Et maintenant, on fait quoi ?

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C’était censé être une fête. Les Celtics sur la télévision nationale, face à leurs rivaux à l’Est, pour le tout premier match de cette année NBA. On avait des rêves plein la tête. Ca n’aura malheureusement duré que cinq petites minutes. Ça va vite le sport.

Après exactement 5 minutes et 11 secondes de jeu face aux Cleveland Cavaliers pour l’ouverture de la saison régulière, Gordon Hayward retombe mal suite à un duel dans les airs. Une scène que l’on voit à tous les matchs où presque, sauf que là, quelque chose semble différent. La réaction du banc des Cavs, comme celle des joueurs présents sur le terrain, ne laisse aucun doute : c’est grave pour l’ailier, à terre. Les premières images (que l’on ne publiera évidemment pas, vous êtes assez grands pour vous infliger cela si vous le souhaitez) sont atroces et rappellent des précédentes comme la blessure de Paul George ou de Kevin Ware (en NCAA) il y a quelques années.

Sorti du terrain après de longues minutes silencieuses pour laisser le cours du jeu reprendre et aller passer les premiers examens médicaux, Gordon Hayward vient de voir sa saison basculer. Le premier diagnostic fut une fracture de la cheville, le suivant une fracture du tibia avec dislocation de la cheville. Au lieu de commencer cette saison avec ses nouveaux coéquipiers sur le terrain, c’est sur la table d’opération qu’il la débutera. Même si on a été rassurés par Chris Mannix et d’autres journalistes en fin de nuit, qui parlaient d’une fracture nette n’ayant pas touché les ligaments – un luxe, au vu des images -, on peut supposer qu’il manquera de longs mois. 

En cinq minutes, la donne a donc complètement changé pour les Celtics et finalement, pour la ligue toute entière. Le free agent le plus convoité de cet été, que l’équipe avait fait venir au prix de plusieurs éléments essentiels de sa reconstruction, n’est plus dans la course cette saison. Envolés les rêves utopiques de titre des Celtics, et même envolés les rêves de renverser dès cette année et pour de bon les Cavaliers au sein de la Conférence Est. En trois heures (et même plutôt en six minutes), tout a changé.


Malgré tout, il reste une saison à disputer. Et retrouvons un peu le sourire : elle peut toujours être fun, cette saison. Examinons ensemble les conséquences (non-exhaustives) de la blessure d’Hayward et voyons désormais comment ces 81 matchs (et plus si affinités) peuvent être abordés, en essayant de trouver un peu de positif là-dedans.

Tout d’abord, il y a un premier choc émotionnel à surpasser. On voit bien ci-dessous que les joueurs – notamment Irving – ont été particulièrement touchés par ce qu’ils ont pu voir, et on peut les comprendre. Il leur a d’ailleurs fallu attendre de retourner au vestiaire pour reprendre leurs esprits et montrer un autre visage en deuxième mi-temps.

« Gordon est un leader de notre équipe, on comptait beaucoup sur lui cette saison. Maintenant, on doit se souder encore plus, essayer d’être une encore meilleure équipe jusqu’à ce qu’il revienne. Mais c’est très dur de voir ça », disait Jaylen Brown hier.

Ce choc, les Celtics vont devoir l’affronter ensemble : non, ils ne pourront pas compter sur l’une de leurs recrues phare de l’été pendant de longs mois. Pour Irving, qui devait se réjouir d’évoluer avec lui, mais surtout pour Stevens, qui retrouvait là son protégé, c’est une sacrée épreuve. Mais cependant, les Celtics ont justement la chance d’avoir quelqu’un comme Stevens à la barre. Hier, on aurait d’ailleurs bien voulu glisser une oreille dans le vestiaire pour écouter son discours à la mi-temps. Avec quelqu’un d’aussi humain et proche de ses joueurs, nul doute qu’il réussira à tirer quelque chose de cette épreuve pour mobiliser l’ensemble de ses troupes.

Ensuite, d’un point de vue tactique, la blessure d’Hayward va poser d’évidents problèmes. Comme dit plus haut, les Celtics ont fait des efforts pour l’accueillir cet été, et ont perdu de la profondeur de banc dont ils disposaient. Et par cet événement, voilà qu’ils perdent leur meilleure arme à trois points à l’aile, un défenseur incroyablement sous-estimé pour suppléer Jaylen Brown dans ses tâches, un playmaker pour aider Irving… Bref, il va manquer partout.

A l’heure actuelle, on ne saura pas quel sera le cinq de départ choisi par Stevens pour la suite de la saison. Irving – Brown – Tatum – Morris – Horford ? Irving – Brown – Tatum – Horford – Baynes ? Irving – Smart – Brown – Tatum – Horford ? Les choix sont larges (oui, il faudrait refaire un article version 3.0 sur les rotations mais bon, vous nous excuserez de ne pas le faire).

