Retour sur l’incroyable été des Celtics

gordon-haywardal-horfordkyrie-irving-1cca403922d2fc76

A quelques heures seulement de la reprise tant attendue de la NBA, nous vous proposons de vous replonger dans l’intersaison pleine de rebondissement des Celtics, qui ont vu une majeure partie de leur effectif chamboulé.

Nous sommes début août, la seule époque de l’année où la plupart des General Managers peuvent normalement s’accorder un peu de repos. Ce n’est pas le cas de Danny Ainge, en permanence au téléphone avec d’autres franchises.

Le GM des Celtics se trouve alors à une collecte de fonds à Provo dans l’Utah pour apporter son soutien à son fils, Tanner, en pleine campagne pour briguer un siège au Congrès (élection qu’il finira par perdre mi-août).

Alors que cette offseason s’était déjà avérée riche en rebondissements, Ainge, jamais rassasié, est à ce moment-là impliqué dans les premières phases des négociations en vue de conclure un deal qui mettrait toute la NBA en ébullition: un blockbuster trade basé autour d’un échange entre les deux meneurs All-Star Kyrie Irving et Isaiah Thomas, idole de tout un peuple.

A Provo, Ainge est normalement considéré comme une rock star, puisque sous les couleurs de l’université locale, la Brigham Young University, il avait inscrit le panier de la gagne sur un coast-to-coast dans les ultimes secondes pour vaincre Notre Dame à la March Madness 1981, ce qui reste encore comme l’un des moments de sport les plus célèbres de la région. Mais ce jour-là, il suscite surtout la rancœur des fans du Jazz, lui reprochant de leur avoir ravi Gordon Hayward à la free agency, un peu plus tôt dans l’été.

Après avoir passé l’après-midi à la collecte de fonds, et à avoir répondu à la sollicitation de plusieurs chaînes de télévision locales, il est temps pour le président des opérations des Celtics de reprendre son téléphone et de se remettre aux affaires.

« Cet été a vraiment été très chargé, a récemment déclaré Ainge. Mon niveau au golf n’est pas aussi bon que je l’aurais souhaité. »

Outre le trade retentissant pour Irving, les Celtics ont aussi échangé le 1er choix de draft 2017, et ont dû se séparer d’Avery Bradley, le joueur qui était dans le roster depuis le plus longtemps, afin de dégager du cap space pour signer Hayward. Cet été, Boston a également signé 12 joueurs, si l’on inclut les rookies et la signature symbolique de la légende Paul Pierce, qui souhaitant prendre sa retraite en tant que Celtic.

Tous ces changements constituent une refonte de l’effectif sans précédent dans l’histoire, puisque jamais une équipe qui avait atteint les finales de conférence n’avait reconduit que 4 joueurs dans son roster la saison suivante. Or, les seuls joueurs restants de l’équipe de la saison dernière sont Al Horford, Marcus Smart, Jaylen Brown et Terry Rozier.

Avec du recul, Ainge sourit en repensant à tout le travail consenti pendant cette intersaison, en tenant compte également des moves avortés (comme les négociations pour récupérer Paul George, avant qu’Indiana ne le laisse finalement filer à Oklahoma juste avant le début de la free agency, pour une contrepartie qu’on peut juger dérisoire eu égard à ce que les C’s avaient à offrir).

« Un travail considérable ne mène pas nécessairement toujours à de grands bouleversements, il peut arriver que le travail n’aboutisse à rien de concret. Je suis très excité par la saison à venir, mais c’était en effet un été des plus animés. »

Animé est un bien faible mot. Retour sur les coulisses d’une intersaison totalement folle.

Tous les yeux étaient encore braqués sur Danny Ainge cet été.

Tous les yeux étaient encore braqués sur Danny Ainge cet été.


La draft

Les Celtics devaient encore une fois hériter du choix de draft des Brooklyn Nets. Comme prévu, ces derniers se sont avérés encore bien mauvais, et leur nullité a même dépassé nos attentes en terminant avec le pire bilan de la ligue.

