus créatives de trouver des ouvertures pour tirer. Mais le conseil de Billups que Smart trouve le plus utile concerne la préparation.

« Il m’a donné des conseils pour devenir plus professionnel, travailler plus intelligemment, faire des choses qui aident sur le long terme, rapporte Smart. Il m’a parlé de l’importance de trouver une routine de travail, m’y cantonner, trouver ce qui marche pour moi. Il m’a dit qu’il fallait aller à l’essentiel et y prendre du plaisir, toujours dans l’optique de se mettre en mode ‘match’. »

Larranaga raconte que Smart a commencé cette préparation nécessaire pour devenir un grand joueur. Il rappelle que Smart, grand compétiteur, a toujours tout donné mais ajoute que ce dernier comprend qu’il en faudra plus pour accéder à l’élite.

« Les champions consacrent beaucoup de temps et d’énergie à leur préparation, affirme Larranaga. Ils prennent soin de leur corps, ils bossent sur leur jeu, ils font attention aux soins qu’ils reçoivent. Ils ont un mode de vie sain, ils sont sains et ils cherchent toujours à devenir meilleurs. C’est ce que fait Smart en ce moment. »

Au training camp des Celtics, difficile de ne pas remarquer la nouvelle silhouette d’un Smart plus affûté que jamais. À ce sujet, Smart a confié qu’à la fin de la saison passée, avant même que Danny Ainge ne lui suggère de perdre du poids, il avait déjà commencé à échafauder un plan avec ce même objectif en tête. Son régime est aujourd’hui davantage basé sur la cuisine méditerranéenne, et il a repensé tout son programme de récupération par le sommeil. Résultat ? Une perte de poids de presque neuf kilogrammes.

Larranaga estime que ces changements portent déjà leurs fruits, mais est persuadé que Smart n’atteindra son potentiel maximum que dans deux ans.

« Lorsque je regarde Marcus, je vois un joueur qui va devenir très bon à trois points, sur pick and roll, et un défenseur niveau élite, confie-t-il. Je pense qu’il va s’améliorer encore et encore au tir et dans ses décisions, et qu’il va également progresser en défense, surtout en étant devenu moins lourd et plus rapide. »

Smart partage ces ambitions, et espère que Billups continuera de l’accompagner sur cette voie. Tous deux ont continué d’échanger depuis leur petite session du mois d’août dans le Colorado, et Smart a confessé qu’il contacterait certainement Billups après certains matchs cette saison afin d’avoir de nouveaux conseils.

« Pour moi, aucun doute, ce lien entre nous s’annonce spécial », conclut-il.

Traduction par Léo Hurlin de l’article du Boston Globe : ‘Marcus Smart got a key assist from Chauncey Billups this offseason

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