Bilan de la semaine 2 : l’envol (4-2)

Al Horford, superstar :

La force tranquille. Après le départ des cadres qu’étaient IT, Bradley et Crowder, et d’autant plus avec la blessure de Hayward, Horford était appelé à jouer le rôle de leader pour sa 2e saison avec les Celtics. Force est de constater que ce rôle lui sied à merveille. Sans faire de vague, il est toujours aussi capital dans le collectif des C’s des deux côtés du terrain. Défensivement, c’est lui qui a dû s’occuper la majeure partie du match de Porzingis contre les Knicks, puis de Giannis contre les Bucks. Le Letton, totalement transparent, a rendu une pâle copie à 3/14 aux tirs. Quant au Grec, il n’a pas eu autant d’influence sur le jeu de son équipe qu’à l’accoutumée. Horford boucle la semaine avec une moyenne de 17.3 points et 10.3 rebonds par match, le tout sans forcer, avec une adresse exemplaire (61% aux shoots,  dont 55% à 3 points). Il a fait étalage de toute sa classe notamment contre Milwaukee, où Kyrie et lui ont presque mené les C’s à la victoire à eux seuls.

Des Celtics version 2015/2016 :

Une grosse défense, une attaque brouillonne, une attitude combative et des exploits individuels pour faire la différence ? Nous voilà revenus deux saisons en arrière. Et on a toutes les raisons de s’en satisfaire.

  1. En effet, l’identité défensive soulevait bon nombre d’interrogations avant le début de saison. La défense était pourtant plus que moyenne la saison dernière, mais le départ de joueurs aussi importants défensivement que Bradley et Crowder et la blessure de Hayward faisaient craindre le pire. Résultat : après 6 matches, Boston possède le 2e meilleur defensive rating (95.1 points) de la ligue. Avec les mains toujours actives en défense, des rotations qui se font à merveille, les Celtics provoquent beaucoup de pertes de balle adverse (19 contre Miami), ce qui leur permet d’inscrire beaucoup de points facilement : Boston est la 2e équipe qui réalise le plus grand nombre de steals par match, et est la 7e équipe au classement du pourcentage de points marqués sur les pertes de balle adverse. Autre point important, qui était souvent pointé du doigt comme le point faible des C’s ces dernières saisons : le rebond défensif. Croyez nous ou pas, mais Boston présente actuellement le 3e meilleur pourcentage (81.7%)  au rebond défensif (!). Cela s’explique principalement par l’arrivée d’un vrai pivot capable de nettoyer la raquette comme Aron Baynes, la venue de joueurs avec une grande envergure comme Tatum, Theis ou Ojeleye, et le gain de temps de jeu d’arrières athlétiques tels que Rozier ou Brown. On ne va pas tirer de conclusions hâtives après seulement 6 matches, tous ces chiffres illustrant l’efficacité défensive sont selon toute vraisemblance appelés à diminuer, les Celtics n’ayant encore joué aucune des grosses cylindrées de l’Ouest. Mais on ne peut que se féliciter de ces premiers constats : Boston ne devrait plus autant être dominé au rebond défensif, et ne pâtira plus de devoir cacher Isaiah Thomas sur chaque possession défensive. Les joueurs celtes n’ont certes joué que des équipes de l’Est pour l’instant, mais la combativité et l’efficacité défensives affichées restent malgré tout de bel augure pour l’avenir.
  2. L’identité offensive de l’équipe de Brad Stevens laisse en revanche beaucoup plus à désirer. Beaucoup de tirs forcés en début de possession, de nombreux tirs désespérés à la fin des 24 secondes, qui sont la conséquence d’une circulation de balle peu fluide.. C’est peu dire que le visage offensif affiché par les C’s est pour l’instant très peu flatteur et plutôt désagréable à regarder. Ainsi, seulement 14 assists ont été comptabilisées lors de la victoire à Miami. Les difficultés au shoot de Kyrie Irving (41,6% au shoot depuis le début de saison), qui abuse du jeu en soliste et de l’isolation pour l’instant, ou de Jaylen Brown (36,4% cette semaine) sont également à relier à cette circulation de balle limitée. Cependant, ce manque d’automatismes et cette faible fluidité en attaque étaient à prévoir. Rappelons que seulement 4 joueurs de la saison dernière sont encore présents dans l’effectif suite à un été de folie, et que Brad Stevens est privé d’un excellent playmaker en la personne d’Hayward. Les difficultés offensives sont donc tout à fait légitimes à ce stade de la saison, et on peut faire confiance à Brad Stevens pour mettre l’attaque progressivement en place au fil des matches. Surtout, ces lacunes offensives sont pour le moment comblées par une excellente défense, d’où la série en cours de 4 victoires. Inutile par conséquent de s’inquiéter outre mesure.

Quelques remarques :

• Aron Baynes, enfin : le pivot australien est indéniablement l’un des artisans du renouveau défensif des Celtics. En apportant de l’énergie, une présence intérieure intimidante, une capacité à neutraliser le pivot adverse au rebond, une volonté sans faille de monter au contre (même face à Lebron ou Antetokounmpo), Baynes est l’élément qu’il manquait à Boston les saisons passées. C’est exactement ce qu’on attendait de lui, mais il le fait encore mieux que ce qu’on pouvait espérer. C’est en effet un excellent rim protector, même si cela ne se traduit généralement pas dans ses statistiques au contre (sauf contre Miami, 4 contres). En moyenne sur 100 possessions, Boston encaisse 11.8 points de moins quand l’ancien joueur de Detroit est sur le terrain. Leur pourcentage au rebond défensif passe de 86.9% à 78.2% quand il est sur le banc.