Le 16 mai au soir, le co-propriétaire de la franchise, Steve Pagliuca, était retenu dans la lottery room de la draft à New York, au comble du stress. Quand les représentants du cabinet d’audit EY, chargés de superviser le bon déroulement de la lottery, rentrèrent dans la pièce, Pagliuca leur sourit et tenta de détendre l’atmosphère en leur disant « La La Land » (ceci est une référence à la confusion née en février dernier lors de la remise de l’Oscar du meilleur film, qui avait initialement été décerné par erreur au film La La Land, au détriment du réel vainqueur Moonlight. Or les personnes en charge de la supervision des enveloppes avec le nom des lauréats n’étaient autres que des cadres de PwC, un autre grand cabinet d’audit, un des principaux rivaux de EY, d’où la blague. Excellent, non?). Cette blague fut un échec.

En revanche, les Celtics se virent attribuer le premier choix de draft, et Pagliuca ne put réprimer un cri de joie. Dans les studios dans le même bâtiment, un des 2 autres co-propriétaires, Wyc Grousbeck se tenait devant les caméras, et n’esquissa presque pas la moindre réaction quand les résultats de la lottery furent annoncés en live à la télévision. Plus tard dans la soirée, il célébra simplement en dînant avec sa femme et ses beaux-enfants, sans se douter de ce qui allait advenir de ce fameux 1er choix de draft.

« On ne passait bien évidemment pas d’appels aux autres franchises à propos de ce pick, mais des équipes nous ont contactés, comme on l’aurait fait à leur place, confie Mike Zarren, l’assistant GM. Il n’y a pas une seule année où nous n’avons pas appelé la franchise qui avait hériter du 1er choix de draft, pour essayer de l’acquérir. Mais généralement, la discussion tourne très court. »

L’un des premiers appels provint des Sixers, qui disposaient du choix numéro 3. Boston et Philadelphie discutèrent pendant 2 semaines d’un possible échange, et finirent par trouver un terrain d’entente. Au beau milieu de leur préparation pour la draft, le département scouting des Celtics se devait alors d’approfondir leurs analyses des meilleurs prospects 2018 et 2019 pour pouvoir évaluer du mieux possible la valeur de l’offre des Sixers.

Mais les négociations se compliquèrent au moment d’aborder les protections des picks.

« Pendant un moment, on a pensé qu’on ne parviendrait pas à un accord, puisqu’ils refusaient catégoriquement d’offrir un choix sans aucune protection, raconte Danny Ainge. On commençait alors à étudier des offres d’autres franchises pour essayer de trouver mieux. »

Finalement, les deux franchises s’accordèrent sur la protection suivante : le choix des Lakers reviendrait à Boston s’il venait à tomber entre le 2e et le 5e choix, et dans le cas contraire, Boston récupérerait en 2019 le choix de draft le plus haut placé entre celui de Philly et celui de Sacramento, sauf s’il s’agissait du pick 1.

Les Celtics avaient un faible pour l’ailier de Duke, Jayson Tatum. Ce dernier avait littéralement subjugué les dirigeants celtes lors d’un workout à Los Angeles. Comme prévu, Tatum était encore disponible pour être sélectionné au choix 3. Une bien douce recrue pour commencer l’été.


A la poursuite de Gordon Hayward

Les Celtics avaient fait de Gordon Hayward leur principale cible estivale déjà plusieurs mois auparavant. Mais ils pensaient avoir à affronter une concurrence des plus rudes.

« Nous étions très enthousiastes quand nous avons appris qu’il ne rencontrerait que Utah, Miami et nous, explique Danny Ainge. C’était une très bonne nouvelle, car on craignait qu’il envisage Los Angeles, les Spurs ou une autre bonne équipe comme des options sérieuses. Je me suis dit : ‘Nous ne sommes que 3 équipes en lice, donc nous devons lui en mettre plein les yeux’. »

L’été précédent, neuf personnes, dont l’illustre quarterback des Patriots Tom Brady, avaient fait le déplacement pour faire la cour à Kevin Durant. Pour Hayward, ils se tournèrent vers Brad Stevens, qui avait déjà coaché l’ailier du Jazz à la fac de Butler, et qui le connaissait donc mieux que quiconque.