Alors que les Celtics s’étaient montrés plutôt adroits derrière l’arc en pré-saison, ils viennent de perdre l’un de leurs meilleurs artilleurs, pour ne parler que de ce problème. Pendant toute la durée d’absence d’Hayward, les Celtics risquent d’être une non-menace derrière l’arc, ou presque. Peu importe les choix, tous mettent un moins bon shooteur qu’Hayward à son poste, mais également un moins bon défenseur dans le cinq de départ. Cela a deux conséquences immédiates : primo, Marcus Morris, une fois remis de sa blessure au genou, va avoir un rôle primordial dans le succès des Celtics. Secundo, Jayson Tatum va être lancé dans le grand bain bien plus tôt que prévu. Si c’était déjà une surprise de le voir dans le cinq de départ dès hier soir, le voilà désormais quasi assuré de l’être pour les prochains mois, sauf pépin majeur. Alors que beaucoup regrettaient de le voir aux Celtics et y avoir un rôle réduit, il sera finalement l’un des rookies les plus en vue de la classe 2017.

On doit là y voir une bonne nouvelle (on fait avec ce qu’on peut). Tatum va devoir vite apprendre, et avoir un rôle crucial cette saison, tout comme Jaylen Brown. Irving va devoir plus vite que prévu devenir le joueur plus complet, le leader, bref la star attendue. Il faudra également espérer que Smart soit au niveau attendu, qu’Horford assure dans le playmaking, que Rozier montre lui aussi des signes de progression (notamment dans la gestion si Smart est finalement propulsé titulaire)… Bref, que tout le monde élève son niveau de jeu pour compenser cette perte. Finalement, cette blessure risque d’avoir un effet domino. Brown va récupérer des responsabilités qu’aurait pu avoir Hayward, Tatum récupérer celles qu’aurait dû avoir Brown…

Au titre de cet effet domino, l’un des trois « jeunes » du banc va également voir ses responsabilités grandir, entre Ojeleye, Yabusele et Theis. Car Stevens n’a désormais plus le choix : il va devoir recourir plus que prévu à sa profondeur de banc. Ces trois-là vont avoir une vraie carte à jouer pour gagner des minutes, et Stevens compte sur eux. L’avantage, c’est qu’ils sont trois de niveau relativement similaire, et s’il faut plus de temps à l’un qu’à l’autre, le choix est assez large.

Et Smart alors ? Oui, cette blessure peut avoir des conséquences indirectes à moyen terme auxquels on ne pense pas de prime abord. En effet, avec un joueur aussi important en moins, Smart risque de se voir propulsé au rang de starter plutôt qu’à un rôle de sixième homme. Si l’on s’attendait à une saison de haute volée de sa part en sortie de banc, elle pourrait l’être en tant que titulaire et donc être encore plus retentissante. Aujourd’hui, c’est sûrement l’agent de Marcus Smart qui se frotte les mains, 24h après l’échec des renégociations pour la prolongation de son client. Car la blessure de Gordon Hayward, indirectement, pourrait entrainer le départ de Marcus Smart s’il venait à livrer une saison plus impressionnante que prévu, entrainant l’intérêt de franchises dépensières.

Il va également falloir que Danny Ainge se creuse les méninges. Lui qui avait prévu d’attendre de voir ce que donnent les jeunes (Theis, Ojeleye, Yabusele…) avant de signer ou non un 15e joueur, va peut-être devoir se pencher sur le marché des agents libres. Si Hayward venait à être absent pour toute la saison, les Celtics auraient une enveloppe de 8,4 millions de dollars à offrir au titre de la designated player exception. Ainge devra peut-être également se pencher sur des noms pouvant être disponibles dans d’autres rosters, comme soufflait Kevin Pelton (ESPN) en mentionnant Will Barton à Denver, qui est dans sa dernière année de contrat.

Au-delà de l’absence d’Hayward dans tous les compartiments du jeu, les Celtics vont tout de même rester une solide équipe de saison régulière. Là où la différence pourrait se faire est évidemment en playoffs, où les superstars sont nécessaires pour aller loin. La course à la finale de la Conférence vient seulement de s’éclaircir pour des équipes comme les Wizards, les Raptors ou même les Bucks.

Ca fait chier quand même. Ca fait chier, parce que cette saison, on l’attendait tous comme on avait pas attendu une saison depuis 2008, probablement. Ca fait chier parce qu’on y croyait, que Hayward est un magnifique joueur qu’on attendait tous de voir (ré)évoluer sous Stevens, parce que personne ne mérite ça, encore moins sous les yeux de ses parents et sa femme venus faire le déplacement.

Mais il reste encore plus de 80 matchs. Et les Celtics ont toujours Kyrie Irving, Al Horford, Jaylen Brown, Jayson Tatum ou encore Marcus Smart. Ils ont toujours des joueurs de talent, et un des plus grands coachs de la ligue. Allez, retrouvez le sourire. Ca va quand même être fun.

Article rédigé par Baptiste Godreau et Léo Hurlin

2 Comments

  1. Artshy

    18 octobre 2017 at 21 h 09 min

    Tellement dégouté. Ils parlent d'une fracture nette sans atteinte ligamentaire. Un peu de chance dans son malheur…
    Au mieux c'est 4-6 mois. À voir s'ils vont couver son retour suivant la saison que l'on aura faite jusque là..

  2. Cyril

    18 octobre 2017 at 22 h 32 min

    Super article comme d’hab

    Dégoûté pour Hayward mais le groupe va accélérer sa cohésion

    Continuez vous faites du bien aux CELTICS Fans

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