Quand Stevens n’opte pas pour du small ball, la complémentarité entre Horford et Baynes est indiscutable : quand les deux sont sur le parquet, Boston ne concède que 78.2 points sur 100 possessions. Surtout, Baynes dépasse nos espérances en ayant un apport très intéressant en attaque, de par son shoot à mi-distance plus que fiable (8/13 aux shoots à plus de 3m du panier), et sa capacité à aller chercher et rentrer des lancers (6/6 dans l’exercice contre Milwaukee). S’il sera amené à parfois laisser sa place dans le cinq de départ quand Marcus Morris sera revenu pour décaler Horford en 5, (comme ce fut le cas avec Theis à Milwaukee), nul doute que Baynes apportera toujours son énergie et sa dureté, qui font le plus grand bien aux Celtics.

• Jayson Tatum, déjà : Que c’est difficile de ne pas s’enflammer avec lui. Si Jaylen Brown a connu deux soirées compliquées au shoot contre Milwaukee et contre Miami, Tatum a lui fait mieux que confirmer les belles promesses entrevues lors de la 1ère semaine. Il a atteint la barre des 20 points à 2 reprises (22 contre les Knicks, et 20 contre le Heat), premier rookie celte à réaliser pareille performance depuis Larry Bird en 1979 (!). Mais au-delà des statistiques, c’est surtout l’efficacité (60% aux tirs sur les 3 derniers matches) et la maturité dont il fait preuve qui fascinent, ainsi que l’impression de facilité qu’il dégage. En attaque, il laisse le jeu venir à lui, rentre ses 3 points ouverts (7/11 derrière la ligne cette semaine), n’hésite pas à attaquer le panier pour aller chercher des lancers (5/5 contre Milwaukee, 6/7 contre Miami), et joue les mismatches dès qu’il en a l’occasion. Contre Miami notamment, il a fait étalage de toute sa palette offensive.

En défense, il est tout bonnement impressionnant pour son jeune âge. Son QI basket, sa polyvalence et son envergure font des merveilles, et lui permettent de même défendre sur les meneurs adverses (certes cela reste Ramon Sessions et Josh Richardson). Sur le début de saison, il est sans doute le 2e joueur le plus régulier derrière Al Horford, et ce à 19 ans. Même si son temps de jeu risque de diminuer avec le retour de Marcus Morris, on espère que le rookie de Duke nous donnera matière à lui dédier un point chaque dimanche dans nos bilans hebdomadaires.

• Brad Stevens, toujours : Difficile de ne pas mentionner le coach des Celtics.  Cette saison constituait pourtant déjà un vrai défi pour Stevens : avec un renouvellement jamais vu du roster (11 joueurs sur 15!), et l’obligation d’intégrer deux joueurs majeurs comme Irving et Hayward, le coach devait reconstruire un puzzle qu’il avait mis 4 ans à assembler progressivement pour faire de Boston la meilleure équipe de l’Est en saison régulière, et retrouver les finales de conférence. La terrible blessure de Hayward et les deux défaites initiales pouvaient faire craindre le pire aux fans de Boston. 10 jours plus tard, les Celtics ont enchaîné 4 victoires consécutives et les voilà 2e de la conférence Est.

Mentalement, nul doute que les discours de l’ancien entraîneur de Butler, réputé pour être proche de ses joueurs, ont aidé ces derniers à digérer la blessure de Hayward. Sportivement, Stevens a pourtant à sa disposition le 5e effectif le plus jeune de la ligue, et a déjà fait appel à 6 joueurs (Tatum, Theis, Nader, Ojeleye, Yabusele, Bird) qui n’avaient jamais foulé un parquet NBA. Et pourtant, les craintes émises après le match contre Cleveland semblent déjà n’être qu’un lointain souvenir. De quoi encore renforcer un peu plus la réputation de génie de Brad Stevens. « Vous avez toujours Brad, non ? Vous allez vous en sortir » comme l’a déclaré un dirigeant d’une franchise adverse cette semaine.

L’action de la semaine :

La déclaration de la semaine :

« Je pense que Brad Stevens se distingue des autres. C’est un coach à la fois intelligent et compréhensif, pour transmettre sa connaissance du jeu, expliquer ce qu’il attend des joueurs, et tirer le maximum d’eux au quotidien. Et évoluer sous les ordres d’un entraîneur comme ça, c’est incroyable. Pour moi qui débarquais dans un environnement complètement nouveau, Brad a rendu mon intégration beaucoup plus facile pour m’adapter à la culture de la franchise et à ce qu’il avait construit ici. Quand il définit les missions de chacun, et qu’il explique que chacun doit remplir son rôle pour que l’équipe soit bonne collectivement, rien n’est laissé au hasard, chaque détail et chaque joueur comptent. Et il s’assure de faire passer le message à chacun d’entre nous au quotidien. Après cela, on a tous envie d’adhérer à un objectif commun. »

Kyrie Irving, déjà conquis par son nouvel entraîneur.

La semaine prochaine : 

4 matches au programme, dont 3 contre des équipes de l’Ouest, pour la première fois de la saison. Les 3 premiers auront lieu une heure plus tôt avec le changement d’heure, profitez-en !

  • vs San Antonio Spurs spurs2 lundi à 19h30 (0h30)
  • vs Sacramento Kings Kings mercredi à 19h30 (0h30)
  • Oklahoma City Thunder thunder2vendredi à 21h30 (2h30)
  • @ Orlando Magic magic2 dimanche à 18h (0h00)

Article rédigé par Hugo Geindre et Guillaume Perrin

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