Stevens préconisa de réduire la taille de la délégation, jugeant que ce serait plus efficace pour convaincre son ancien protégé. Alors que les autres membres de la franchise préparaient la draft, Stevens et son groupe d’analystes passèrent des semaines à élaborer une présentation illustrant l’utilisation et le rôle de Hayward au sein du roster celte. Il tournait à 21.9 points de moyenne avec le Jazz, équipe au jeu le plus lent de toute la NBA. En jouant plus vite et avec donc plus de possessions, davantage de possibilités s’offraient au joueur.

Bien sûr, les Celtics emmenèrent Gordon Hayward au Fenway Park, pour lui présenter une vidéo retraçant les grands moments de sport de la ville. Mais le All-Star de 27 ans, excellent joueur de tennis au demeurant, a sans doute été davantage impressionné quand Ainge le fit longer le Longwood Cricket Club, réputé pour ses superbes courts de tennis sur gazon.

Les Celtics étaient relativement confiants dans leur présentation, mais restaient incertains quant à son effet. Après la rencontre de Hayward avec le Jazz le lendemain, Brad Stevens l’appela pour savoir s’il avait de nouvelles questions.

« Si tu as besoin de moi, tu sais où me trouver, lui dit Stevens. »

Le 4 juillet au matin, ESPN rapporta que Hayward avait choisi Boston. Mais son agent, Mark Bartelstein, réfuta ouvertement la véracité de cette information, et en avertit de même Ainge.

Les dirigeants des Celtics craignaient que les premières réactions assez violentes des fans à Utah pourraient faire cogiter le joueur, ou que le Jazz ou le Heat en profitent pour tenter une ultime approche. Stevens envoya un SMS à Hayward pour venir aux nouvelles. Finalement, ce dernier annonça peu après son choix de rejoindre Boston dans une lettre sur The Player’s Tribune. 


Le transfert d’Avery Bradley

Pendant les 72 heures qui ont suivi la signature de Gordon Hayward, l’assistant GM Mike Zarren passa la plupart de son temps au téléphone à arpenter les locaux de l’université d’Utah, dans le stade Huntsman Center, où les Celtics participaient à la Summer League, avec le Jazz, les Spurs et les Sixers. Zarren travaillait tellement sans relâche au téléphone qu’il gardait toujours une batterie externe sur lui pour économiser sa batterie.

Alors que les Celtics venaient d’acquérir en Gordon Hayward sans doute le plus gros free agent disponible (si l’on occulte les joueurs dont le nouveau contrat avec la même équipe ne faisait l’ombre d’un doute, comme Stephen Curry par exemple), ils n’avaient cependant pas encore le cap space nécessaire pour signer officiellement son contrat maximum de 128M$ sur 4 ans. Pourtant, les dirigeants avaient travaillé toute l’année pour s’assurer de pouvoir proposer un contrat maximum sans être contraint de sacrifier un joueur majeur. Or, le salary cap, qui était initialement prévu aux alentours de 108M$, fut revu à la baisse à 103M$ en cours de saison, avant de s’établir définitivement à 99M$ en avril. Les 6 millions que les Celtics avaient économisé pour pallier une éventuelle baisse du salary cap n’étaient plus suffisants (il en fallait 3M$ de plus), Boston devait par conséquent se délester d’un salaire le plus vite possible. Mike Zarren commença donc à recevoir des appels des 29 autres franchises de la ligue, bien décidées à tirer profit du dilemme auquel étaient confrontés les C’s.

Les franchises appelaient pour tâter le terrain quant à l’éventuelle possibilité de récupérer Avery Bradley, Jae Crowder, Marcus Smart ou les jeunes talents du roster comme Jaylen Brown ou Jayson Tatum. Les Celtics voulaient se laisser le temps de la réflexion et étaient donc attentifs à toutes les différentes propositions. Les appels s’enchaînaient sans cesse.

« Je n’ai jamais passé autant de coups de téléphone en 3 jours, depuis que je travaille pour Boston », témoigne Mike Zarren.

Alors qu’il ne restait plus que quelques minutes avant l’ouverture officielle de la free agency, les dirigeants de Boston passaient en revue toutes les offres d’échanges, et pensaient qu’ils avaient finalement ciblé le move le plus pertinent pour l’équipe. Plusieurs sources annonçaient que les Celtics s’apprêtaient à accepter l’un de ces deals, quand ils reçurent un appel de dernière minutes des Pistons de Detroit, souhaitant reprendre des discussions entamées un peu plus tôt dans la semaine.

L’échange proposé s’avérait encore meilleur que les deals dont disposait Boston jusque-là, et les deux équipes parvinrent rapidement à finaliser un accord pour envoyer un second tour de draft, Bradley et ses 8 millions à Detroit, contre Marcus Morris, permettant ainsi de dégager le cap space suffisant pour signer Hayward.

Mais même ce plan rencontra un accroc. Par respect pour les joueurs impliqués, les deux franchises tenaient à les prévenir avant que l’information ne fuite. Bradley était le plus ancien des Celtics, et représentait le dernier joueur de l’époque du Big Three Pierce-Garnett-Allen encore présent. La franchise ne souhaitait pas s’en séparer, mais était pertinemment consciente qu’elle ne pourrait lui offrir le gros contrat qu’il devrait probablement obtenir l’été prochain en tant que free agent non protégé. De surcroît, les dirigeants appréciaient beaucoup Morris depuis sa draft en 2011, attrait encore accru de par son contrat avantageux, et sa capacité bien supérieure à la moyenne à défendre sur LeBron James, la bête noire de Boston.

Les Celtics décidèrent donc qu’ils appelleraient Bradley à la première heure le matin suivant, et les Pistons en feraient de même avec Marcus Morris. Mais Bradley ne répondit pas aux appels, et quand les dirigeants parvinrent finalement à contacter sa femme, Ashley, elle leur apprit que son mari avait pris un vol matinal de Austin (Texas) à Seattle pour assister à un mariage. Ils comprirent alors qu’ils ne pourraient alerter le joueur à temps, avant que l’annonce du deal ne se répande sur les réseaux sociaux, Marcus Morris ayant lui déjà bien été informé par Detroit.

Par la suite, Bradley rapporta au Bleacher Report dans l’été qu’il n’avait allumé son téléphone que tard dans la matinée, mais qu’il avait immédiatement compris qu’il avait été transféré lorsqu’il fut inondé de messages aussitôt son téléphone allumé. Plutôt que de parcourir ses messages, il décida d’aller taper son nom sur Google. Le premier résultat lui annonça qu’il était envoyé à Detroit.

Pour les dirigeants des Celtics, cet échange marquait la fin d’un été frénétique.

« Après le transfert de Bradley, nous pensions tous qu’on tenait notre équipe pour la saison à venir, explique Zarren. Et nous nous en estimions très heureux. »


Le transfert IT – Kyrie

Brad Stevens prenait toujours deux semaines de vacances après la Summer League chaque été, vacances qui restaient malgré tout très chargées. Il se levait avant ses enfants tous les matins pour griffonner des pensées, des concepts ou des systèmes basketballistiques. Cette intersaison s’était avérée mouvementée, mais il lui semblait que tout était en place maintenant.

« C’est ma période annuelle de repos et de calme, et j’avais déjà une idée bien définie de la manière dont on allait opérer cette saison, explique l’ancien coach de Butler. Puis tout a volé en éclats. »

L’annonce fin juillet des intentions de départ de Kyrie Irving ont considérablement surpris les dirigeants de la franchise. Mike Zarren contacta alors le GM de Cleveland, Koby Altman, qui venait juste de prendre ses fonctions en lieu et place de David Griffin.

« Je connais très bien Koby, donc je l’ai appelé et lui ai demandé si tout cela était bien réel, se souvient Zarren. Il m’a alors avoué qu’il ne pensait pas que tout ce qui avait été rapporté était juste, mais que Cleveland songerait sérieusement à transférer Kyrie si une bonne opportunité se présentait, selon les conditions. Et il ajouta immédiatement qu’il ne le transférerait probablement pas chez nous. »

Mais Altman n’avait pas fermé la porte, et les deux partis ont donc maintenu un dialogue constant pendant plusieurs semaines. Les Celtics savaient pertinemment qu’un trade pour Irving impliquait d’inclure leur propre All-Star, Isaiah Thomas. Ces derniers mois, IT avait sacrifié beaucoup pour la franchise, en jouant malgré la disparition de sa soeur, en dépit d’une opération aux dents, et avec une blessure à la hanche. Mais c’était cette même blessure qui pouvait maintenant compliquer les choses.

Ainge expliqua qu’il avait reçu des nouvelles encourageantes de l’état de santé de Thomas après ses scanners passés en juin. Il devait donc poursuivre son programme de repos et de rééducation, et sa blessure serait réévaluée courant septembre.

« Evidemment, plus on s’approchait d’un accord, plus les discussions autour de la santé d’Isaiah s’intensifiaient. Et les deux franchises se mettaient alors à tout étudier sous le moindre détail », décrit Ainge.

A un moment, les Cavs furent convaincus par le pronostic de santé d’IT, et acceptèrent l’offre des Celtics incluant Thomas, Jae Crowder, Ante Zizic et le futur choix de draft des Nets contre Kyrie Irving. L’officialisation du deal était toutefois soumise au résultat des visites médicales de tous les joueurs impliqués dans l’échange.

Quand Kyrie se rendit à Boston pour y passer ses tests de santé, il rencontra l’ensemble des membres de la franchise, et dîna également avec Ainge et Wyc Grousbeck. Ce dernier, qui avait donné son aval pour le trade malgré son amour incommensurable pour IT, fut absolument captivé par tout son échange avec le meneur de Cleveland, qui parla de l’époque où Danny Ainge jouait encore, ou bien de son admiration pour le coaching de Stevens. Grousbeck eut le sentiment que le n°1 de la draft 2011 serait un perfect fit pour la franchise.

Mais un accroc pendant la visite médicale d’Isaiah refroidit les Cavs, si bien que des jours passèrent sans que le deal ne soit officialisé. De nombreuses sources rapportaient que les dirigeants de Cleveland estimaient que la blessure d’IT s’avérait bien plus grave que ce que les Celtics avaient bien voulu le prétendre. Et dans le même temps, beaucoup pensaient que les Cavs jouaient un dernier coup de bluff afin de récupérer un asset supplémentaire. Zarren avoua qu’ils ont pensé à maintes reprises que le deal ne se concrétiserait finalement jamais. Les C’s finirent par se lasser.

« Nous attendions depuis si longtemps, justifie Ainge. On s’était résignés à ce que le trade soit annulé. Bien évidemment, c’était dur à accepter, car l’annonce d’un trade est toujours très dur émotionnellement pour les joueurs concernés. Mais nous adorions évidemment Isaiah, Jae et Ante. Si l’échange avortait, cela ne nous aurait pas dérangé. Isaiah et Jae auraient sans doute eu plus de mal à le digérer, mais on adorait ces gars. »

Au final, les Celtics consentirent à ajouter un second tour de draft 2020 pour finaliser le deal. Les deux franchises ont refusé de dévoiler publiquement le détail des négociations de cette longue et pesante semaine qui a suivi le premier accord. Refus directement préconisé par la NBA selon de nombreux rapports. A la fin, les deux camps ne pouvaient s’estimer que soulagées de mettre un terme à cette pagaille.


Les joueurs des Celtics aiment chambrer Al Horford sur son indifférence pour les réseaux sociaux. « Papy Al », le joueur le plus âgé du roster à 31 ans, regarde son fil d’actualité Instagram quotidiennement, mais n’est pas scotché à son écran comme la plupart de ses coéquipiers les plus jeunes.

Nous sommes fin août, et Al est parti voir un match des Atlanta Braves en baseball, avec sa femme Amelia et ses deux enfants, Ean et Alia. « J’étais sur le parking et les fans me demandaient « Tu as entendu la nouvelle? » raconte Horford. J’étais avec ma famille et mon téléphone était dans ma poche. Mais tout le monde me disait « vous avez récupéré Kyrie ! » J’allais au match, et les gens m’avaient mis au courant avant même que j’aie pu regarder mon téléphone. »

Horford reconnaît qu’il n’était initialement pas certain de ce qu’il entendait. Puis lorsqu’il sortit son téléphone, il vit directement un message de Brad Stevens, lui demandant de l’appeler. « Il ne m’écrit jamais, donc j’ai compris que quelque chose se tramait. Je n’oublierai jamais ce moment. »

De son côté, Marcus Smart était à Denver, et avait décrété qu’il ferait une pause avec les réseaux sociaux. Avec pour objectif de perdre 10 kilos pendant l’intersaison, Smart venait d’achever un entraînement avec l’ancienne star NBA Chauncey Billups, lorsqu’il reçut un message de son agent le prévenant qu’il pourrait être inclus dans un échange imminent avec Cleveland. Puis il reçut une alerte ESPN annonçant que les Celtics et les Cavaliers étaient en voie de finaliser un trade. Il ouvrit alors la notification, et ferma un oeil, en espérant ne pas y voir son nom.

« C’était le genre de moments où vous avez besoin de vous asseoir et de prendre votre temps, confie Smart. C’était comme un film d’horreur. « Ne vas pas voir derrière cette porte! » Puis vous entendez la musique, et vous vous demandez ce qu’il va se passer ensuite. »

Le numéro 6 de la draft 2014 s’émerveille d’être désormais le plus ancien Celtic du roster. Il le perçoit comme un accomplissement d’avoir simplement survécu à l’entière refonte estivale de l’effectif. Au delà des changements de joueurs, les Celtics ont également bouleversé leur personnel médical et le staff d’entraînement. L’entraîneur de longue date Ed Lacerte, et le préparateur physique Bryan Doo sont partis, et à l’inverse Art Horne a été engagé pour collaborer avec Johann Bilsborough, le directeur des sciences du sport. Comme Terry Rozier l’a récemment exprimé, « c’est fou de rester aux Celtics après le passage d’une tornade. »

Les joueurs All-Star récupérés par Danny Ainge sur les 10 dernières années

Les joueurs All-Star récupérés par Danny Ainge sur les 10 dernières années

Même pour les nouveaux venus, le changement de roster est perturbant. Gordon Hayward a reconnu qu’Isaiah Thomas avait joué un rôle prépondérant pour le faire venir à la free agency, et ne cachait pas son enthousiasme de pouvoir jouer à côté de IT. Boston a presque procédé à un second relooking de l’effectif entre la décision d’Hayward de rejoindre le Massachussetts, et l’annonce officielle du trade de Kyrie.

« C’est dur pour tout le monde ici, et on peut le ressentir, témoigne Aron Baynes, qui a rejoint la franchise en tant que free agent cet été. Mais c’est l’aspect business du métier, malheureusement. La ligue fonctionne ainsi. On y revient souvent. Vous devez donner votre maximum. C’est de cette manière que vous tirez le plus de ce que vous avez, et je pense qu’on a une très belle équipe ici. Je suis très excité à l’idée d’en faire partie. »

Ne vous méprenez pas, Hayward a tout autant ardemment envie de jouer avec Kyrie qu’avec Isaiah Thomas. Tous deux n’ont cessé de se complimenter mutuellement lors de leur présentation officielle en septembre. Cette conférence de presse avait eu lieu en même temps pour les deux joueurs, car ayant été sous le feu des projecteurs tout l’été, les Celtics n’avaient encore pas eu l’occasion de présenter formellement l’ancien joueur du Jazz à la presse et aux fans. Au cours de cette conférence, Hayward a énuméré tous les nouveaux joueurs acquis par Boston cet été, et n’a pu cacher son excitation. Irving, qui souriait à ses côtés, lui répondit : « Ca va être totalement fou, G. »

Si les joueurs parviennent à rendre cette saison aussi palpitante et folle que ne le fut la construction de ce nouveau roster cet été, Ainge et les fans ne sont pas au bout de leurs surprises. Brad Stevens en sera une nouvelle fois le principal garant. Après de nombreux rebondissements, le coach a finalement à sa disposition le roster sur lequel il pourra s’appuyer. L’effectif ne ressemble certainement en aucun point à celui qu’il imaginait récupérer, mais au terme de cet été trépidant, il dispose finalement d’un groupe très riche en qualité et en talent, ce qui lui offre de nombreuses possibilités pour son coaching.

« J’adore l’idée de construire une équipe, dit Stevens. J’adore le concept de devoir assembler les pièces d’un puzzle. »

Traduction par Guillaume Perrin de l’article d’ESPN : ‘Summer vacation was anything but for the Boston Celticset de celui du Boston Globe : ‘‘The inside story of the Celtics’ crazy offseason’

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *